Jeudi 8 décembre 2016 | Dernière mise à jour 08:46

Interview indiscrète Emmanuel Moire: «Ma mère nous a surpris au lit»

Drôle et romantique, le chanteur s’est confié en toute sincérité, même sur sa première fois.

Image: Laurent Humbert/Universal Music

EN CONCERT

Rendez-vous mercredi 13 avril, à la salle Métropole de Lausanne à 20?h.

Il présentera son dernier album «La Rencontre».

Billets disponibles sur Ticketcorner à partir de 66.70 francs.

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Assis dans une salle du Beau-Rivage Palace, à Lausanne, l’artiste de 36 ans nous a accueilli une tisane à la main, un peu inquiet. «Désolé, j’ai eu un appel de mon syndic. Il m’a annoncé que ma porte semblait avoir été forcée. J’espère juste qu’il ne me manque rien», nous a-t-il raconté. En vrai professionnel, celui qui s’est fait connaître grâce à son rôle de Louis XIV dans la comédie musicale «Le Roi Soleil» s’est rapidement détendu, a pris une grande respiration et s’est livré sans tabou et avec humour: «Je n’ai plus de problèmes à parler de mes sentiments.» La preuve.

Emmanuel Moire, qui êtes-vous?

Je pense être un mec bien. Tout simplement.

Votre tout premier souvenir?

Je jouais avec mon frère jumeau (ndlr: Nicolas, décédé lors d’un accident de voiture en 2009) et on faisait beaucoup de conneries. Je me rappelle que ma mère nous demandait d’aller nous coucher et, à peine la porte fermée, on allumait nos lampes de poche sous nos draps.

Etiez-vous un enfant sage?

Je ne dirais pas sage, j’étais un enfant très introverti. Je n’ai appris que récemment à m’accepter comme je suis et à être fier de moi.

Enfant, de quoi aviez-vous peur?

J’avais peur de l’abandon. Et encore aujourd’hui.

Dans l’enfance, quel fut votre plus grand choc?

Lorsque ma mère m’a annoncé qu’elle allait quitter mon père. J’avais 13 ans et je ne m’y attendais pas du tout. L’assistante sociale à l’école m’avait dit: «Ce n’est pas votre problème, c’est celui de vos parents.» Depuis, j’ai géré cette situation de manière égoïste et j’ai préféré penser à moi. En revanche, je ne leur en voulais pas.

Votre mère vous disait-elle «Je t’aime»?

Oui, beaucoup!

Comment avez-vous gagné votre premier argent?

Mon premier job était vendeur sportif chez Decathlon, à 20 ans.

Que vouliez-vous devenir?

Le spectacle m’attirait beaucoup. Je me souviens que ma grand-mère paternelle me gardait tous les samedis après-midi et, avec mes amis, on lui jouait des spectacles. Je n’ai jamais voulu devenir pompier ou astronaute comme les autres enfants.

L’amour pour la première fois. C’était quand et avec qui?

J’avais 16 ans et c’était avec une fille (ndlr: il a révélé être gay en novembre 2009 dans Têtu Magazine). Je n’en garde pas un excellent souvenir car ma mère nous a surpris au lit (Rires). C’était tellement embarrassant.

Pour vous, c’est quoi, le vrai bonheur?

Ça dépend de la philosophie des gens. Pour certaines personnes, le vrai bonheur, c’est ce qu’ils n’ont pas. Pour moi, c’est un acquis et un état d’esprit. C’est-à-dire de prendre conscience de ce que l’on a et de qui l’on est.

La plus belle de vos qualités?

Je sais me remettre en question et m’excuser lorsque j’ai tort. Par exemple, je trouvais que je ne faisais pas assez d’efforts pour voir mes parents. Je n’étais pas le fils qui appelait toutes les semaines.

Votre plus grand regret?

Je n’ai pas de regrets. J’ai fait de grosses erreurs mais elles m’ont permis de travailler sur moi et devenir qui je suis.

Avez-vous déjà volé?

Oui, de l’argent dans la veste de mon père. Bien sûr, il s’en est rendu compte et il m’a puni pendant une semaine. Tout ça, pour du chocolat (Rires).

Si vous aviez le permis de tuer quelqu’un, qui serait-ce?

Je ne pourrais pas vivre avec la mort de quelqu’un sur ma conscience. Tuer quelqu’un me tuerait.

Avez-vous payé pour l’amour?

Non, jamais. L’amour n’a rien à voir avec l’argent.

Avez-vous déjà menti à la personne qui partage votre vie?

Même si je ne suis pas en couple en ce moment, oui, parfois il m’est arrivé de contourner la vérité. Comme lorsque tu te rends compte que tes sentiments changent et que ce n’est plus comme au début. C’est une erreur, bien sûr, mais c’est dur de verbaliser quelque chose qui ne correspond pas à ce que l’autre attend. J’en ai payé le prix et aujourd’hui, j’ai appris la sincérité.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Avec mon prochain amoureux. Je m’en fiche des célébrités. Ce qui m’attire chez quelqu’un n’est pas ce qu’il représente. La fonction ou la notoriété, c’est du vent! Je m’attache à autre chose.

Qui trouvez-vous sexy?

Il y a plein de gens que je trouve sexy. Mais la beauté plastique ne fait pas tout. En particulier lorsqu’ils ouvrent la bouche et que c’est l’enfer. Sexy, c’est un tout!

Pour qui était votre dernier baiser?

Pour Nadia Bugada (ndlr: reponsable presse chez Universal Suisse). C’est une femme que j’aime beaucoup.

Pourquoi avez-vous pleuré la dernière fois?

Après un voyage en train, je ressentais une douleur qui correspondait à un vide dans ma vie. Je me suis couché tôt et le lendemain, j’ai réussi à écrire exactement ce que j’éprouvais. D’identifier cette douleur m’a ému. J’étais comme libéré.

De quoi souffrez-vous?

Ça dépend des périodes, mais en ce moment de rien du tout.

Avez-vous déjà frôlé la mort?

J’ai certainement frôlé la mort plein de fois, comme tout le monde.

Croyez-vous en Dieu?

Pas du tout. Mais j’étais très tôt un enfant spirituel. C’est-à-dire que j’avais l’impression d’être l’élu de quelque chose. Sans prétention, bien sûr. Je crois que ce qu’il t’arrive dans la vie n’est pas qu’une suite d’événements qui te tombent dessus, mais aussi la manière dont tu te positionnes. Je crois en plein de courants spirituels. Mais je ne suis pas très religion. Je me dis que ma vie c’est moi qui l’écris et que ce ne sont pas les autres qui la dirigent. Même si pendant des années, j’ai cru l’inverse.

Votre péché mignon?

Le chocolat! J’adore le chocolat suisse.

Trois objets que vous emmenez sur une île déserte?

Je ne pourrai pas me passer d’un instrument de musique… je prendrais une guitare. Puis, un appareil photo et un cahier pour écrire.

Combien gagnez-vous par an?

Mais c’est indiscret! (Rires)

Pensez-vous que vous gagnez assez par rapport au travail que vous fournissez?

Pas totalement. Mon travail ce n’est pas juste de la notoriété. J’adore mon job, mais la créativité me passionne plus que tout et j’ai encore sentiment de ne pas être à la bonne place. Mes projets pourraient être encore mieux.

Qui sont vos vrais amis?

Des amis de longue date que j’essaie de voir dès que je peux. Je peux les compter sur les doigts d’une main. Ils étaient là dans les bons et les mauvais moments.

Que souhaitez-vous à vos pires ennemis?

Rien, je n’ai pas d’ennemis. Il y a des gens que je n’aime pas, mais ils ne m’intéressent pas. (Le Matin)

(Créé: 11.03.2016, 06h29)

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