ACCUEIL 23.7.2014 Mis à jour à 20h53

Interview croisée de Claude et Bastian Baker

Passion

Claude Nobs, le patron du Montreux Jazz, avait reçu Bastian Baker chez lui, à Caux, pour parler de leur passion commune

Par Didier Dana. Mis à jour le 11.01.2013
Pour Nobs et Baker, la musique est un trait d’union. Claude Nobs a offert à Bastian le double CD et DVD de Led Zeppelin. Et l’a emmené à Londres, avec sa mère qui fêtait ses 50 ans, voir les Stones.

Pour Nobs et Baker, la musique est un trait d’union. Claude Nobs a offert à Bastian le double CD et DVD de Led Zeppelin. Et l’a emmené à Londres, avec sa mère qui fêtait ses 50 ans, voir les Stones.
Image: Yvain Genevay

(Image: Yvain Genevay)

VERNISSAGE DIMANCHE!

«Bastian Baker plays Montreux Jazz Festival» est un DVD événement. La spontanéité du chanteur et sa maîtrise de la scène à 21 ans, en font l’un des artistes francophones les plus prometteurs du moment. Le DVD sera verni en public, dimanche 9 décembre au Casino de Montreux à 17 h.

Au programme: Dédicace, projection du concert et show case de Bastian Baker.

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Leur lien évident, c’est la musique et un sens de l’humour ourlé de malice. Claude Nobs, le patron du Montreux Jazz, a reçu Bastian Baker chez lui, à Caux, pour parler de leur passion commune et du DVD enregistré cet été à Montreux. Il sort aujourd’hui jeudi et sera verni dimanche en public. Un témoignage de la précocité rare du chanteur romand de 21 ans.

– Claude Nobs, Bastian Baker, qui joue chez vous à 21 ans, à qui vous fait-il penser?

Claude Nobs. – Le premier qui me vienne à l’esprit, c’est Tim Buckley, le père de Jeff. Il était fou. Bastian a cette même passion, cette force, même sur le plan des paroles. Le faire jouer en ouverture du festival, le 29 juin, était une façon de l’imposer et un énorme challenge. Mais j’étais sûr que ça se passerait plus que bien.

– Comment l’avez-vous découvert?

C. N. – La première fois, c’était à Zermatt. Je ne le connaissais pas. On avait emmené toute l’équipe de Montreux à l’occasion du festival Zermatt Unplugged. Et là, dans un bar enfumé, au milieu des fins de raclettes, j’ai entendu chanter quelqu’un et je me suis dit: «Je rêve, on n’est pas à Zermatt au milieu de nulle part.» Ça a été un coup de cœur immédiat. Je suis assez timide pour approcher les artistes. Que ce soit Bastian, sans le connaître, ou Bob Dylan. Les musiciens, pour moi, c’est quelque chose de tellement fort. Et lui, cet ancien joueur de hockey professionnel, avait déjà, si jeune, un passé musical.

– Bastian, après cette folle année 2012 – concerts, télé sur TF1, voyages – comment faites-vous pour garder la tête froide et composer?

Bastian Baker. – Un soundcheck reste un moment de création. Une journée de promo avec ma guitare aussi. Mon premier album, je l’ai écrit dans ma chambre, retiré. Je remarque qu’il est possible de créer sur la route. Toutes ces activités, ces rencontres sont devenues de nouvelles sources d’inspiration.

– Claude Nobs, en intro du DVD, on découvre vos talents de comédien, grimé, une canne de hockey à la main, vous faites le show.

C. N. – Je devais arriver en Queen Elisabeth II. Une fois, je suis venu annoncer un concert en tutu. Un type a dit: «C’est pas Nobs, il a pas de si belles jambes!» ( Rires.)

– Bastian, que représente Montreux pour vous?

B. B. – C’est quelque chose d’immense, tout près de moi qui ai grandi à Villeneuve. La scène off, j’y passais mes vacances avec mes parents depuis l’âge de 3 ans. Un jour, grâce au «Matin» qui avait une cabine d’enregistrement sur son stand, j’ai fait une chanson dans le hall du Stravinski. Ensuite, j’ai joué au festival off. Ce jour-là, je m’y suis rendu en transports publics. Cette année, pareil. J’ai pris le bus devant chez moi aux 06 et j’étais sur la grande scène, là où ont joué les plus grands. Le Montreux Jazz, c’est plus Bastien Kaltenbacher (ndlr: son vrai nom) que Bastian Baker. Montreux, c’est mes racines. Dans le DVD, on voit dans mes yeux, le doute, le plaisir et l’honneur!

C. N. – C’est très beau ça…

– Vous composez depuis l’âge de 7 ans.

B. B. – Créer a toujours fait partie de moi. En première primaire, j’avais un groupe, Les Tigres du Feu, qui associait tous les gens de la classe. Je trouvais une utilité à chacun. La prof était notre unique spectatrice. Ce côté rassembleur qu’a la musique, faire participer les autres, en être le chef d’orchestre, créer, c’est quelque chose que je faisais déjà instinctivement. A 10 ans, j’ai écrit une intrigue qui se passait sur une île. Ensuite, j’ai eu envie de monter un film pendant mes vacances d’été. Mes sœurs étaient mes actrices. C’était mon hobby, c’est devenu ma passion.

– Et la guitare?

B. B. – Je me souviens avoir fondu en larmes à 7 ans et ma mère m’a demandé: «Que se passe-t-il?» Je lui ai répondu: «J’ai envie de jouer de la guitare.» C’était un besoin, un truc dans mon ventre. Il fallait que je m’exprime. Je suis conscient du temps qui passe. A 18 ans, la rupture avec l’enfance a nourri mon premier album très introspectif.

– Vous vous souvenez de la musique qui a tout déclenché?

C. N. – Queen! Je devais avoir 6 ou 7 ans. Mon premier CD acheté a été leur «Greatest Hits». J’étais seul dans ma chambre et je me suis dit: «C’est fou l’émotion que la musique peut transmettre.» La voix de Freddie Mercury, pour moi, c’est The Voice.

– Claude Nobs, vous avez bien connu Freddie Mercury et Queen. Ils ont enregistré aux studios Mountain, tout près d’ici.

C. N. – J’ai une petite histoire avec Queen et Bowie. J’habitais encore à Territet. Nous avions fait un barbecue sur la terrasse. Vers minuit, j’avais dit à David, Freddie et les autres: «Vous faites quoi maintenant, là? Allez au studio, il y a David Richards (ndlr: ingénieur du son du Mountain Studio). Faites quelque chose!» Eux: «Faire quoi?» J’ai dit: «J’en sais rien. Je les ai vraiment expédiés: «Go! Go there!» Trois heures plus tard, ils reviennent et m’annoncent: «On a enregistré «Under Pressure»!» Le seul morceau jamais réalisé avec Queen et David Bowie était fini, mixé, prêt.

B. B. – Un de mes favoris! ( Bastian chante, les bras levés.) «Can’t We Give Ourselves One More Chance…» ( Nobs se marre.)

– Bastian, vous avez été nourri à R.E.M. et Led Zeppelin.

(Il chante.) «Baby I’m Gonna Leave You»… Celui dont je n’ai jamais parlé et qui m’a fait découvrir énormément de choses, c’est mon prof de guitare, Ignacio. Grâce à lui, j’ai appris «Creep» de Radiohead, «Baby I’m Gonna Leave You» de Led Zep: le morceau le plus trippant de l’histoire! (Il part dans des borborygmes, imitant la batterie.)

– On voit Bastian chanter «Give Me Your Heart» sur le DVD, guitare en main et l’émotion est intense. Il a un sens rare de la mélodie.

C. N. – A qui le dites-vous! C’est le gros problème aujourd’hui. Qui peut chanter le top 10? Bastian, lui, prend son instrument et ça y est. C’est fabuleux d’avoir une telle force. C’est en lui, dans son corps, dans son âme. La spontanéité n’existe plus. Aujourd’hui, on fait de l’hyperproduit en 2 minutes. Et c’est d’une médiocrité totale.

B. B. – Cette chanson acoustique n’a pas besoin d’artifice. C’est un cri. Je la vis intensément. Elle sera sur mon prochain CD.

– Le clip d’«Hallelujah» figure sur le DVD. Un titre que vous avez enregistré en une prise, à la guitare.

B. B. – NRJ le joue 10 fois par jour alors qu’avant et après ils passent de la dance. C’est ça dont je suis le plus fier!

– A vous écouter, on sent que l’aventure montreusienne, Nobs et Baker, ne fait que commencer.

C. N. – Bastian m’a impressionné sur le plan de l’authenticité. Il n’y a pas d’emballage bidon. Ce qu’on voit, c’est ce qu’on a. Si tu veux venir avec un projet, avec Stress, ma porte est ouverte. A Montreux, il n’y a pas de limites.

B. B. – C’est ce qui fait le caractère unique de ce festival. Pour moi, c’est quand tu veux! (Le Matin)

Créé: 11.01.2013, 00h07

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