Vendredi 30 septembre 2016 | Dernière mise à jour 04:26

Interview Nabilla: «Je fais avec ce que j'ai»

Ses phrases ont fait le tour de la planète Web, surtout la plus célèbre: «T’es une fille et t’as pas de shampooing? Non mais, allô quoi!» Qui est vraiment Nabilla?

Mutine, expérimentée, Nabilla aime jouer avec les photographes.

Mutine, expérimentée, Nabilla aime jouer avec les photographes. Image: Paolo Verzone/VU

En dates

1992
Naissance

Nabilla Benattia grandit à Genève et vit avec sa mère dans le quartier des Eaux-Vives.

2011
 Débuts

Elle participe à l’émission «L’amour est aveugle» sur TF1.

2012
 La célébrité


Dans les «Anges de la télé-réalité» à Hawaii, sur NRJ12, elle fait un carton et crée un immense buzz sur Internet.

2012 
Série


Elle apparaît dans la saison 2 de «Hollywood Girls».

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Qu’est-ce qui a le plus changé dans votre vie depuis un an?

Je n’ai plus le temps de rentrer chez moi, à Genève. Et puis mon caractère a beaucoup changé.

Dans quel sens?

J’ai l’impression d’avoir pris cinq ans de maturité d’un seul coup. C’est incroyable. Je me sens plus posée, j’ai moins envie de jouer la carte du sexy, j’aimerais apprendre plein de trucs. Je m’intéresse soudain à plein de choses.

Vous êtes devenue adulte?

Pas tout à fait. Il y a encore des petits trucs pas très au point, j’avoue, mais je suis en train de le devenir.

Ça vous plaît?

Oui, c’est plaisant de s’intéresser à plein de choses. Ce matin, je suis allée chez mon éditeur, Michel Laffont. Il m’a parlé d’une ethnie où les femmes sont d’abord obligées de se comporter comme des garçons et ne deviennent femmes que parce que les seins poussent. Ça m’a beaucoup intéressée. Je rencontre plein de sujets que je n’aurais pas abordés avant.

La célébrité

Y a-t-il encore des gens qui ne vous reconnaissent pas dans la rue?

Non, plus jamais. Avant je pouvais prévoir le type de personnes qui étaient susceptibles de me reconnaître. Si une bande de petites jeunes s’approchaient, je voyais venir leur réaction. Mais, maintenant, c’est tout le monde. Ça va de 7 à 77 ans. Il y a des enfants de 5 ans qui me regardent et demandent à leur mère: «Maman, c’est Nabilla? Et des personnes de 75 ans qui me disent «Bonjour, on vous a vu à la TV, bravo».

Ça vous fait plaisir?

Oui, être reconnue, c’est plaisant. Les êtres humains ont tous envie d’avoir leur heure de gloire. Mais ce n’est pas toujours facile à gérer. Il faut davantage se contrôler.

Vous êtes devenu un enjeu économique. Avez-vous peur de vous faire arnaquer?

Au début, oui, j’avais peur. On me proposait soudain des sommes astronomiques pour faire de la musique, ou des choses qui ne me ressemblaient pas forcément. D’autres que moi auraient accepté pour l’argent, pour se mettre à l’abri. C’est normal, tout le monde a envie d’être à l’abri. Mais j’ai refusé.

Ne pas avoir de diplôme vous met-il plus en danger face aux arnaqueurs?

Je pense que je risque moins d’être arnaquée que d’autres parce que j’ai une sorte de malice, un truc qui me permet de déceler au premier coup d’œil les arnaqueurs. C’est peut-être la rue qui m’a appris ça, c’est le plus beau diplôme du monde.

Vous avez déposé la marque «Allô…». Cela vous a-t-il déjà rapporté de l’argent?

Pas encore, ça prend un peu de temps, mais ça viendra.

Le phénomène social

A quel moment précis vous êtes-vous dit: «Waow, cette fois, je suis célèbre»? En booking, dans les boîtes de nuit. Quand 500 personnes vous accueillent et crient votre prénom. Il y a deux semaines, je me suis jetée dans la foule et ils ne m’ont pas laissé tomber. Là, je me suis dit: «Je crois que je suis devenue un petit peu célèbre.» C’est comme une piqûre d’adrénaline, ça vous remet en forme.

D’autres filles ont les mêmes rêves que vous, le même tour de poitrine. Mais elles n’ont pas percé. Qu’avez-vous de plus que les autres?

Je ne sais pas. Il faut le demander à mon public. Je suis spontanée, je ne me prends pas la tête. Quand j’arrive sur des plateaux TV, je ne suis pas préparée, pas briefée, je dis ce qui me vient.

Que pensez-vous de la phrase d’Andy Warhol qui dit que chacun a droit à 15 minutes de célébrité?

C’est exactement ça! Chacun a droit à son heure de gloire, le droit de briller.

Savez-vous qui est Warhol?

Non.

A côté des magazines people, plein d’intellectuels écrivent des textes sur vous. Vous intéressent-ils?

Mais plus que tout! Il paraît que, au Bac, des professeurs de la Sorbonne ont demandé: «S’il vous plaît, ne citez pas Nabilla.» Il y a des gens superintelligents qui commencent à faire des métaphores, à écrire des trucs incroyables sur moi, des textes profonds, c’est superintéressant.

L’un de nos chroniqueurs, Christophe Gallaz, a écrit ceci: «Nabilla, c’est une ode à l’économie privée. Mais une ode diffractée, signifiée sur le mode discret voire subliminal.» Qu’en pensez-vous?

C’est en quelle langue? Je n’ai pas tout compris, en fait, mais ça a l’air bien hein!

Ne préféreriez-vous pas être célèbre pour avoir sauvé des vies ou écrit un chef-d’œuvre?

Je laisse ça aux gens qui arrivent à le faire. Moi, je fais simplement avec ce que je peux. Je suis intelligente mais pas dans ce sens. Je fais avec ce que j’ai, avec les moyens du bord.

En fait, vous n’êtes pas la petite emmerdeuse capricieuse que montre la TV. Vous êtes sage avec le photographe et avec nous?

J’ai pris de la maturité. Il y a un an, j’étais une rebelle, il ne fallait pas donner d’ordre. Dans ce métier, si on veut réussir, il faut malheureusement écouter certains conseils.

Les phrases cultes

Y a-t-il l’une de vos phrases cultes que vous regrettez?

Non.

Même pas celle sur «la guerre mondiale de 78»?

Pour celle-ci, ma mère m’a passé un savon. Et ma grand-mère a déposé un tas d’encyclopédies en bas de chez moi en me disant: «Mais je t’ai déjà parlé de tout ça, de Napoléon, de tout.» Ça m’était sorti tout seul, je déconnais. Mon problème, c’est que ça n’est pas toujours directement relié, ce que j’ai en tête et ce qui sort de ma bouche. Je ne réfléchis pas toujours avant de parler.

Dans ce qu’on dit de vous – voleuse, bimbo siliconée, idiote, etc. Quel est le terme qui vous blesse le plus?

Depuis que je suis jeune, parce que je suis assez sexy, j’ai toujours été critiquée. A Genève aussi. On m’aimait ou on ne pouvait pas me voir. Aujourd’hui, c’est la même chose, mais simplement amplifiée par les médias. La seule chose qui peut me blesser, c’est ce qui touche à ma vie privée, à ma famille, à mon père. Le reste, je m’en fiche, il y a tellement de belles choses qui m’attendent.

Avez-vous vu que le mot «bombasse» est entré dans le dictionnaire?

Oui, ça m’a choquée. En bien. Je me suis dit: «Tiens, une petite ouverture d’esprit, c’est bien.» J’aurais bien aimé qu’ils mettent aussi «swag».

La petite fille

Petite fille, qui mettiez-vous en poster dans votre chambre?

Britney Spears. Je connaissais ses chansons, je faisais toutes ses chorégraphies. Je la trouvais magnifique.

C’est toujours le cas?

Non, pas trop.

Pourquoi, parce qu’elle est devenue plus trash? Ça ne devrait pas vous impressionner?

Non, c’est sa musique qui ne me touche plus vraiment. Ce n’est plus moi. Aujourd’hui, c’est plutôt Rihanna. Elle a du caractère, elle dégage, elle ne se laisse pas faire, elle se fout du reste. Ça m’intéresse.

Aimez-vous votre prénom?

Maintenant oui.

Ça n’a pas toujours été le cas?

Non, je trouvais que ça faisait reubeu. Je ne renie pas mes origines arabes, j’en suis fière, mais ça ne faisait pas ressortir le reste, mon côté corse et italien.

Qui vous a consolée après votre premier chagrin d’amour?

Moi-même, toute seule. J’avais 17 ans.

Vous êtes forte!

Je n’arrive pas à aller vers les gens et à pleurer dans leurs bras. J’ai une fierté horrible, je me débrouille toute seule depuis toute petite. C’est bizarre, hein?

Qui vous a appris l’anglais, cette langue qui vous a été si utile pour l’émission «Les Anges de la télé-réalité»?

Oui, plein de gens me disent: «Pour le reste, ce n’était pas toujours terrible mais pour l’anglais, ça va, tu te débrouilles bien». De 13 à 15 ans, je suis partie en voyage avec une agence de mannequins en Corée du Sud, au Japon. J’étais livrée à moi-même face à des mannequins russes ou brésiliens qui ne parlaient que l’anglais. Il fallait bien communiquer. Être sur le terrain, vous savez, c’est une école comme une autre, on apprend même parfois plus vite, même si on a moins de bases.

Le corps

Quelle est la partie de votre corps dont vous êtes le plus fière?

Ma bouche, parce qu’elle est naturelle, contrairement à mes seins.

Et quelle est la partie que vous ne laisseriez jamais photographier?

Aucune.

Combien de temps mettez-vous pour vous préparer le matin?

20 minutes.

Que 20 minutes? Douche comprise?

Oui, oui, cheveux aussi, j’ai l’habitude. Je me mets du fard à joue depuis que j’ai 13 ans.

Sans quoi ne pouvez-vous pas sortir?

Sans mon anticernes.

Combien avez-vous de maillots de bain?

Une centaine?

Quoi? 100 maillots!

Oui, à peu près. Toutes les couleurs, les formes, les motifs, les marques. Du H&M à 50 francs au Isabelle Marant à 600 francs.

Dormez-vous sur le dos ou sur le ventre?

Les deux. Et je dors toujours très bien, il ne faut pas me déranger.

Êtes-vous jalouse quand vous êtes amoureuse?

Je suis la pire des jalouses! C’est maladif.

Jusqu’à vérifier ses SMS?

Non. Mais si je chope mon mec en train de me tromper, je lui plante un coup de couteau.

Durer

Vous êtes habitée par l’idée de durer. Comment durer?

Il faut apprendre à respecter les gens, il faut qu’il y ait de bons échos sur vous. Que des gens aient envie de travailler avec vous. Qu’ils sachent que vous êtes professionnelle, qu’ils aient envie de vous rappeler. C’est comme ça qu’on dure, pas en faisant des scandales, comme je pouvais le penser il y a quelques années. Je ne veux pas durer en faisant des Unes qui disent: «Nabilla a frappé tel ou tel». J’aimerais avoir une chronique TV, participer à un film.

C’est pour ça que vous êtes en train d’essayer de changer d’image?

C’est juste parce que je change vraiment. Me voir dans des scandales me faisait kiffer à 18 ans mais j’en ai 21, j’ai envie d’autre chose.

Quel genre de chronique TV avez-vous envie de faire?

Un truc décalé, sympathique, marrant, avec la «cool attitude». En apportant mon public jeune.

Ça sert à quoi, la «cool attitude»?

A ne pas se prendre la tête, à dire ce qu’on a envie de dire.

Dans quelle série TV aimeriez-vous tourner?

Je tourne déjà dans «Hollywood Girl». Mais peut-être «Desperate Housewives».

Le destin de Loana vous fait-il peur?

Oui, ça me fait peur.

Pourquoi croyez-vous qu’elle a craqué?

Je pense qu’elle était peut-être mal entourée. Et pas suffisamment solide. Elle s’est laissé dépasser par les médias.

Et vous, si tout retombait, vous survivriez?

Je travaille, il n’y a pas de raison que ça retombe. J’ai une philosophie, le secret: quand on croit quelque chose, qu’on se le répète matin, midi et soir et qu’on la veut vraiment, on finit par l’obtenir.

Mais si ça retombait quand même, que feriez-vous? Retourner aux Eaux-Vives et épouser un homme riche comme disait votre mère?

Elle n’a jamais dit ça. Elle est avec un mec qui vend du vin, qui n’est pas très riche mais très sympa. Elle est restée vingt ans avec mon père qui n’était pas riche non plus. Ce n’est pas sa philosophie. Pour moi, tout va très bien, il n’y a pas de raison que ça s’arrête.

Donc faire la une de «Playboy» n’est plus votre but?

Non.

Les petites filles

Quel conseil donnez-vous aux petites filles qui rêvent d’être vous?

Croire vraiment à ce qu’elles veulent, sans lâcher l’affaire.

Et quel conseil donner aux mères qui ne veulent absolument pas que leur fille devienne comme vous?

On ne peut pas empêcher quelqu’un de faire ce qu’il a envie de faire.

Y avait-il des mensonges dans cette interview?

Pas du tout.

Et ça, ça n’est pas un mensonge?

Non. J’espère juste que je n’ai pas dit trop de bêtises.

Pas assez, hélas. (Le Matin)

(Créé: 23.06.2013, 10h09)
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