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Un hôtel fera-t-il du parc Kruger un Disneyland?

Afrique du Sud

La première pierre n'est pas encore posée que la polémique a déjà commencé, laissant de marbre l'Agence sud-africaine des parcs nationaux qui a donné son autorisation en août 2011.

Mis à jour le 04.07.2012

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Image: AFP

   

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Le célèbre parc du Kruger va-t-il devenir le Disneyland d'Afrique du Sud? C'est en tout cas la crainte des puristes de l'environnement qui s'inquiètent d'un projet d'hôtel de luxe dans la réserve animalière, ciblant la clientèle noire.

L'Agence sud-africaine des parcs nationaux (SANParks) mise sur cet hôtel pour attirer une clientèle noire encore minoritaire et peu encline à séjourner dans les hébergements rustiques du parc.

Grand comme la Belgique et frontalier du Mozambique, le parc national Kruger est l'une des principales destinations touristiques d'Afrique du Sud.

Il reçoit environ un million de visiteurs par an, en majeure partie des Sud-Africains blancs. Depuis la fin de l'apartheid en 1994, le nombre de visiteurs noirs du parc a progressivement augmenté, mais ils ne représentent encore que 26% du total des entrées et, parmi eux, seuls 6% dorment sur place.

«Des craintes pas fondées»

Le parc compte vingt campements et plusieurs «lodges» de luxe. Mais aucun n'a la capacité d'hébergement de l'hôtel de 119 chambres que le groupe danois Redizor entend construire sur un étage d'ici 2013, près de l'entrée sud de la réserve, à Malelane, avec vue sur la Crocodile River.

«Il y a des craintes qui ne sont pas fondées», assure Glenn Phillips, directeur marketing et tourisme de l'agence SANParks.

«Le développement sera conforme à notre mission de conservation de la nature», dit-il, sans convaincre les adversaires du projet qui critiquent le manque de consultation préalable et un changement de philosophie.

Les arguments fusent, les attaques sont féroces et volent parfois assez bas, se teintant de racisme.

Des commentaires qui dérapent

L'organisme public a reçu des remarques de gens affirmant que de toute façon, les Africains n'aimaient pas la vie sauvage, ou allaient dégrader le parc en débarquant avec des voitures de luxe et de la musique à plein volume.

«Est-ce que ces gens se contenteront d'écouter le soir au crépuscule, les bruits de la brousse? Avant peu, il y aura un nightclub et un casino», écrit un lecteur dans un journal local.

«Cet hôtel aurait dû être construit hors du parc. Il n'y a aucune preuve que la classe moyenne noire veut un hôtel à cet endroit», s'énerve Allan Eccles, membre de plusieurs organisations de défense de la nature et propriétaire d'une agence de safari.

Il accuse SANParks de «commercialiser le Kruger et de vouloir le transformer en un parc d'attraction style Disneyland».

Pas des parcs de loisirs

Salomon Joubert, un retraité de la direction du Kruger, reproche aussi aux autorités de «dévier considérablement de la philosophie du parc national».

«Les parcs nationaux sont là pour promouvoir les valeurs scientifiques, éducatives et spirituelles. Ce ne sont pas des parcs de loisirs», expliquait-il récemment lors d'une émission télévisée.

Selon les autorités, les controverses sont aussi vieilles que le parc, fondé en 1898 pour gérer les populations d'animaux décimées par les chasseurs, puis ouvert au public en 1927.

Chaque modification a apporté son lot de débats entre amoureux de la nature et promoteurs du changement.

Evolution du safari

Fallait-il ainsi construire un premier campement en 1939? A-t-on eu raison d'asphalter les routes et de mettre des stations essence qui permettent la visite avec sa propre voiture, sans payer le véhicule de safari d'un organisateur?

Le safari évolue et se démocratise, soutiennent les autorités sud-africaines qui entendent doubler le chiffre d'affaires de l'industrie du tourisme d'ici 2020 pour créer des emplois, notamment grâce à la clientèle locale.

Des projets d'hôtels sont en gestation dans d'autres parcs nationaux --l'Afrique du Sud en compte 19, mais le Kruger est de loin la vache à lait.

«Le développement d'un hôtel est important, cela va bénéficier au Kruger et aux populations locales», estime un autre retraité du parc, Harold Braack. Selon lui, la survie du parc dépend de sa capacité à générer des revenus. «La protection de la nature doit évoluer avec les gens et leur apporter des avantages», dit-il. (afp/Newsnet)

Créé: 04.07.2012, 08h42

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