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Une maladie étrange tue les enfants du Cambodge

Mystère

Ce n’est ni la grippe aviaire ni le SRAS, et ça ne semble pas être contagieux. Mais c’est tout ce que les autorités comprennent d’une mystérieuse maladie qui a tué des dizaines d’enfants en trois mois.

Mis à jour le 08.07.2012
Sur 66 enfants de sept ans et moins touchés depuis mi-avril,  seuls deux ont survécu.

Sur 66 enfants de sept ans et moins touchés depuis mi-avril, seuls deux ont survécu.
Image: AFP

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Au moins 56 enfants, sur 57 cas officiellement répertoriés, sont morts de ce que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le ministère cambodgien de la Santé appellent un "syndrome non diagnostiqué".

L’OMS a alerté les pays voisins sur cette maladie très mortelle qui "commence par une forte fièvre suivie par des symptômes respiratoires et/ou neurologiques avec une détérioration des fonctions respiratoires". Mais aucun cas n’a pour l’instant été rapporté hors du Cambodge.

"Nous étudions les informations détaillées des dossiers hospitaliers et analysons chacun des cas. Nous espérons avoir une meilleure idée dans les jours qui viennent", a expliqué Ly Sovann, directeur adjoint du Département cambodgien du contrôle des maladies dans un communiqué publié avec l’OMS.

Beat Richner, pédiatre et fondateur des hôpitaux pour enfants Kantha Bopha qui traitent environ 85% des enfants gravement malades du pays, a été le premier à tirer la sonnette d’alarme le mois dernier.

Encéphalite et pneumonie

Selon lui, 66 enfants de sept ans et moins, la plupart entre deux et trois ans, ont été touchés depuis mi-avril et seulement deux ont survécu. "Tous ces enfants ont une encéphalite (inflammation du cerveau) et dans les dernières heures de leur vie, ils développent une pneumonie sévère avec une destruction des alvéoles dans les poumons. C’est pour cette raison qu’ils meurent".

"Nous pensons que c’est soit un virus, soit une intoxication, soit les deux". S’il n’est pour l’heure pas possible d’exclure un caractère contagieux, Richner n’a pas identifié deux cas dans la même famille, ni de contagion du personnel. L’OMS n’a pas non plus identifié de contamination groupée, même si la plupart des victimes étaient originaires du centre et du sud du pays.

Reste un faisceau d’informations incomplètes. Un total de 15 échantillons sur 24 analysés par l’institut Pasteur sont positifs à la forme mortelle du syndrome pied-main-bouche, selon Richner.

Les 64 patients décédés selon le décompte de Richner avaient tous été soignés près de chez eux avant d’être transférés dans des hôpitaux Kantha Bopha, ajoute le Suisse. "Ils ont tous reçu des injections ou des perfusions avant de venir chez nous (...). Certains sont morts quatre heures après leur arrivée". Mais les deux qui ont survécu avaient été seulement traités à Kantha Bopha, alors il s’interroge: "Est-ce que l’intoxication est un facteur?".

"Nous envisageons la possibilité que ce soit (...) une combinaison de différentes maladies avec les mêmes signes cliniques, mais causée par différents pathogènes", indique de son côté le Dr Nima Asgari, spécialiste en santé publique de l’OMS au Cambodge. En attendant, les parents sont appelés à emmener leurs enfants à l’hôpital en cas de "maladie inhabituelle".

A l’extérieur de la branche de Kantha Bopha à Phnom Penh, débordée comme toujours, des centaines de parents font la queue pour faire examiner leur enfant. In Sitha, 37 ans, a emmené son fils de trois ans pour une visite de contrôle. Le garçon avait été hospitalisé le mois dernier pour une pneumonie, et sa mère avait alors entendu parler de la mystérieuse maladie tueuse. "J’ai très peur et je me sens impuissante. J’espère seulement que cette maladie inconnue peut être soignée, pour que mon fils et les enfants des autres survivent", lance-t-elle. Mais "il n’y a aucune raison à l’hystérie", souligne Richner. En juin seulement, plus de 5.000 enfants ont été hospitalisés avec la forme hémorragique de la dengue, transmise par les moustiques, contre seulement 34 cas de la maladie mystérieuse. "C’est ça le vrai problème", estime le pédiatre. (AFP/Newsnet)

Créé: 08.07.2012, 07h59

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