ACCUEIL 26.5.2012 Mis à jour à 16h38

Les hommes aussi portent des prothèses PIP

Scandale sanitaire

Poly Implant Prothèse (PIP), la société française au cœur du scandale sur les prothèses en silicone frauduleux, fabriquait aussi des implants fessiers et testiculaires.

Par Marie Maurisse. Mis à jour le 29.01.2012 2 Commentaires
Les femmes ne sont pas les seules à porter des implants.

Les femmes ne sont pas les seules à porter des implants.
Image: AFP

Les femmes ne sont pas les seules victimes de PIP. L’entreprise française à l’origine de la fraude fabriquait aussi des prothèses pour hommes, à placer sur les pectoraux, les fesses ou les testicules. L’information a été révélée il y a quelques jours par le quotidien Le Parisien, qui a pu interroger des anciens salariés de PIP à ce sujet.

D’après les premières informations disponibles, Jean-Claude Mas, directeur de la firme, produisait aussi d’autres types de prothèses, exclusivement à destination de l’étranger. Il cherchait de nouvelles parts de marché, selon le journal français. Se servait-il de son gel industriel frauduleux également pour ces implants fessiers ou testiculaires? La réponse n’est pas claire. Il semblerait que le silicone des testicules soit sain, tandis que celui des implants fessiers serait frauduleux. Les prothèses pour les fesses ou les pectoraux sont très appréciées en Amérique latine, mais beaucoup moins en Suisse.

Si plus de 500 000 femmes dans le monde porteraient des prothèses mammaires PIP potentiellement toxiques, il est impossible de dire combien d’hommes sont concernés par cette affaire. D’abord parce que sur un sujet aussi sensible, les patients sont pudiques. A Genève, l’association des porteuses de PIP n’a reçu aucun appel d’hommes inquiets. Et Swissmedic n’a pas de chiffres à communiquer sur les implants testiculaires. «Selon les informations de l’autorité française Afssaps, un certificat valable de 1999 à 2001 avait été établi pour de tels produits, ce qui constitue une base pour leur commercialisation, y compris en Suisse, explique Daniel Lüthi, porte-parole de Swissmedic. Mais nous ne savons pas si ces produits ont effectivement été fabriqués pour la Suisse ni en quelles quantités.» L’institut affirme qu’en France «des preuves ont été détruites».

Le chirurgien Paul-Jean Daverio, médecin associé au Centre de laser et de chirurgie esthétique de Lausanne, n’a jamais travaillé avec des implants PIP. Mais il pose régulièrement des prothèses testiculaires. «Elles sont faites exactement de la même manière que les prothèses mammaires, note-t-il. Mais le risque de rupture est moindre, car c’est bien plus léger.» La plupart sont constituées, en plus du silicone, d’un gel cohésif qui évite que le liquide ne se répande en cas de fissure. Le spécialiste se veut rassurant.

Appeler son médecin

Au CHUV, où une dizaine de prothèses testiculaires sont posées par an, un seul patient a contacté son urologue. Même si les hommes sont beaucoup moins nombreux que les femmes à porter des PIP, le problème pourrait concerner un certain nombre de personnes. La pose d’un implant testiculaire a souvent lieu après l’ablation de cet organe suite à un cancer. Et le cancer des testicules est le plus fréquent chez les hommes. «On pose aussi un implant en cas de malformation, lorsqu’un jeune homme n’a qu’un testicule à la naissance, par exemple», précise le chirurgien Sabri Derder. Selon lui, les opérations purement esthétiques n’existent pas dans le domaine. En cas de doute, les patients ne doivent pas hésiter à appeler leur médecin. (Le Matin)

Créé: 29.01.2012, 10h15

2

Publier un nouveau commentaire

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

2 Commentaires

Claire Voyante

29.01.2012, 11:04 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation

Les hommes sont aussi concernés ? La "bonne nouvelle", c'est que cela aidera à faire avancer la cause des victimes féminines et qu'elles seront prises au sérieux. (on sait que quand un problème est typiquement féminin, c'est rarement pris au sérieux, voire tabou ; par ex.: les douleurs menstruelles) Répondre


Ossie Masure

29.01.2012, 10:24 Heures
Signaler un abus

Vous aller ressortir la même info toutes les deux semaines ? Répondre





Rubriques: Suisse · Monde · Sports · Faits divers · People · Loisirs · Société · Economie · Auto-Moto · High-Tech · Santé
Outils: Recherche · RSS · Mobile · Météo
Le Matin: Contacts · Publicité · Services clients · Conditions générales · Cercle de lecteurs · Charte des commentaires · Impressum