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Présidentielle française Hollande et Sarkozy se disputent les électeurs du FN

Le socialiste, en tête au premier tour de la présidentielle en France, et le président sortant se sont directement adressés lundi aux électeurs de Marine Le Pen, après son score historique de dimanche.

Les deux finalistes tentent tous les deux de récupérer le vote des électeurs de Marine Le Pen.

Les deux finalistes tentent tous les deux de récupérer le vote des électeurs de Marine Le Pen. Image: Reuters

Dossiers

Paris refuse de fermer tous les bureaux à 20H00

Le gouvernement français a annoncé lundi qu’il ne suivra pas la recommandation de la Commission de contrôle de la campagne présidentielle de fermer tous les bureaux de vote à 20H00 lors du second tour pour éviter que des médias ne publient des résultats avant l’heure légale.

"On ne change pas les règles du jeu entre deux tours d’une même élection", a déclaré le ministère de l’Intérieur pour expliquer sa position.

La commission avait émis lundi cette recommandation pour éviter que des médias ne publient des résultats avant l’heure légale lors du second tour le 6 mai, comme cela a été le cas au premier tour dimanche.

Les bureaux de vote ferment en France à 18H00 dans la plupart des communes mais à 20H00 dans les plus importantes, notamment à Paris. Les premières estimations sont établies sur la base des premiers bulletins dépouillés et donc disponibles avant la clôture complète du scrutin.

La loi interdit leur publication, ainsi que celle des sondages à la sortie des bureaux de vote, avant 20H00, mais plusieurs grands médias étrangers, notamment en Suisse, ont brisé dimanche cette interdiction.

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Pour le second tour le 6 mai, François Hollande part "confiant" avec 28,6% des voix selon les résultats définitifs et Nicolas Sarkozy avec un handicap (27,2% des suffrages) et peu de réserves de voix.

Lundi, les deux hommes ont adopté le même ton pour la dernière ligne droite: récupérer le vote des électeurs de la candidate du Front national, Marine Le Pen, arrivée à la 3ème place, avec un score de 17,9%. "Il y a des électeurs qui ont pu aller vers ce vote par colère. C’est ceux-là que je veux entendre", a lancé François Hollande. "Il faut respecter le vote des électeurs, notre devoir c’est de l’entendre", a dit Nicolas Sarkozy.

Marine Le Pen en arbitre

Jugé "préoccupant" par la chancelière allemande Angela Merkel, le score de Marine Le Pen, qui ne devrait pas donner de consignes de vote, place de fait ses électeurs en position d’arbitre. Bien placé, le candidat socialiste a maintenu sa stratégie de "rassemblement", après avoir engrangé les soutiens des candidats de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (11,1%) et des Verts Eva Joly (2,31%) qui ont appelé à "battre Sarkozy". Il devrait faire quasiment le plein de ces voix.

Pour le second tour, il est crédité de 53 à 54% des intentions de vote, selon des sondages. Mais François Hollande, parti en campagne en outsider il y a un an avec l’image d’un homme mou et sans expérience, continue de se montrer prudent sur l’issue du scrutin qui espère-t-il donnera à la France son premier président de gauche depuis 17 ans.

"Nous sommes confiants mais c’est aux Français de choisir leur destin", a-t-il répété alors que le rapport de force droite-gauche lui est moins favorable que prévu. Pour le candidat socialiste l’objectif est de faire revenir dans le giron de la gauche le vote des classes populaires déçues parties dans les années 80 se réfugier dans les bras de l’extrême droite. A ces ouvriers, retraités, jeunes "qui ne savent plus vers qui se tourner et sont allés vers le vent mauvais du vote extrême (...) je dois leur dire: nous allons nous relever tous ensemble", a-t-il à nouveau lancé lors d’un meeting à Quimper (ouest).

Enjeu vital pour Sarkozy

Pour Nicolas Sarkozy, qui a raté son pari de se positionner en tête au premier tour pour mettre la dynamique de son côté, l’enjeu est vital. S’il veut avoir une chance de l’emporter, le président sortant, plombé par son impopularité et par la crise, doit absolument récupérer la grande majorité des électeurs de l’extrême droite dont certains avaient voté pour lui en 2007, séduits par son discours sur le travail et le pouvoir d’achat avant de se détourner.

"Il y a ce vote de crise qui a doublé d’une élection à l’autre, c’est à ce vote de crise qu’il faut apporter une réponse", a-t-il martelé lundi matin avant de se rendre à Tours (centre).

Dans ce but, le camp présidentiel pourrait être tenté d’intensifier le discours très dur sur l’immigration et la sécurité développé avant le premier tour. Le ministre du Travail Xavier Bertrand a estimé lundi que la France "n’a pas envie d’avoir de l’immigration en plus ou le vote des étrangers aux élections locales". Elle veut garder son "mode de vie", a-t-il ajouté.

Rendez-vous le 1er mai pour Marine Le Pen

Marine Le Pen a donné rendez-vous le 1er mai pour annoncer sa position. "Les gens sont libres, ils font ce qu’ils veulent mais est-ce qu’on peut choisir entre un Sarkozy et un Hollande quand on voit dans quel état ils ont laissé le pays ?", a déclaré dès lundi son directeur de campagne Florian Philippot.

Le score de Marine Le Pen au premier tour est le plus élevé jamais réalisé par sa famille politique dans une présidentielle et les sondages de report de voix ne donnent pas une image très nette de l’attitude de ses électeurs au second tour. Selon les enquêtes réalisées dimanche soir, au maximum les deux tiers disent qu’ils voteraient Nicolas Sarkozy, alors que le candidat de la droite aurait besoin "d’un report de 80%", selon le politologue Pascal Perrineau.

En vue: les législatives du 17 juin

Le Front National veut capitaliser sur son succès avec pour objectif les élections législatives des 10 et 17 juin. "Rien ne sera plus jamais comme avant", a prévenu dimanche Marine Le Pen.

Dans une moindre mesure, les deux finalistes courtisaient également les électeurs du centriste François Bayrou (9,13%). Partagés entre les deux finalistes, cet électorat s’avère aussi essentiel à Nicolas Sarkozy.

François Bayrou, qui en 2007 avait refusé de trancher entre la droite et la gauche, a indiqué qu’il allait s’adresser aux deux candidats et se déterminer en fonction de leurs réponses. Mais certains de ses proches, dont l’ancien écologiste Jean-Luc Bennahmias, ont fait savoir lundi qu’ils voteraient Hollande.

Les prochains moments forts de la campagne seront le 1er mai, jour de la fête du travail où M. Sarkozy devrait tenir meeting tandis que les syndicats de gauche défileront comme à l’accoutumée, puis le 2 mai, date probable du débat télévisé entre les deux candidats. D’ici là, les deux hommes doivent s’exprimer séparément à la télévision cette semaine. (afp/nxp)

(Créé: 23.04.2012, 17h38)

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