Mardi 30 août 2016 | Dernière mise à jour 21:52

Exclusif Orianne Collins: «Paralysée, je vis un cauchemar»

L’ex-épouse de Phil Collins, batteur et chanteur de Genesis, maman de trois enfants, est en chaise roulante après l’opération d’une hernie. Plainte déposée.

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L'avis du Dr John-Michael Duff, neurochirurgien au CHUV, Lausanne

Une opération d’une hernie cervicale est-elle délicate?

Oui, c’est une opération délicate, car il s’agit d’opérer un matériel qui compresse un nerf. Il s’agit de le libérer sans toucher le nerf.

Existe-t-il le risque que la moelle épinière soit touchée?

Oui, il existe ce risque notamment lors d’une opération d’une hernie cervicale. Alors la mobilité des quatre membres peut être touchée; il est théoriquement possible d’être paralysé, mais c’est très rare.

Y a-t-il beaucoup de cas dans lesquels l’opération d’une hernie puisse mal tourner?

Le taux de complication est de 5 à 7% des opérations et pour les cas plus graves c’est moins de 1%.

Qu’est-ce que le syndrome de Brown-Séquard?

Il s’agit d’une lésion (blessure) d’un côté de la moelle épinière qui touche la motricité du même coté du corps et la sensibilité de l’autre coté du corps. C’est une lésion très rare.

Peut-on s’en remettre rapidement?

Non, on ne s’en remet pas rapidement et surtout pas complètement.

«Il n’y a pas eu d’erreur médicale, mais une complication»

Contacté, le médecin qui a opéré Orianne Collins, le 16 décembre dernier, a accepté de s’exprimer dans les colonnes du «Matin». Il est tenu par le secret médical, mais il confirme l’acte chirurgical. «Il n’y a pas eu d’erreur médicale, mais c’est une complication. Un aléa thérapeutique. Je continue à la suivre et nous entretenons d’ailleurs un lien de confiance, je l’ai encore vue vendredi passé», explique-t-il. Il ajoute vouloir en tant que chirurgien «assumer toujours la prise en charge de ses patients, le suivi, les résultats et les complications. L’important c’est qu’elle se bagarre, qu’elle puisse avoir du soutien et qu’elle garde confiance en son équipe.» Alors qu’une enquête pénale est en cours, ce médecin va être auditionné par le procureur Christian Buffat, en charge du dossier. Selon le rapport de l’intervention chirurgicale, on parle pour l’heure de «complication spontanée et rarissime».

En effet, le procureur précise qu’«à ce stade, l’instruction qui a été ouverte par plainte pénale du 31 décembre 2014 n’est pas dirigée contre un quelconque prévenu. L’enquête est menée en vue de déterminer les causes des lésions corporelles subies par la plaignante.»
L’avocat d’Orianne Collins, Me Lionel Zeiter, confirme que «ce médecin est bien venu la trouver vendredi dernier après une IRM, pour les prochains traitements de corticoïdes, c’est un autre médecin qui la suit.»

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Lorsqu’elle entre dans la pièce, dans le salon d’une clinique privée de réadaptation, on peine à la reconnaître. Visage tendu et regard fixe, main tremblante, Orianne Collins se déplace désormais en chaise roulante. La Vaudoise de 42 ans nous a reçus hier afin de raconter son cauchemar. «Le 16 décembre dernier, j’ai été opérée d’une hernie cervicale. Après l’intervention, je me suis réveillée paralysée. Plus aucune sensation du haut du corps jusqu’au bout des pieds.»

Tout a commencé par des douleurs persistantes au niveau de l’épaule droite et de la nuque. Malgré la prise d’antalgiques, des sensations insupportables l’ont poussée à quitter Miami. C’est là qu’elle s’est installée et vit avec son mari et ses trois garçons. Deux aînés de 14 et 10 ans conçus avec l’ex-membre de Genesis, le batteur, chanteur et compositeur Phil Collins, et un troisième âgé de 3 ans avec Fouad Mejjati Allami, son époux. Orianne est habituée aux allers et retour entre les continents pour ses affaires. Mais l’urgence médicale lui ordonne de rentrer dans son pays d’origine afin de se faire opérer.

«Je préférais revenir en Suisse pour la qualité des soins. Nous avons ici de bons médecins. C’était la meilleure solution. J’ai pensé être entre de bonnes mains. On enlève la hernie. On met une prothèse. Après trois jours on m’avait assuré: «Vous rentrez chez vous.»

Les choses ne vont pas se passer comme prévu. «Au réveil, je ne sentais plus rien. Il y a comme un vent de panique autour de moi. C’était un grand choc. Je ne m’attendais pas à ça. Je me posais la question: «Est-ce que je vais m’en sortir?» Après l’intervention, Orianne Collins est soumise d’urgence à une IRM. La vérité tombe, implacable: «La moelle épinière était touchée, affirme-t-elle. Conséquence, il y avait un œdème, ce qui expliquait ma paralysie.»

Le soir même, un professeur viendra la voir. «Il m’a expliqué froidement ce qui s’était passé. C’est une opération bénigne. Cela n’arrive, selon eux, que dans un cas sur 10 000. J’étais le cas sur 10 000.» Son drame porte un nom: le syndrome de Brown-Séquard. Ce syndrome neurologique englobe des troubles sensitifs et moteurs (voir encadré).

Lorsqu’elle parle, Orianne tient dans sa main gauche une balle orange qu’elle malaxe. «Ma main commence à être atrophiée, j’ai une raideur au niveau des doigts de ce côté. J’ai repris 30% de mes capacités dans le bras. A droite, j’ai récupéré 40 à 50% de mes capacités. Tous les jours je m’exerce pour me fortifier et réapprendre à marcher. Ma jambe gauche est complètement paralysée, je n’ai plus aucune sensation. La droite fonctionne, mais là encore je suis complètement insensible à la chaleur et à la douleur», nous dit-elle.

Orianne Collins restera une semaine dans l’établissement où s’est déroulé le drame avant d’être transférée dans une clinique spécialisée dans la rééducation. Il ne lui reste plus que sa combativité, le soutien de sa mère, de ses proches, afin de récupérer ses capacités physiques. Baisser les bras? Pas question. «En arrivant, ils n’étaient pas très optimistes. On ne donnait pas cher de ma peau. Mais je me suis dit: «Ça s’est passé, c’est un accident, cela peut arriver à n’importe qui. Je ne veux pas réfléchir autrement, sinon cela devient un chaos d’interrogations dans ma tête». Tous les jours j’ai 6 traitements de 8 h 30 à 17 h. Physiothérapie, ergothérapie, exercices en piscine, du lundi au vendredi. Le week-end, je continue seule. Mais, j’ai toujours mal. Comme avant l’intervention.»

«Je veux comprendre..»

Son moteur? «Je me bats pour mes enfants, dit-elle la voix soudain étranglée par l’émotion. Je veux pouvoir les retrouver au plus vite. Je leur parle tous les jours grâce à Facetime (ndlr: vidéo par téléphone). Je leur ai expliqué ce qui s’était passé.» Pour elle, retourner à Miami et à ses activités commerciales n’est pas encore au programme. «J’ai ouvert une boutique de joaillerie là-bas. La distribution est assurée par le puissant groupe américain Neiman Marcus et j’ai démarré la Fondation Little Dreams aux Etats-Unis depuis un an.» Encore faut-il pouvoir voyager. «Je ne peux pas prendre l’avion à cause de l’œdème. J’espère y retourner d’ici trois semaines à un mois. Ma vue a fortement baissé, je dois désormais porter des lunettes.» Deux solutions s’offrent à elle pour résorber le mal. «Je vais commencer par un traitement à base de corticoïdes. Des doses de cheval, 1000 mg par jour sur une période de 5 jours, ou alors une nouvelle opération. Mais c’est urgent!» Le traumatisme est profond. «Je rêve souvent que je me réveille paralysée. Je suis allongée et je n’arrive plus à bouger.»

Orianne Collins veut comprendre. Le 31 décembre, elle a déposé une plainte pénale (lire ci-contre). «S’il y a une erreur, il faut qu’elle soit réparée. Je veux comprendre, honnêtement. Il me faut des réponses, même si c’est la faute à pas de chance.» Avant de quitter la pièce, elle se projette dans l’avenir et rêve de Zermatt, une station qu’elle a beaucoup fréquentée. «Si je remarche un jour, je veux monter au sommet du Cervin.» (Le Matin)

(Créé: 05.02.2015, 06h37)
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