ACCUEIL 23.10.2014 Mis à jour à 21h12

Le tennis déséquilibre la morphologie des joueurs

Asymétrie

Autrefois qualifié de sport de gentlemen, le tennis est devenu l’une des disciplines sportives les plus exigeantes, renvoyant les freluquets gentilshommes au vestiaire. Un renforcement des membres supérieurs est devenu indispensable.

Par Winnie Covo. Avec la collaboration de www.planetesante.ch. Mis à jour le 08.07.2012

Autopsie

Tout est dans la tête

On entend souvent dire que les performances d’un professionnel sur un court sont dues à 50% à son «mental». Des parties qui n’en finissent pas, la pression d’un coach, d’une famille, d’une nation, le tennisman est seul avec son talent pour, à la fois, contenter tout le monde et gagner face à son adversaire. Comment gérer tout cela? «Le tennis est un combat entre deux personnes, face à face,
sur une surface relativement petite, toutes deux très proches dans l’affrontement, séparées par un filet, soumises à l’incertitude point après point», explique Lucio Bizzini, docteur en psychologie. Et d’ajouter que pour se sublimer pendant ce combat, la régulation émotionnelle est très importante dans le tennis: «Il faut un mélange de confiance en soi, d’agressivité et de détermination, mais aussi de lucidité et de concentration.» Pour trouver cet équilibre, certains joueurs recourent à un coaching mental, soit sous la forme de stratégies psychorégulatives (relaxation, méditation), soit par le biais d’un travail psychologique (imagerie mentale, travail sur les pensées, etc.). Même à un niveau amateur, le mental joue un rôle crucial.

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Des athlètes tout en muscles les ont, petit à petit, remplacés, au niveau professionnel tout au moins. Ils sont désormais capables d’envoyer leurs balles de service à plus de 200 km/h. Si ce sport présente de nombreux avantages pour le métabolisme, la puissance de frappe nécessaire, ajoutée à la répétition des mouvements, peut, à long terme, engendrer un réel déséquilibre musculaire. Ainsi, même Roger Federer est parfois victime de quelques maux. La preuve en est ses problèmes de dos survenus lors des huitièmes de finale du tournoi de Wimbledon. Faite pour des mouvements de flexions et d’extensions, la colonne vertébrale des grands joueurs est sans cesse confrontée à des rotations, lors de coups droits ou de revers, par exemple. Il n’est alors pas rare, à la longue, que des douleurs se fassent sentir.

Sport asymétrique par excellence, le tennis tend donc à déstabiliser la morphologie de ses adeptes. «A force d’enchaîner encore et encore les mêmes mouvements, un joueur aura tendance à développer certains muscles, au détriment d’autres», explique le Dr Marcos Del Cuadro, spécialiste de la médecine du sport, au centre médical de Vidy, à Lausanne. Ainsi, la balance va pencher d’un côté du corps, ce qui favorise des instabilités et peut engendrer des douleurs, particulièrement à l’épaule et au bras sollicités.

Entraînement essentiel

Pour prévenir ce genre de problèmes, il est donc conseillé de suivre un entraînement rigoureux et de renforcer ses membres supérieurs. «L’épaule est une zone où coexistent de nombreux tendons dans un espace particulièrement réduit, explique le Dr Del Cuadro. Les frottements lors des mouvements répétés du bras finissent par créer une usure des tendons, avec un risque de tendinopathie adjointe de douleurs invalidantes. Le stade final est un lâchage de l’un de ces tendons. D’autre part, une disbalance musculaire de l’épaule, secondaire à la pratique du tennis, pourra également engendrer une instabilité caractérisée par des douleurs.» Les professionnels travaillent alors la résistance, l’équilibre et la force de leur système musculaire. Ils cherchent à renforcer les muscles des épaules, du dos et des abdominaux.

Le bras «bionique» de Nadal

Considéré par beaucoup comme le meilleur joueur sur terre battue de tous les temps, le No 2 mondial impressionne par sa force et sa musculature, en particulier celles de son bras gauche. «Le cas de Rafael Nadal est particulièrement intéressant, estime le Dr Del Cuadro. S’il s’entraîne autant, voire plus que les autres, ce n’est pas un hasard: il n’est pas un vrai gaucher.» Il a en effet appris à jouer du bras gauche pour être plus difficile à contrer et dans le but de déstabiliser ses adversaires. «Pour lui, jouer du bras gauche demande un effort énorme, ajoute l’expert. Son corps et son cerveau sont droitiers, il doit donc sans cesse compenser. En regardant la puissance de ses coups droits, on voit bien qu’il ne joue pas de la même façon que ses concurrents qui, eux, le font naturellement, en utilisant leur côté dominant. Tous ses muscles travaillent et compensent différemment. J’imagine qu’une des raisons de ses nombreuses blessures, est sans doute due au fait qu’il ne joue pas de manière «naturelle», ce qu’il risque, à long terme, de payer cher.» (Le Matin)

Créé: 08.07.2012, 01h16

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