Mercredi 28 septembre 2016 | Dernière mise à jour 21:58

Vie quotidienne Que faire face à des voisins trop bruyants?

Le bruit est souvent source de discorde entre voisins. A l'occasion de la Fête des voisins, petit rappel des moyens pour mieux se défendre face aux gens que nous estimons fauteurs de troubles.

Et quand le bruit provient d'un autre immeuble?

Si les voisins de l'immeuble d'en face passent leur vie à se chamailler bruyamment, fenêtres ouvertes, ou organisent régulièrement des fêtes sur leurs balcons jusque tard dans la nuit, Christian Meylan, de chez Domicim, recommande d'écrire à sa régie pour expliquer le problème. Celle-ci doit alors prendre contact avec la gérance des locataires indélicats pour que celle-ci réagisse.

Un point confirmé par Pierre Statsny, de l'ASLOCA Genève: «Souvent les régies n'interviennent pas, à tort. Celles-ci doivent éliminer le défaut et prendre des mesures, qui peuvent aller jusqu'à une réduction de loyer», explique l’avocat. Et s'il ne se passe rien, le locataire peut alors agir sur le fauteur de troubles, mais sur d'autres règles que celles du contrat de bail. C’est ensuite à un tribunal de 1ère instance d’agir, et non pas au tribunal des baux.

Et la police? «Celle-ci a souvent malheureusement d'autres chats à fouetter», estime Pierre Stastny. Propos confirmés à Lausanne par Jean-Philippe Pittet, responsable de la communication à la police municipale. «Nous envoyons des agents dès que nous le pouvons, mais il est clair que le bruit n’est pas une priorité», explique-t-il. Selon lui, la police municipale procède à 1 à 2 interventions par jour en semaine pour des questions de bruit, un peu plus les week-ends.

Les agents agissent alors sur trois degrés. Soit les nuisances sont minimes et un simple contact avec la personne suffit pour que cesse le bruit. Si celui-ci est plus important, la police distribue une lettre-type et rappelle le règlement en vigueur. Et si le bruit dépasse les bornes, les agents dénoncent les fauteurs de trouble à la commission de police qui statue alors sur le degré d’infraction et de la suite à donner à l’affaire.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Entre voisins, on s'entend mieux quand on ne s'entend pas trop!» Ce slogan tiré d'un dessin de Mix & Remix illustre à merveille la problématique de la vie au quotidien dans un immeuble ou dans un quartier. Car le bruit peut pourrir très rapidement l'ambiance entre locataires ou propriétaires d'appartements. Or, un logement calme est souvent indispensable face à l'agitation de la vie quotidienne.

Du coup, Lausanne, à l'image de Genève il y a quelque temps, vient de sortir à son tour un guide du bon voisinage à l'occasion de la Fête des voisins qui aura lieu ce mardi 29 mai dans de nombreuses communes de Suisse. «Cette démarche a pour but de renforcer la cohésion sociale dans la ville. Or celle-ci commence avec ses voisins directs», explique Grégoire Junod, directeur de la culture et du logement de la ville. «Elle rappelle qu'il faut faire preuve de tolérance, mais aussi de respect», ajoute le municipal qui se dit conscient toutefois des limites de l'exercice.

Extrême prudence de l'ASLOCA

Car il n'est pas facile de se défendre face au bruit de ses voisins. «Nous recevons bon nombre de locataires pour ces questions. Mais nous nous montrons extrêmement prudents dans le traitement de ces cas, car le bruit est souvent subjectif», explique Anne Baehler Bech, secrétaire générale de l'ASLOCA Vaud. «En règle générale, nous n'intervenons pas», renchérit l'avocat Pierre Stastny, de l'ASLOCA Genève.

La raison: un risque de conflits d'intérêts. En effet, si l'association défend un locataire contre un autre, celui-ci risque d'être expulsé de l'immeuble par sa régie et donc de faire appel lui aussi à l'ASLOCA pour se défendre...

Alors que faire? Écrire à sa gérance? Cela peut s'avérer à double tranchant. Certaines régies sont à l'écoute des locataires et tenteront de trouver une solution, comme une médiation. «Mais d'autres s'en fichent et risquent fort d'expulser au bout du compte le fauteur de troubles présumé, voire carrément les deux parties», met en garde Anne Baehler Bech. Pierre Stastny tempère, estimant que c'est surtout le fauteur de troubles présumé qui risque la rupture de bail.

Cas délicats pour les régies

Du côté des agences immobilières, les questions de bruit sont toujours délicates. «ll faut les traiter avec doigté et faire preuve de compréhension et de compassion afin d'éviter que le ton ne monte davantage», estime Christian Meylan, gérant d'immeubles chez Domicim. En règle générale, il exige une lettre de la part du plaignant. Et écrit ensuite à la personne impliquée pour lui faire part d'une plainte contre elle. «Mais celle-ci réagit souvent violemment et nous décrit alors tout le contraire de ce que nous raconte le plaignant», soupire-t-il.

Néanmoins, le calme revient souvent pour un bon moment. Mais si le bruit continue, la régie demande alors que plusieurs personnes écrivent pour se plaindre de la personne indélicate présumée. S'il ne s'agit pas d'une cabale contre elle, Domicim peut aller jusqu'à résilier son contrat de bail. «Mais il est extrêmement rare que nous devions aller jusque-là», tempère Christian Meylan. «Pour faire partir quelqu'un, il faut vraiment qu'il y ait quelque chose de grave. »

Faire appel aux médiations

Il existe une autre possibilité, recommandée par l'ASLOCA, pour tenter de retrouver la sérénité entre voisins: les médiations de voisinage. Celles-ci, regroupées au sein de la Fédération suisse des associations de médiation, existent dans tous les cantons romands. Elles sont composées de bénévoles de tous bords et de tous les métiers.

«Nous intervenons près de 60 fois par année, sur mandat des gérances, des assurances de protection juridique ou des particuliers directement», confie Samuel Bonstein, président de l'Association vaudoise pour la médiation de voisinage (ASMED-VD). Le plus souvent, les bruits sont causés par un manque d'isolation phonique des immeubles, explique-t-il. «Et la plupart du temps, ces bruits sont interprétés au mieux comme de la désinvolture, au pire comme de la malveillance, ce qui n'est souvent pas le cas», note-t-il.

Deux cas résolus sur trois

Le but alors de ces médiations est de faire se rencontrer les deux parties dans un endroit neutre pour les laisser échanger leurs doléances de manière confidentielle. «Nous faisons en sorte que les personnes trouvent elles-mêmes une solution satisfaisante à leur conflit», explique le président de l'ASMED. Le résultat des discussions est ensuite communiqué de manière succincte aux mandataires.

Samuel Bonstein estime le taux de réussite des médiations à deux cas sur trois. Le plus difficile, c'est de persuader le fauteur de troubles présumé d'assister à la réunion, confie-t-il. «Dans le tiers des cas où rien ne fonctionne, il n'y a malheureusement plus grand-chose à faire de notre côté et les gens finissent par déménager ou prendre un avocat» regrette-t-il.

(nxp)

(Créé: 29.05.2012, 06h15)

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.