Mardi 27 septembre 2016 | Dernière mise à jour 11:57

Condamnation Expulsions en série de diplomates syriens

La France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et la Bulgarie veulent ainsi inciter le régime de Damas à renoncer à la violence.

«C'est une décision, non pas unilatérale de la France mais une décision concertée avec nos partenaires», a souligné François Hollande mardi dans un point presse. Image: Reuters

BHL reprend du service

Bernard-Henri Lévy interpelle le président François Hollande dans une lettre ouverte sur la nécessité pour la France «de prendre l’initiative en Syrie».

Cette lettre doit paraître mercredi dans plusieurs médias européens dont Le Point, Il Corriere della sera, El Pais, Die Welt, l’Expressen, ainsi que «The Huffington Post» américain.

«La France fera-t-elle, pour Houla et Homs, ce qu’elle a fait pour Benghazi et Misrata (en Libye, ndlr) ? Userez-vous de votre crédit personnel considérable, et de celui de notre pays, pour revenir vers nos alliés d’hier et, avec eux, avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Ligue arabe, la Turquie, décider d’une stratégie allant au-delà du soutien sans faille à la mission Annan dont vient de faire état l’Elysée?», demande l’écrivain-philosophe.

«Je sais, Monsieur le Président, que vous avez d’autres urgences (...). Mais qu’est-ce qui était le plus urgent : aller en Afghanistan préparer le retrait anticipé de nos troupes ou de prendre l’initiative en Syrie?», écrit BHL. (afp)

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Plusieurs pays occidentaux ont annoncé mardi l'expulsion de diplomates syriens après le massacre de femmes et d'enfants perpétré vendredi dernier à Houla, en Syrie.

Le président François Hollande a déclaré qu'une réunion du groupe des Amis du peuple syrien devrait avoir lieu "au début du mois de juillet" à Paris.

Il a rappelé lors d'une conférence de presse à l'Elysée qu'il s'était entretenu au téléphone lundi avec le Premier ministre britannique David Cameron, tandis que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avait également "eu une discussion" avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

"Nous avons convenu d'un certain nombre (...) de pressions à exercer sur la Syrie", dont "l'expulsion de l'ambassadrice de Syrie en France", Lamia Chakkour, a expliqué le chef de l'Etat, soulignant que le statut d'ambassadrice de l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) de la diplomate pouvait causer un délai. Deux autres responsables de l'ambassade sont également concernés.

Décision concertée avec les partenaires

Contactée par téléphone par l'Associated Press, l'ambassade de Syrie à Paris n'a pas retourné l'appel. La France a fermé sa représentation diplomatique à Damas il y a quelque temps et rappelé son ambassadeur.

L'expulsion de diplomates "est une décision, non pas unilatérale de la France mais une décision concertée avec nos partenaires", a souligné François Hollande. "Il devait y avoir une réaction" au massacre de Houla car le régime syrien "écras(e) son peuple", a-t-il insisté plus tard lors d'une visite à l'hôpital militaire de Percy à Clamart (Hauts-de-Seine). "Nous en avons eu, hélas, une des démonstrations les plus terribles avec des enfants qui ont perdu la vie dans des conditions atroces."

"Nous sommes en discussion également avec la Russie qui joue un rôle", a souligné François Hollande. "Je souhaite que (...) des sanctions beaucoup plus fortes soient prononcées à l'égard du régime syrien et j'en discuterai avec le président Poutine vendredi" à l'occasion d'un dîner de travail à l'Elysée.

"Nous verrons ce que peut faire Poutine pour faire pression lui-même sur le régime d'Assad, et aussi pour participer au vote au Conseil de sécurité, car aujourd'hui nous savons bien que c'est la Russie, la Chine, qui empêchent le vote de sanctions qui pourraient être plus décisives encore pour faire pression sur le régime syrien", a-t-il ajouté.

Massacre comme prétexte

Membres permanents du Conseil de sécurité avec la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, la Russie et la Chine ont bloqué jusqu'ici tout projet de résolution des Nations unies condamnant explicitement le régime de Bachar al-Assad. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé mardi des pays non précisés de vouloir utiliser le massacre de Houla "comme prétexte pour prendre des mesures militaires".

"Nous devons continuer à travailler avec les Russes (...) La Russie a une influence particulière sur le régime et donc un rôle particulier dans cette crise", a déclaré à Londres le secrétaire au Foreign Office (Affaires étrangères), William Hague, en annonçant l'expulsion de trois diplomates syriens, dont le plus haut placé, le chargé d'affaires Ghassan Dalla, l'ambassadeur ayant quitté le pays en mars. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont également fermé leurs ambassades à Damas.

L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Canada, la Bulgarie, l'Australie et les Etats-Unis ont également donné quelques jours aux ambassadeurs de Syrie, chargés d'affaires et d'autres diplomates syriens pour quitter leur territoire.

"C'est le moyen le plus efficace de faire part de notre révulsion concernant ce qui s'est passé en Syrie", a estimé le ministre australien des Affaires étrangères, Bob Carr, à Canberra. Le Département d'Etat (Affaires étrangères) américain tient "le gouvernement syrien responsable du massacre de vies innocentes".

Trois directions

L'ambassadeur de Syrie aux Pays-Bas est déclaré persona non grata mais pas expulsé car il représente aussi son pays en Belgique, et la Suède a expliqué qu'elle ne voulait pas compromettre sa représentation diplomatique en Syrie afin de garder des contacts sur place.

Le massacre de Houla "peut avoir comme conséquence que des pays jusque-là réticents évoluent", estime Laurent Fabius dans Le Monde daté de mercredi. Il qualifie le président syrien Bachar al-Assad d'"assassin de son peuple", jugeant qu'"il doit quitter le pouvoir. Le plus tôt sera le mieux".

"L'action de la France se déploie dans trois directions. D'abord, durcir les sanctions, si possible au niveau du Conseil de sécurité. Ensuite, travailler avec la Russie, qui joue un rôle déterminant. (...) Enfin, il faut favoriser le rassemblement de l'opposition", explique le chef de la diplomatie française.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné à l'unanimité le massacre d'au moins 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, dans les villages du secteur de Houla, dans le centre-ouest de la Syrie. La plupart des victimes, dont des familles entières tuées chez elles, ont été exécutées à bout portant, d'après les éléments recueillis et recoupés par les observateurs onusiens.

9000 morts

Le régime syrien impute le massacre à des "terroristes armés", mais des témoins accusent les chabiha, des milices qui servent souvent de supplétifs aux forces gouvernementales. Des opposants à Houla ont déclaré que l'armée avait bombardé la zone après des manifestations et s'était battue avec des rebelles locaux. Les chabiha de villages voisins auraient ensuite ratissé le secteur en poignardant et en tuant des habitants à bout portant.

L'ONU estime que les violences ont fait plus de 9000 morts depuis le début à la mi-mars 2011 du mouvement de contestation initialement pacifique, réprimé dans le sang. Kofi Annan, émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, a rencontré le président Assad à Damas mardi et appelé toutes les parties à respecter le cessez-le-feu décrété le 12 avril. (ats/nxp)

(Créé: 29.05.2012, 13h57)

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