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La première dame du Qatar invente le glamour islamique

Séduction

La cheikha Mozah Bint Nasser vient de s’offrir la maison de couture Valentino.

Par Michel Audétat. Mis à jour le 21.07.2012 3 Commentaires

1/7 Avec son mari et le couple Sarkozy-Bruni
visual Press Agency

   

En dates

1959
?Naissance
Elle est la fille de Nasser al-Missned, opposant à la dynastie régnante au Qatar.

1977
?Mariage
Devient la deuxième épouse de Hamad
bin Khalifa al-Thani, actuel émir du Qatar.

1986
Etudes
Obtient un diplôme
de sociologie.

1996
?Engagement
Crée la Fondation du Qatar pour l’éducation.

2003
?Visibilité
Se montre pour la première fois
à la télévision aux côtés
de son époux.

2011
?Élégance
Obtient la deuxième place dans le classement des femmes
les mieux habillées au monde du magazine Vanity Fair.

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Question glamour, la cheikha Mozah Bint Nasser ne craint personne dans les monarchies du golfe Persique. Deuxième épouse de l’émir du Qatar, qui en a trois, elle vient de s’offrir (via le fonds d’investissement qatari Mayhoola for Investments SPC) la maison Valentino qui, en ses jours glorieux, habillait Jacky Kennedy et Audrey Hepburn. Le niqab n’est pas du tout son genre, même s’il est celui imposé à ses concitoyennes: l’an dernier, le magazine Vanity Fair a rangé cette amoureuse des grandes marques à la deuxième place dans son classement des femmes les mieux vêtues au monde.

Turbans, tailleurs de couleurs vives, robes serrées à la taille, ceintures serties de perles et de diamants… Cheikha Mozah promène un look sophistiqué et subtilement rétro qui contribue à la réputation de ce minuscule royaume saisi par la folie des grandeurs (lire encadré). En 2009, quand elle avait accompagné son mari à l’Elysée pour dîner avec les Sarkozy, le quotidien du Golfe The National s’était réjoui que Carla Bruni fît «pâle figure» en regard de sa beauté rayonnante. La cheikha Mozah éblouit, subjugue, fascine. Elle possède ce qui est refusé aux autres femmes de la péninsule Arabique: la visibilité.

Mariage de raison

Comment devient-on la cheikha Mozah lorsqu’on est une jeune fille née dans un pays de Bédouins sur lequel souffle le vent puritain de l’islam wahhabite? Rien n’évoque la femme émancipée dans les circonstances qui, en 1977, l’ont jetée dans les bras du cheikh Hamad bin Jassim al-Thani: fille de Nasser al-Misnad, qui fut un opposant à la dynastie régnante, elle a été mariée au futur homme fort du Qatar afin de sceller un accord de réconciliation entre les deux familles. L’amour s’est-il ensuite glissé dans le mariage de raison? Mystère. La vie sentimentale du couple est un secret bien gardé.

En 2003, la voilà qui sort tout à coup de l’ombre en apparaissant à la télévision aux côtés de son mari. Stupeur des Qataris: jusque-là, il leur était même interdit de la prendre en photo. C’est ainsi que débute la carrière au grand jour médiatique de celle qui a donné à l’émir sept de ses vingt-sept enfants. Elle jouit depuis lors d’un droit à la visibilité que ne partagent pas les deux autres épouses du cheikh Hamad al-Thani.

Aujourd’hui, la cheikha Mozah est à la tête de la Fondation du Qatar, très richement dotée, qui investit dans les domaines de l’éducation et de l’enseignement. Elle dirige également une Fondation arabe pour la démocratie qui joue notamment un rôle de médiateur dans le dossier mauritanien. Et les titres officiels ne manquent pas à cette diplômée de sociologie qui, au Qatar, préside le Conseil suprême pour les affaires familiales depuis 2002. En outre, au plan international, l’Unesco l’a désignée comme ambassadrice pour l’éducation de base et l’enseignement supérieur. Ajoutons que cette «fashion victim» a aussi créé le Qatar Luxury Group (QLG) avec lequel elle entend se constituer un portefeuille de griffes prestigieuses: c’est ainsi que la marque de maroquinerie Le Tanneur est passée entre ses mains l’an dernier.

Directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM), à Genève, le politologue Hasni Abidi l’a rencontrée à plusieurs reprises, à Doha ou à Paris. Il en parle comme d’une «réformatrice, élevée dans une famille frondeuse, qui impressionne par son allure altière et son assurance». On lui prête aussi une vive intelligence et une influence prépondérante sur son mari. C’est elle qui serait derrière la décision de l’émir, prise en 2003, de modifier l’ordre de la succession royale au bénéfice du fils aîné qu’elle lui a donné.

Certains vont jusqu’à soutenir que, rusée en diable, elle serait la véritable instigatrice du coup d’Etat à la Brutus de 1995: profitant d’une convalescence de son père sur les rives du Léman, le cheikh Hamad l’avait alors renversé pour prendre sa place. De ce moment date le saut du Qatar dans une modernité d’avant-garde. La chaîne d’information Al-Jazira est créée l’année suivante. Et les projets vont bientôt se multiplier dans «l’économie du savoir». Assis sur la fortune que lui procurent ses immenses réserves de gaz naturel, ce royaume pas plus grand que la Suisse romande s’est mis à cultiver une ambition de puissance régionale. Dans ce jeu politique qui n’a pas fini de se déployer, l’épouse de l’émir joue la carte du charme.

Féminisme islamique

Mais elle incarne aussi toutes les contradictions du Qatar actuel. Elle vante la démocratie dans un pays qui tolère bien peu l’opposition politique. Elle affiche des valeurs culturelles auxquelles la société qatarie demeure imperméable, goûtant, par exemple, les concerts de l’Orchestre philharmonique du Qatar qui réunissent des musiciens recrutés à l’étranger et un public d’expatriés. Et elle revendique le féminisme alors que le Qatar sponsorise l’islamisme de la Libye au Mali en passant par la Syrie.

Peu sensible aux femmes du monde arabe qui se battent pour se soustraire à la férule religieuse, la First Lady qatarie dénonce le «féminisme colonial», importé d’Occident, pour lui préférer une variante islamiquement correcte. On reste toutefois un brin songeur devant ce féminisme compatible avec le Code de la famille qui, au Qatar, autorise la polygamie. (Le Matin)

Créé: 21.07.2012, 22h56

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3 Commentaires

Jean-Jacques Putallaz

22.07.2012, 12:00 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Malgré ses talonnettes Sarkozy n'est pas vraiment mis en valeur sur cette photo. Il semble encore plus petit qu'il l'est vraiment. Ahahaha. Répondre


joel frattini

22.07.2012, 13:14 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

une sorte de marie-antoinette...... Répondre



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