ACCUEIL 21.10.2014 Mis à jour à 02h05

Mais où sont donc passées les guêpes?

Biodiversité

Cette année, il n’y a pas foule chez les vespidés. Les hauts et bas de la météo expliquent cette situation, qui devrait se maintenir jusqu’au retour du froid, juge un spécialiste.

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 22.08.2012 8 Commentaires
La guêpe vulgaire est carnivore mais ne dédaigne pas le sucré.

La guêpe vulgaire est carnivore mais ne dédaigne pas le sucré.
Image: AFP

En savoir plus

La guêpe attirée par nos assiettes est le plus souvent la guêpe germanique. Un peu moins souvent la guêpe vulgaire, d’apparence très proche. Ces espèces ne vivent pas dans des nids suspendus mais généralement situés dans le sol.

Les colonies de la guêpe germanique peuvent atteindre jusqu’à 2000 à 3000 ouvrières au plus fort de la saison, actuellement donc.

Une vingtaine d’espèces de guêpes sont présentes dans nos contrées. Certaines jouent les coucous. La femelle utilise les colonies d’espèces sociales, tue la reine, prend sa place et ponds ses œufs, ensuite élevés par les ouvrières de la reine «légitime».

Les guêpes sont de gros prédateurs. Un nid de plusieurs milliers d’ouvrière vient à bout de plusieurs centaines de milliers d’insectes, essentiellement du groupe des mouches. Il lui arrive aussi de s’attaquer aux abeilles.

Hormis le frelon et quelques espèces attachées à des biotopes particuliers, la guêpe ne connaît pas les affres de la régression démographique vécue par les abeilles.

En gros plan

Articles en relation

Partager & Commenter

Mauvaise foi mise à part, les guêpes tournoient en garnisons réduites en ce moment sur les terrasses. C’est pourtant le pic de l’année. L’époque où les colonies sont les plus opulentes.

Et tout porte à croire que cette situation se maintiendra jusqu’aux portes de la mauvaise saison, assure Serge Fischer, entomologiste à l’Agroscope de Changins-Wädenswil.

Ce calme relatif sur les aires de pique-niques s’explique par la météo. Chez la guêpe, seules les jeunes reines passent l’hiver. Le dernier en date n’a pas donné dans la douceur. Résultat: un bon nombre sont mortes dans leur abri.

Mortalité tardive

Mars s’est ensuite avéré particulièrement chaud. Les reines ont pu lancer leur colonie sous les meilleurs auspices, avec la récolte du bois pour le papier des nids et celle d’insectes pour nourrir les larves. Avril et début mai, au contraire, ont été plutôt froids.

«Il y a eu pas mal de mortalité chez les reines, dont la première génération d’ouvrières n’étaient pas prête. Beaucoup de colonies ont périclité, explique Serge Fischer. On observe de nombreux nids vides, entamés mais inachevés.»

Voilà pour l'explication. L’apogée actuelle des colonies durera jusqu’aux premiers froids. Mais vu la diminution des proies dès la mi-septembre, les œufs pondus actuellement arriveront difficilement à l’état de guêpes adultes, selon le spécialiste.

«A partir de septembre justement, les ouvrières semblent particulièrement nerveuses. La compétition pour des proies moins nombreuses se fait plus rude. C’est là souvent qu’on se fait piquer si on s’énerve», note Serge Fischer.

Suicide collectif

Avec l’arrivée du froid et le manque de nourriture, la saison des guêpes s’achèvera par un suicide collectif. Fin septembre-début octobre, les ouvrières détruiront leur propre couvain. Elles tueront les larves les plus jeunes qui viendront nourrir les plus âgées. Puis toutes mourront.

D’ici là, les jeunes reines auront été fécondées avant de gagner leurs quartiers d’hiver. Et de rejouer le cycle.

«La plupart des gens estiment qu’elles sont toujours trop nombreuses, déplore Serge Fischer. Les guêpes sont pourtant passionnantes!» (Newsnet)

Créé: 22.08.2012, 07h18

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

8 Commentaires

Pauline Mia

22.08.2012, 08:09 Heures
Signaler un abus 10 Recommandation 0

Ah ben sur ma terrasse je n'ai pas constaté une diminution des guêpes... dès qu'il y a à manger sur la table, elles rappliquent, et quand on est allergique à leur piqûre, on prend les grands moyens... désolées pour elles ! Répondre


Jean-François Chappuis

22.08.2012, 09:24 Heures
Signaler un abus 9 Recommandation 0

Les guêpes sont moins nombreuses cet été pour le bien de ceux qui les craignent, mais certaines qui nous agacent à longueur de journée piquent toujours autant! ABE Répondre



Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne