Lundi 26 septembre 2016 | Dernière mise à jour 04:00

Présidentielle américaine Trump lève le voile sur sa politique étrangère

Le candidat républicain à la Maison Blanche a dévoilé lundi une partie de ses conseillers diplomatiques.

Le magnat de l'immobilier s'est entouré de cinq experts pilotés par le sénateur républicain de l'Alabama Jeff Sessions.

Le magnat de l'immobilier s'est entouré de cinq experts pilotés par le sénateur républicain de l'Alabama Jeff Sessions. Image: Keystone

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Le favori des primaires républicaines aux Etats-Unis Donald Trump a levé le voile sur ses conseillers diplomatiques et sur la politique étrangère isolationniste qu'il conduirait s'il était élu président, après des semaines d'atermoiements et d'outrances sur le sujet. Jusqu'à cet entretien fleuve accordé lundi au Washington Post, le tonitruant milliardaire n'avait de son propre aveu pas de sherpas en matière de diplomatie, sans que cela ne le dissuade de multiplier les envolées provocatrices sur sa vision du monde et sur ce qu'il ferait s'il entrait à la Maison Blanche le 20 janvier 2017.

Auprès du journal américain, qui a qualifié Donald Trump d'éventuel président «non interventionniste», le magnat de l'immobilier a confié être entouré de cinq experts pilotés par le sénateur républicain de l'Alabama Jeff Sessions. C'est l'un des rares noms que Donald Trump citait ces dernières semaines quand on lui demandait d'en dire plus sur les cerveaux de politique étrangère censés le conseiller.

Il a ajouté lundi celui de «Walid Phares, que vous connaissez probablement, titulaire d'une thèse, conseiller auprès de la Chambre des représentants et expert en antiterrorisme». Donald Trump s'appuie également sur «Carter Page et George Papadopoulos, un type excellent, consultant en énergie et pétrole», sur «Joe Schmitz (ex) inspecteur général au ministère de la Défense» et sur «le général Keith Kellogg», un officier à la retraite qui s'était fait vaguement connaître au début de l'occupation américaine de l'Irak en 2003.

Conservateurs

Outre le fait que ces responsables sont d'illustres inconnus dans les allées du pouvoir à Washington, et encore plus du grand public, le Washington Post les classe tous dans la mouvance conservatrice.

Walid Phares est un chercheur d'origine libanaise que des médias spécialisés ont lié à la faction chrétienne durant la guerre civile au Liban. Joe Schmitz a travaillé sous l'administration du président républicain George W. Bush (2001-2009), avant de servir la société de sécurité privée Blackwater, à la réputation sulfureuse durant la guerre en Irak. Carter Page et George Papadopoulos affichent des pédigrées dans les secteurs de l'énergie et du pétrole et conseillaient l'ex-candidat républicain Ben Carson.

Il y a deux semaines, Donald Trump avait concédé n'avoir «pas encore d'équipe» de politique étrangère.

Emporte-pièce

Mais le favori pour l'investiture républicaine à la présidentielle du 8 novembre enchaîne depuis des mois les déclarations à l'emporte-pièce: promesse de faire construire un mur à la frontière mexicaine, financé par le Mexique, pour bloquer l'immigration clandestine. Menace aussi de faire expulser les 11 millions de clandestins.

Donald Trump s'est dit ce mois-ci convaincu que «l'islam haïssait» l'Amérique et il a affirmé qu'il interdirait aux musulmans étrangers de mettre un pied sur le sol des Etats-Unis. Il a promis de faire la guerre commerciale à la Chine, au Japon et au Mexique, et de se rapprocher du président russe Vladimir Poutine, qu'il admire.

Alors que les liens Washington-Moscou sont tendus depuis 2012 en raison de la Syrie et de l'Ukraine, Donald Trump a réaffirmé lundi lors d'une conférence de presse vouloir «une meilleure relation avec la Russie».

Auprès du Washington Post, il a ajouté qu'il réduirait très fortement l'implication des Etats-Unis au sein de l'Otan «qui nous coûte une fortune». Il se détournerait de l'Asie, alors que le «pivot» de l'Amérique vers cette région est la pièce-maîtresse de la diplomatie du président Barack Obama.

Pro-Jérusalem

Et devant le groupe de pression juif américain pro-israélien Aipac réuni à Washington, Donald Trump a brisé un tabou sur le conflit israélo-palestinien: il s'est engagé, s'il est élu, à reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et à transférer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à la Ville sainte (voir article lié).

Très applaudi, il a aussi juré de «démanteler l'accord catastrophique» scellé en juillet dernier entre les grandes puissances et l'Iran sur son programme nucléaire et a accusé Barack Obama d'avoir «peut-être été la pire chose qui soit jamais arrivée à Israël».

Le favori républicain a enfin taclé sa possible rivale démocrate Hillary Clinton en l'accusant d'être «faible avec l'armée (américaine) et faible franchement avec les autres pays». (afp/nxp)

(Créé: 21.03.2016, 22h11)

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