Greenpeace veut sauver les abeilles avec vos signatures
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«Depuis plusieurs années, la mortalité des abeilles et l’effondrement des colonies menacent directement la chaîne alimentaire ainsi que la biodiversité», constate Greenpeace.
Avec sa pétition, l’organisation écologiste réclame de Berne un moratoire de 10 ans sur l’utilisation d’insecticides dont «la toxicité et le risque pour les abeilles sont prouvés».
Greenpeace cite le fipronil et les néonicotinoïdes, dont plusieurs principes actifs sont bannis, pour certains usages au moins, de pays européens comme l’Allemagne, l’Italie ou la Slovénie.
Dans sa pétition imaginée à Lausanne, l’organisation demande aussi une homologation plus transparente des pesticides par des organismes indépendants. Greenpeace souhaite que les autorités prennent en compte les effets à long terme de ces substances sur la biodiversité.
Doute affiché
Au Centre suisse de recherches apicoles, Jean-Daniel Charrière confirme les pertes importantes au sein des ruchers cette dernière décennie. Des pertes qui se mesurent le printemps venu.
Mais il juge que Greenpeace se trompe de cible. Si les causes de l’effondrement des colonies sont multifactorielles, l’acarien Varroa, vorace et parfois vecteur de virus, fait figure d’ennemi public numéro un. Autre criminel: un champignon particulier présent dans certaines régions.
Les pesticides évoqués par Greenpeace, «ne sont pas une cause majeure de l’effondrement des colonies et les données manquent pour leur attribuer un rôle concomitant. Les causes de l’effondrement des colonies sont plutôt à chercher du côté des pathologies de l’abeille», assure ce spécialiste.
Législation idoine
A Berne, le responsable de l'homologation des pesticides auprès de l'Office fédéral de l'agriculture juge la législation suisse à niveau et fondée sur celle de l’UE.
Malgré quelques accidents chaque années, elle prévoit des périodes d’utilisation qui doivent éviter aux abeilles d’entrer en contact direct avec les poisons, indique Olivier Félix.
La pétition de Greenpeace roulera sa bosse jusqu’en fin d’année et ses promoteurs espèrent réunir 60'000 signatures. «Elle ne suffira sans doute pas pour changer les choses au niveau du Parlement fédéral, juge Sarah Banderet, coordinatrice du projet. Mais nous cherchons surtout à sensibiliser l’opinion publique.» (Newsnet)
Créé: 08.02.2012, 16h13
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