«Ce viol est une honte pour le pays»
Tunis
—Par Anne-Florence Pasquier. Mis à jour le 02.10.2012 11 Commentaires
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Un vent de révolte transportant le parfum du jasmin souffle sur la Tunisie. Un millier de femmes et d’hommes, tous âges confondus, se sont rassemblés hier matin devant le Tribunal de première instance de Tunis, criant «Mariem». C’est ainsi que les protestataires ont baptisé la jeune femme de 26 ans, violée par deux policiers début septembre à Aïn Zaghouan.
Incriminée avec son compagnon pour «outrage à la pudeur», elle est venue comparaître, le visage caché par un foulard et des lunettes, devant le juge d’instruction, «alors que les violeurs entraient par la grande porte», s’indigne Tangour Mariem, initiatrice du rassemblement et membre de l’Association tunisienne des femmes démocrates. «On est écœuré, c’est injuste de transformer une victime en criminelle», souligne-t-elle. C’est d’ailleurs une déclaration du ministre de la Justice insistant sur le fait qu’«être victime ne fournit pas d’immunité» qui a mis le feu aux poudres.
Les policiers doivent payer
Pour rappel, la jeune femme et son ami auraient été surpris, dans une «position immorale» selon le ministre de l’Intérieur, par trois policiers dans une voiture, à l’écart. L’un d’eux aurait alors tenté d’extorquer le jeune homme en l’emmenant à un distributeur pour lui faire retirer 300 dinars – le salaire moyen en Tunisie – pendant que les deux autres violaient la jeune femme sur la banquette arrière d’un véhicule de police. Le couple a porté plainte pour viol et extorsion. Placés en détention préventive, les trois policiers ont nié les faits et parlé d’une relation consentie.
Contactée, l’une des avocates de la défense, Radhia Nasraoui, précise qu’«il y a bien eu une relation sexuelle complète entre les deux jeunes gens. Toutefois, selon les éléments, il est clair que les policiers n’ont pas surpris le couple pendant l’acte. Nous demandons que l’affaire soit classée.» Le couple risque six mois de prison ferme. La décision d’inculper ou non Mariem et son ami sera prise dans les prochains jours. Pour Jalel Matri, de l’Association des Tunisiennes et Tunisiens de Suisse, «on ne lâchera pas le morceau tant que les policiers n’auront pas payé». Présidente du Forum pour un islam progressiste, Saïda Keller-Messahli relève quant à elle que «les islamistes au pouvoir, Ennahdha, essaient d’intimider leurs adversaires politiques et de faire régner un climat de peur en Tunisie à travers leurs milices». (Le Matin)
Créé: 03.10.2012, 11h00
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La rédaction
11 Commentaires
B R A V O LES F I L L E S ! Je suis fières de ces femmes qui tiennent tête à ces immondes dég. Personne n'a le droit de se comporter de cette manière. C'est infâme, la religion, les origines etc. n'a rien à voir. Quand dans un pays on viole impunément une femme, c'est la dérive de la société. Répondre
Rappelez-vous Mesdames que d'être violées ou victimes, ne permet pas l'immunité en Tunisie! L'on vous juge pour vos actes contraires à la pudeur que vous avez commis avant. Là est l'art de la justice de ce pays aux idées rétros! Répondre
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