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Radio Man, le SDF star de cinéma

Etats-Unis

Ami des célébrités, le sans-abri new-yorkais a aussi joué dans plus de 150 films. Portrait.

Par Fabio dell'Anna. Mis à jour le 24.02.2016

1/7 Radio Man ne se déplace jamais sans son vélo pour se rendre sur les tournages new-yorkais.
Alo Ceballos/FilmMagic/Getty Images

   

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Dans une rue froide de New York, au milieu des années 90, Radio Man, de son vrai nom Craig Castaldo, s’est approché d’un homme agenouillé qui semblait dans le besoin. «Peux-tu arrêter ce vacarme venant de ta radio, on est en train de tourner ici», s’est insurgé l’homme sur ces genoux. C’est ainsi que Radio Man a rencontré Bruce Willis et a touché au cinéma pour la première fois. Depuis, il est apparu en tant que figurant dans plus de 150 films, dont «Godzilla» «Shutter Island» et «The Other Woman». Amoureux du cinéma, il a décroché ses premiers rôles en débarquant sur les sets sans prévenir. Une méthode qu’il utilise encore maintenant. «Chaque jour est différent. Je téléphone aux maisons de productions et je me pointe à vélo sur un tournage. On verra bien s’ils ont besoin de moi». En 2012, c’est la consécration! Il a décroché son premier grand rôle. En effet, la Britannique Mary Kerr a voulu tourner un documentaire sur le SDF le plus connu du monde et ses relations avec les stars du showbiz. Beaucoup d’acteurs ont participé au film et ont donné leur avis sur le personnage. «Avec sa radio autour du cou, il est devenu un monument de New York, a confié Tom Hanks. Il est même plus célèbre que moi.» Mais pourquoi a-t-il gardé cet objet autour de son cou? «Les gens n’arrêtaient pas de me la voler, ils l’arrachaient de mes mains. Il s’agit de la seule solution pour la garder en sécurité.»

Il refuse de partir en Floride

Même si aujourd’hui, le New-yorkais se dit ravi de sa vie et qu’il n’habite plus dans la rue, son histoire n’a pas été un long fleuve tranquille. Radio Man est né et a grandi à Brooklyn. Son père était un machiniste, sa mère un mannequin qui n’a jamais réussi. «J’ai eu une enfance assez heureuse», a-t-il assuré. Il a vécu avec ses parents jusqu’à ses 20 ans, mais il n’a pas voulu les suivre en Floride. Depuis, il a erré dans les rues de la Grande Pomme. Entre trottoirs et magasins, son endroit favori pour dormir se trouvait sous les rails du métro 17: «J’entendais moins le bruit des transports publics et les rats étaient plutôt amicaux.»

Malgré cette misère, il a réussi à trouver un emploi. Il a travaillé dans un bureau de poste où il a passé ses journées à boire des bières. «C’était mon évasion. Je pensais que ça me donnait de la force comme Popeye avec ses épinards. J’étais juste seul et triste. Être sans abri, c’est être invisible. Les gens ne vous considèrent plus comme une personne.» Malheureusement, son addiction a empiré. Jusqu’au jour où Radio Man a dénigré une policière sans raison. Il a ensuite été placé dans un centre hospitalier pendant deux mois et s’est soigné contre son alcoolisme. «C’était une expérience horrible, je ne voulais pas du tout m’en sortir», a-t-il raconté. Aujourd’hui, il est sobre depuis 20 ans.

Une avalanche de compliments

Le SDF est resté marié «pendant environ sept ans, mais ça n’allait pas trop bien.» Il n’a jamais voulu s’étaler à ce sujet dans ses interviews, il préférait rebondir sur ce qui lui réussissait le mieux: les relations avec les stars. Ses célébrités préférées sont notamment Russell Crowe, et George Clooney: «Vous ne vous attendez pas qu’un gars avec beaucoup d’argent, la gloire et la beauté ne soit pas con», a-t-il plaisanté. Pierce Brosnan a tellement apprécié sa compagnie qu’il lui a offert sa montre portée dans le James Bond «Meurs un autre jour». Helen Mirren le trouve «cool» tandis que l’actrice Tilda Swinton pense qu’il est doté d’une grande sensibilité et qu’il a compris l’esprit d’équipe dans le septième art. Mais la description la plus touchante vient de Whoopi Goldberg qui l’a invité, en 2002, aux Oscars alors qu’elle les présentait. «Il reste un mystère pour beaucoup de monde, mais est-ce que j’aimerais qu’il devienne quelqu’un d’autre? Non.» (Le Matin)

Créé: 24.02.2016, 06h37

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