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McDoom fait son cinéma

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L’animateur de «La folle route» a décroché un grand rôle aux côtés d’Anémone, Mathilde Seigner et Victoria Abril. Interview.

Par Trinidad Barleycorn. Mis à jour le 12.06.2012
Vincent McDoom, né le 27 octobre 1965 à Sainte-Lucie, est une figure incontournable du petit écran depuis «La ferme Célébrités» en 2004. Mais avant cela, il avait déjà fait carrière dans la mode.

Vincent McDoom, né le 27 octobre 1965 à Sainte-Lucie, est une figure incontournable du petit écran depuis «La ferme Célébrités» en 2004. Mais avant cela, il avait déjà fait carrière dans la mode.
Image: AFP

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Après avoir travaillé dans la mode et avoir conquis le petit écran avec ses nombreuses émissions, Vincent McDoom, le plus français des Anglais, se lance à l’assaut du septième art. L’animateur jet-setteur, que l’on avait vu dans «Paris selon Moussa» en 2003, a en effet décroché un des rôles principaux d’«Avis de recherche», une comédie décalée de Franck Phelizon, tournée cet été. Pour lui donner la réplique, il n’aura pas moins qu’Anémone, Mathilde Seigner et Victoria Abril en face de lui! «Je joue le rôle d’un prostitué qui se retrouve malgré lui secrétaire dans l’ancien cabinet de Sigmund Freud, tenu par Anémone», détaille Vincent McDoom, à peine remis de ses aventures sur le tournage des épisodes d’été de «Fort Boyard».

Etes-vous nerveux à l’idée de tourner dans ce film?

Je suis très nerveux, mais j’ai vraiment hâte de commencer. Le tournage débute le 2 août. Je suis stressé à l’idée de ne pas être à la hauteur. Même si la première lecture s’est très bien passée. Le réalisateur a apprécié mon naturel. Je devrai donner le meilleur de moi et surtout apprendre des grands acteurs qui m’entoureront sur le plateau.

Le cinéma, c’était votre rêve?

J’ai très souvent émis le souhait d’en faire. Mais, en France, nous ne sommes pas aussi avancés qu’aux Etats-Unis. Il y a peu de rôles pour des gens comme moi. La plupart du temps, ces personnages sont caricaturaux. Ou alors ce sont des victimes. En France, on fait encore un drame de la sexualité. Alors que dans le monde, les choses bougent. Aux Philippines, un travesti est entré au gouvernement. Miss Univers vient d’ouvrir son concours aux transsexuels. L’androgyne Andrej Pejic défile chez les hommes comme chez les femmes. Le mannequin star de Givenchy est un transsexuel… On existe de plus en plus dans la société. «Avis de recherche» avec moi dans un rôle principal, c’est un hymne à la tolérance et à la normalité.

Les choses bougent, mais à la télévision, les minorités quelles qu’elles soient restent rares.

C’est vrai. Au cinéma, trop souvent encore quand un Noir a un rôle, c’est pour jouer les racailles de quartier. En cela, le succès d’Omar Sy est magnifique. Il a su briller par son talent. Mais à la télévision, les minorités ont encore trop souvent l’air de Blancs. Regardez Harry Roselmack. Je dis toujours qu’il a l’air d’un Blanc trempé dans du chocolat!

Vous vous sentez le devoir de représenter les minorités?

Non, je ne veux pas être le porte-drapeau d’une cause. Si c’est ainsi qu’on me voit, c’est bien malgré moi. Je suis un être humain. C’est tout. Si je suis encore à la télé aujourd’hui, c’est parce que je fais bien mon métier que j’adore. Et pas parce que je suis un homme habillé en femme. Au début, on m’invitait sur les plateaux juste pour «voir une folle» et faire monter l’audimat. Le métier n’est pas tendre avec ceux qui sont différents. Mais aujourd’hui, on me prend au sérieux. J’ai mérité ma place.

La route a été longue?

Le public m’a découvert dans «La ferme Célébrités» en 2004. Il m’a accepté car je ne lui ai jamais menti. Mais les investisseurs sont moins tolérants. Je suis donc très fier de mon émission avec Magloire, «La folle route». Elle a eu beaucoup de mal à voir le jour parce que certains hésitaient à acheter un format avec deux garçons hauts en couleur. Au final, on l’a vendue à 5 ou 6 chaînes. «Running in Heels», que je présentais sur AB1, a aussi été un franc succès. Tout comme «Vincent McDoom à la conquête de Hollywood». On prépare d’ailleurs des suites à Shanghai et à Tokyo.

Comment s’est passé le tournage de «Fort Boyard»?

C’était une expérience incroyable dont j’avais longtemps rêvé. Mon équipe (ndlr: avec notamment Hélène Rollès et Patrick Puydebat) était très soudée. J’ai pu faire mon premier saut à l’élastique. Ce que je redoutais le plus, c’est la cabine remplie d’insectes. Evidemment, c’est tombé sur moi. (Rires.) Mais ce n’est qu’une phobie. Ça va. Dans la vie, je n’ai qu’une crainte: Dieu. Je suis très croyant.

On vous connaît aussi pour votre collection de souliers!

Oh oui! (Il éclate de rire.) J’en ai 1500 paires! Ce sont des œuvres d’art à mes yeux. Quand j’aime, j’achète. Les créateurs m’offrent aussi des paires. Je chausse du 37 et demi donc pas de souci.

Vous consacrez beaucoup de temps à soigner votre look?

Disons que quand je sors de chez moi, je préfère faire rêver. Je ne sors jamais sans rouge à lèvres et sans beaux souliers. Je dis toujours: «Quand le haut et le bas du corps sont bien, on a l’impression que le reste suit!» (Rires.)

Vieillir vous fait peur?

Pas du tout. Je suis fier de dire que j’ai 47?ans. Et que je n’ai jamais eu recours à la chirurgie. Pas comme certains qui ont l’air tout droit sortis d’un bocal à poissons. Je n’ai pas de faux yeux, pas de faux cheveux. Mes cheveux, je les dois à mon métissage: je suis Anglais de Sainte-Lucie avec un nom écossais mais avec des origines espagnoles, portugaises, noires et indiennes. (Pause.) Chez moi, tout est naturel. En fait, je suis une star «bio»! (Rires.)

Vous rêvez de vous marier. C’est pour quand?

Oui, je suis avec mon ami, un mannequin de 28?ans, depuis 1?an et demi et il m’a demandé en mariage. Mais je ne le ferai pas à l’étranger. Je veux attendre que le mariage homosexuel soit légalisé en France. La France m’a tout donné. C’est mon pays désormais. Je ne partirai pas. Tout comme je ne paierai jamais mes impôts à l’étranger pour économiser de l’argent. Ma vie est ici même si je retourne voir ma famille chaque année. Elle me permet de garder les pieds sur terre.

Vous voulez des enfants?

Oui. Dommage que les adoptions soient facilitées pour les riches alors qu’il y a tellement de personnes qui ont tant d’amour à donner. Apparemment, les lois ne sont pas les mêmes pour Madonna que pour Vincent McDoom… Et ce n’est pas la gay pride qui va nous aider!

Pourquoi?

La gay pride est devenue une grosse pub pour les enseignes gays. Est-ce qu’on va gagner le respect en se montrant les fesses à l’air? Est-ce qu’on a envie d’accepter l’adoption homoparentale quand on voit ça? Je ne pense pas. Et pourquoi pas faire une Black pride? Ou une naine pride avec Mimie Mathy en tête de cortège? La cause, qui était juste à la base, s’est perdue en cours de route. La vraie gay pride, le vrai combat, c’est tous les jours qu’on le mène. Je n’ai pas besoin de me mettre une plume dans le cul et de danser sur un char pour savoir cela malheureusement. (Le Matin)

Créé: 12.06.2012, 22h30

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