Mardi 27 juin 2017 | Dernière mise à jour 06:56
Bertrand Piccard saisi devant «Solar Impulse 2» à Hawaï, en avril dernier. L’avion y était resté plusieurs mois en attendant de nouvelles batteries, avant de s’envoler enfin pour la Californie.

Bertrand Piccard saisi devant «Solar Impulse 2» à Hawaï, en avril dernier. L’avion y était resté plusieurs mois en attendant de nouvelles batteries, avant de s’envoler enfin pour la Californie.

Rencontre Bertrand Piccard a décollé en oiseau et atterri en héros

En réussissant avec André Borschberg l’exploit d’un tour du monde en avion solaire sans carburant, Piccard a mené plus qu’une aventure. Il a montré une route pour un monde meilleur: c’est une définition de l’héroïsme.

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Quand on lui parle plus que quelques instants, juste assez longtemps pour qu’il ne songe plus vraiment à ce qu’il dit, qu’il lâche la communication pour se laisser prendre par les émotions dedans, vient le mot de «décalage». Il dit: «C’est incroyable le décalage entre ce que vous semblez penser de moi et ce que je suis.» Parce que l’on fait le truc habituel, au début. On le cherche un peu du côté de l’arrogance supposée, du réussisseur agaçant, du gars qui sans cesse positive. Le monde n’est peut-être pas fait pour les optimistes, après tout. Mais ce sont pourtant eux qui font croire au monde.

La deuxième chose qui vient, c’est qu’il pleure, là, juste en vous confiant quelque chose. On est là pour «portraitiser» l’aventurier, l’homme de l’année, l’écolo chic et sponsorisé, et sa voix se casse soudain, parce qu’il s’envole devant vous. Il s’envole, oui, littéralement: il est en train de raconter le vol au-dessus de l’Atlantique, trois jours et trois nuits de juin pour aller de l’Amérique à l’Espagne. Mais il ne parle pas du froid ou de la technique des capteurs, des moteurs électriques, des instruments de bord et de la fragilité de ce «Solar Impulse 2» si fin à piloter. Il parle des nuages. Il se souvient d’une poésie minérale qui s’est incrustée dans son cœur en regardant fondre les cumulus au coucher du soleil, en devinant le lever de lune au solstice de l’été parfait. Ce silence, le sentiment de devoir se concentrer alors, pour se dire qu’on ne rêve pas, que c’est «pour de vrai»: il est là-bas de nouveau, et soudain une «nostalgie du vol» l’étreint d’un seul coup, il redevient l’enfant émerveillé qui se rappelle du bonheur. Il pleure.

Pour en savoir plus, consultez le nouveau site du Matin Dimanche, www.lematindimanche.ch, sur votre ordinateur personnel, votre tablette ou votre smartphone. L’application Le Matin Dimanche est toujours disponible sur iPad. (Le Matin)

Créé: 18.12.2016, 09h03

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