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Expérience novatrice à Zurich: le «permis jeunesse»

Fêtes légales

Fêtes illégales qui dégénèrent, manifestations pour moins de réglementation de la vie nocturne: les jeunes réclament davantage d'espaces de liberté en Suisse. Zurich innove en la matière.

Mis à jour le 10.07.2012 3 Commentaires

Image: PHOTO D'ILLUSTRATION/AFP

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A Zurich, le «permis jeunesse», introduit il y a près de trois mois, est bien accepté chez les jeunes et salué par les spécialistes.

«Le permis donne la possibilité aux jeunes de 18 à 25 ans d'organiser des fêtes dans les mêmes conditions qu'avant mais légalement, sans la crainte d'une éventuelle intervention de police», explique Patrick Pons, membre du groupe de travail «permis jeunesse» de la ville de Zurich.

Lors de la demande, une personne doit se porter garante pour le rassemblement. Si des plaintes sont enregistrées, les agents peuvent contacter le responsable au lieu de se rendre sur place. «Cette démarche s'est montrée efficace lors de ces premiers mois d'essai», selon Patrick Pons, également porte-parole de la ville.

Depuis le début de la phase pilote, le 20 avril, 18 demandes ont été déposées, dont treize ont reçu un feu vert. Trois ont été refusées, soit parce que le lieu prévu n'était pas approprié et aurait dérangé trop de riverains, soit parce que de la publicité avait été publiée sur les réseaux sociaux. Deux sont en cours de traitement.

«Si ce nombre peut sembler bas en comparaison de tout ce qui se passe à Zurich, il signifie tout de même que 18 groupes de jeunes ont décidé de faire les démarches nécessaires pour légaliser leur fête et c'est un succès», note Giacomo Dallo, de l'Offene Jugendarbeit Zurich (OJA), une association mandatée par la ville pour offrir des activités aux adolescents.

Bilan à la fin de l'été

Les autorités tireront le bilan du projet-pilote à la fin de l'été et décideront alors de la suite à donner au permis jeunesse. Pour l'instant, «l'instrument est bien accepté», constate Patrick Pons.

L'idée du permis jeunesse est née du dialogue lancé par la ville avec les jeunes à la suite de fêtes illégales ayant tourné à l'émeute en septembre dernier. Sur le réseau social Facebook, les jeunes remarquaient notamment que sortir en discothèque coûtait trop cher.

Lacune pour les 18-25 ans

Le problème, selon Giacomo Dallo, est que pour les jeunes de 18 à 25 ans, il n'existe pas d'autres structures d'accueil que les institutions commerciales. L'OJA, par exemple, offre des activités aux adolescents de 13 à 17 ans. Les centres de quartier sont des lieux de rencontre pour les jeunes familles, mais entre les deux phases, il y a une lacune.

«Avec le permis jeunesse, la ville a reconnu le problème», se félicite Giacomo Dallo. Il n'est pas seulement important de mettre des lieux à disposition des jeunes mais aussi de leur permettre de ne pas avoir à respecter toutes les règles.

Le permis jeunesse réduit les démarches administratives au minimum. Les jeunes peuvent ainsi facilement organiser eux-mêmes des fêtes légalement sans devoir appliquer, par exemple, les réglementations sur l'hygiène.

L'âge de boire de l'alcool

Cette lacune ne se faisait pas ressentir il y a quelques années, selon Giacomo Dallo. Car aujourd'hui les jeunes peuvent être majeurs mais pas nécessairement mûrs ou indépendants financièrement, comme c'était le cas autrefois.

La loi sur la consommation d'alcool vient exacerber le tout. Aujourd'hui, avoir 18 ans, c'est d'abord gagner le droit de boire des alcools forts. Conduire et voter sont des aspects secondaires, constate le directeur de l'OJA.

Faire la fête, pas des émeutes

Alors le permis jeunesse est-il la solution pour éviter de nouveaux dérapages? «Les émeutes sont une fausse image de ce type de fêtes de jeunes», corrige Patrick Pons. D'une part, les fêtards se connaissent entre eux - il y a un contrôle social. De plus, ce qui les intéressent avant tout, c'est la musique et danser.

Les jeunes aiment fêter dans la nature, ajoute-t-il. Ils privilégient les lieux en bordure de ville, à l'orée des forêts, où il n'y a pas beaucoup d'habitants.

Et, précise Giacomo Dallo, les émeutes surviennent la plupart du temps de manière fortuite plutôt que volontaire. Par contre, le permis jeunesse ne mettra pas fin aux fêtes illégales, car certaines se veulent expressément hors la loi. (ats/Newsnet)

Créé: 10.07.2012, 10h05

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3 Commentaires

Patrick Luder

10.07.2012, 18:49 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Bravo les Suisses-Allemands ! (pour une fois qu'ils sont cools ...) Répondre


Sylviane Boschung

11.07.2012, 09:41 Heures
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Excellengte expérience, elle a l'air de ben se concrétiser, c'est tant mieux pour ces jeunes. Répondre