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Hollande a les faveurs d’Isabelle Moret et Christian Levrat

Présidentielle française

A l'issue du débat d'hier soir, la vice-présidente du PLR et le président du PS nous ont livrés à chaud leur avis par écrit. Pour Isabelle Moret, Nicolas Sarkozy n'a pas pu prendre l'avantage sur son adversaire. Christian Levrat estime que François Hollande a été plus crédible et plus présidentiel.

Mis à jour le 03.05.2012 54 Commentaires
Isabelle Moret et Christian Levrat, deux regards sur un débat particulièrement tendu.

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Campagne présidentielle: la dernière ligne droite

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Evidemment Isabelle Moret et Christian Levrat se sont joints, hier soir, aux plus de vingt millions de téléspectateurs. La vice-présidente du PLR Suisse et le président du PS Suisse ont assisté en direct à la passe d’armes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Durant un peu moins de trois heures de débat entre le candidat président membre de l’UMP et le candidat socialiste durant lesquelles ils ont tenté de convaincre les indécis de leur donner leur voix dimanche prochain.

A chaud, la PLR Isabelle Moret et le PS Christian Levrat livrent leur analyse du débat. Qui de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande a été le plus convainquant? Qui a gagné? Les deux politiciens suisses ont accepté d’être nos grands témoins de ce moment fort de la présidentielle et de nous livrer chacun une contribution écrite. Les voici.

L'analyse d'Isabelle Moret: Sarkozy espérait écraser Hollande, c’est raté!

«Si Nicolas Sarkozy insistait pour 3 débats, c’est qu’il pensait pouvoir prendre facilement le dessus sur son adversaire. Raté. Energique, plus pointu que prévu, crocheur, Hollande ne cède sur rien. N’oubliant pas au passage l’empathie avec les chômeurs, les smicards, les enseignants…

A mi-débat, il se promène, parfois même à la limite de l’arrogance (« moi, Président de la République répété à l’excès). Ce n’est que sur son thème de prédilection, l’immigration, que le président sortant a réussi à marquer quelques points.

L’angle d’attaque de Hollande est clair: confronter Sarkozy à ses promesses de 2007. « Qu’avez-vous fait depuis 5 ans ? ». Si bien que Sarkozy passe le plus clair de son temps à expliquer son bilan (pas si mauvais), alignant (trop) les chiffres et développant peu son programme, pourtant bien meilleur que celui de son adversaire.

Aucun mot d’espoir ou suscitant l’émotion dans la bouche de Sarkozy. Où sont les valeurs et les tirades qui avaient fait vibrer ses électeurs lors de la campagne de 2007 ? Alors qu’Hollande aligne «justice», «confiance », «espoir», «proximité», «je veux rassembler», «n’ayez pas peur». Sans aucune responsabilité gouvernementale à son actif, et donc pas non plus à son passif, Hollande peut concentrer son discours sur ses promesses. Il esquive sans dommage les grands points faibles de son programme (quelles économies ? où compenser les 61’000 fonctionnaires ?). Pourquoi Sarkozy n’insiste-t-il pas plus sur les augmentations d’impôts et la croissance économique qui tombe du ciel dans le programme du socialiste ? Même ses appels du pied en fin de débat aux électeurs du Front national et du Modem tombent à plat. »

L'analyse de Christian Levrat: Savez- vous planter les choux ?

« Ce débat était l’épreuve de rattrapage de Nicolas Sarkozy. Il a échoué. Il n’a pas su réhabiliter son bilan, et a probablement perdu l’élection. Agité, en proie à ses habituels tics nerveux, mélangeant les chiffres et les attaques approximatives, il n’a jamais approché de la stature présidentielle qu’il est censé incarner. La multiplication des questions rhétoriques dans son discours traduit bien son désarroi. Nous avons échappé, mais de peu, à « M. Hollande, dites-moi, savez-vous planter les choux ?».

Or, les seules batailles déterminantes sont celles de la crédibilité et celles de la stature présidentielle. Les esprits les plus droitiers retiendront que le candidat du PS n’a pas perdu. Les plus objectifs, qu’il l’emporte sur les deux plans. Nicolas Sarkozy s’est le plus souvent perdu dans une défense hasardeuse de son bilan et a préféré réserver le meilleur de son énergie à quereller – sans jamais vraiment impacter – les propositions de François Hollande. Dans cet exercice, il n’a pas été ni crédible, ni présidentiel. Rien d’étonnant d’ailleurs de la part d’un président Sarkozy qui depuis quatre mois, gêné par son bilan, mène une campagne de challenger face au président de la France de demain.

Ceci dit, et par souci d’impartialité, admettons-le : François Hollande devrait se méfier de son conseiller en communication. Sa cravate est en effet… disons… particulière, et son nœud de cravate exotique. Mais il a été clair, plus lisible, plus direct. Plus crédible et plus présidentiel. N’en déplaise à son cravatier. »

Créé: 03.05.2012, 07h27

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54 Commentaires

ces bons suisses

03.05.2012, 08:54 Heures
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rien de surprenant !!! Mais aussi et surtout, qu'ils sachent (et vous aussi la rédaction du Matin) que leur avis ne nous intéresse pas du tout , ils sont tellement "petits" et "insignifiants" Répondre


Jean Merdenbar

03.05.2012, 08:20 Heures
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"Les esprits les plus droitiers retiendront que le candidat du PS n’a pas perdu. Les plus objectifs, qu’il l’emporte sur les deux plans." Du Levrat au sommet de son art. Moralisateur, donneur de leçon, arrogant. Il est toujours plaisant de se voir juger incapable d'objectivité si l'on ne partage pas les mêmes idéaux politiques que ce brave Monsieur. J'aurai décidémment toujours du mal avec lui Répondre