ACCUEIL 30.7.2014 Mis à jour à 04h15

«Billy Elliot, c'est moi!»

Interview

Enfant adoptif d’un couple de Zurichois, Chehon Wespi-Tschopp, ce Suisse de 23 ans, a remporté le titre de meilleur danseur à Hollywood. Exclusif.

Par Henry Arnaud, Hollywood. Mis à jour le 10.10.2012

1/13 Photo: Gilles Toucas

   

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Il s’appelle Chehon Wespi-Tschopp ( ndlr: prononcer Ké-on ), ce jeune Zurichois de 23 ans a remporté le titre de meilleur danseur de l’année aux Etats-Unis lors de la finale de l’émission de télé-réalité «So You Think You Can Dance». Un carton d’audience sur Fox TV avec 7 millions de téléspectateurs par semaine. Né à Chicago, Chehon a été abandonné à la naissance et n’a jamais connu ses parents. Adopté par un couple suisse expatrié aux Etats-Unis, son parcours s’est transformé en conte de fées. Timide et réservé de prime abord, il se met à danser dès qu’il entend de la musique et s’épanouit. Rencontre.

- Chehon, avec vous la Suisse se découvre une star. Comment êtes-vous parti à la conquête du titre de meilleur danseur à Hollywood dans un show de télé-réalité?

Je me suis présenté comme des milliers d’autres, juste pour l’expérience. «So You Think You Can Dance» oblige les candidats à passer d’un style de danse à un autre. Je connais mes compétences en classique, mais pas en salsa, en tango ou en paso-doble. Et, j’ai été obligé de m’adapter. Et j’ignorais tout du hip-hop ou du disco.

- Vous avez été adopté à la naissance. Quel est votre rapport à la Suisse?

Mes parents adoptifs étaient installés à Chicago, où mon père, banquier, travaillait depuis bientôt 20 ans. Nous sommes partis en Australie avant de rentrer nous installer en Suisse. J’avais 5 ans. Nous rentrions à Zurich chaque année pour les vacances. D’ailleurs je pense souvent à notre maison familiale sur la colline qui domine le lac de Zurich. J’y ai passé toute mon enfance et mes parents y habitent.

- Vous sentez-vous plutôt Suisse ou Américain?

Suisse depuis toujours et au fond de moi. Mes parents, Edith et Beat, ne me parlaient qu’en suisse allemand à la maison. J’ai appris l’anglais à l’école, bien plus tard. Même si j’ai vécu les 5 premières années de ma vie à l’étranger, entre l’Amérique et l’Australie, c’est en Suisse que je me sens chez moi. J’ai toujours vu la Suisse comme mon unique pays.

- Qu’est-ce qui vous manque de la Suisse maintenant que vous vivez à Hollywood?

La neige et l’air frais! Le froid, j’adore ça. Ma famille me manque. Ma mère est venue m’encourager pendant l’émission. Comme je suis devenu un pro de Skype, je parle tous les jours à mes parents et mes grands frères restés en Suisse.

- Comment s’est manifestée votre envie de danser?

Enfant, je dansais tout le temps et je faisais des shows pour mes parents dans le salon. Je suis issu d’une famille d’artistes. Ma mère est sociologue et peintre, mon père adore la sculpture. J’ai deux frères plus âgés, l’un est dans les arts graphiques et l’autre musicien.

- Y a-t-il eu un moment-clé?

Lorsque mes parents m’ont emmené voir «Le lac des cygnes». En rentrant, j’imitais les danseurs classiques dans ma chambre.

- Qu’est-ce qui vous a poussé vers les premiers cours?

«Billy Elliot» a été un flash. Ce film, c’est ma vie, ce garçon, c’est moi. J’ai même passé une audition dans l’école où il se rend à la Royal Ballet School de Londres. Avant, je me suis inscrit à 13 ans, à Zurich, à l’école du ballet de l’Opéra, chez Doris Catana, qui a été formidable. Au début, je me contentais de regarder, puis j’ai voulu me lancer.

- Quel a été votre parcours?

J’ai passé des auditions à 14 ans afin d’entrer à l’école du ballet de Stuttgart et de Hambourg. J’ai été accepté dans les deux. Mes valises étaient prêtes lorsque mes parents ont reçu un appel de la Royal Ballet School. Ils avaient visionné des vidéos mais ne prenaient jamais d’enfants étrangers aussi jeunes. Ils m’ont demandé de venir à Londres le lendemain, prêts à faire une exception pour moi. C’est ainsi que j’ai passé mon adolescence dans un internat mixte où garçons et filles n’étaient là que pour danser. Le bâtiment est dans le jardin de Richmond, propriété de la famille royale. J’avais l’impression de vivre dans les décors des Harry Potter, mais à la place des magiciens il y avait des danseurs.

- Vous n’avez jamais songé à faire carrière en Suisse?

Après six années en Angleterre on m’a proposé d’intégrer le Ballet de Zurich, mais j’aime trop la diversité. J’ai donc passé une audition à New York, où l’on m’a offert un rôle à Broadway dans la troupe de Twyla Tharp pour «Come Fly Away».

- Quels sont vos projets?

Je vais rester à Los Angeles et prendre des cours d’art dramatique dans le but de jouer dans des films ou des séries. Je voudrais aussi me consacrer davantage à la chorégraphie.

- Et la Suisse?

Mon pays me manque. J’aimerais y revenir plusieurs fois par an. Mais je veux aller au bout de mon aventure à Hollywood avant de songer à un retour définitif à la maison.

- Question importante: Chehon, êtes-vous amoureux?

De la danse, oui! ( Rires.) Je suis célibataire et libre comme l’air. Je bouge beaucoup trop pour songer à avoir une copine. Cela fait des mois que je vis avec une valise. Je n’ai pas d’appartement à Los Angeles. J’habite chez des amis. J’ai toujours appris à me débrouiller seul, car j’ai quitté la maison à 14 ans. J’ai plein de copains, mais la danse est ma seule maîtresse.

(Le Matin)

Créé: 10.10.2012, 09h55

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Aucun commentaire pour le moment

Portail annuaire/services

Commerce

Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne