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«J'ai remarché grâce à un robot»

Exclusif

Le Vaudois Benoît Thévenaz fait partie des rares paralysés du monde à avoir pu tester un prototype dernier cri d’assistance musculaire. «Le Matin» a assisté à sa performance, en Angleterre.

Par Benjamin Pillard. Mis à jour le 20.12.2012 1 Commentaire

Benoît Thévenaz en plein test.
Vidéo: AFP

«C’est une belle réussite»

INTERVIEW du Dr. ing. Mohamed Bouri, chargé de recherche au Laboratoire de systèmes robotiques de l’EPFL

●Comment avez-vous eu vent des intentions de Benoît Thévenaz?

C’est lui qui a pris contact avec l’EPFL parce qu’il savait que notre équipe travaillait sur les aspects de rééducation médicale robotisée. Nous avons rarement des contacts directs avec un paraplégique. Mais sa motivation, sa prise de contact particulière ont fait que nous n’avons pas hésité à l’accompagner à Cambridge.

●Que pensez-vous du robot d’Ekso Bionics?

C’est un dispositif fonctionnel, opérationnel, qui a montré qu’un patient pouvait l’utiliser en 3 heures de temps. Evidemment que la volonté, la motivation et la préparation physique préalable de Benoît y sont pour beaucoup, mais c’est une belle réussite.

●Allez-vous continuer à travailler avec ce jeune Vaudois?

Oui, notre but est de trouver comment capitaliser sur sa motivation, cadrer son intérêt et peut-être aller sur un projet. Nous avons déjà proposé à Benoît de tester de la même manière l’un de nos dispositifs, notamment celui que nous développons pour les personnes âgées, qui est aussi un exosquelette léger. Il est toute ouïe.

FICHE TECHNIQUE

POIDS 23 kilos

TECHNOLOGIE
4 moteurs miniatures permettent de soulever les articulations.
Des détecteurs captent les mouvements, lesquels sont ensuite gérés par ordinateur

AUTONOMIE
4 heures; appareil livré avec deux batteries

3 MODES À CHOIX
Ekso est un robot exosquelette équipé de moteurs et de capteurs qui permet à des personnes à mobilité réduite de marcher debout sans assistance.

«Premiers pas»
Un physiothérapeute contrôle l’exosquelette à l’aide d’une commande.

«Marche active»
Le patient peut prendre lui-même le contrôle de l’exosquelette et faire ses premiers pas seul.

«Marche avancée»
Le patient expérimenté peut se passer des commandes: il se penche en avant, bascule son poids sur le côté et l’exosquelette, qui reconnaît le mouvement, l’aide à terminer ses pas.

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La scène est sidérante. Mardi, l’ancien espoir suisse du motocross, le Vaudois Benoît Thévenaz, 27 ans, tétraplégique en chaise roulante depuis 2005, a marché de nouveau. Un total de 622 pas, en un peu moins d’une demi-heure. Une prouesse rendue possible grâce à une combinaison robotique de type exosquelette. «Le Matin» était sur place, au cœur du Melbourn Science Park, à 13 km de Cambridge (GB).

«Pour l’entreprise humaine»: la banderole noire flanquée du slogan de la firme californienne Ekso Bionics ne passe pas inaperçue dans la petite salle de gym aux murs blanc crème, utilisée comme centre de rééducation. C’est ici que cette entreprise spécialisée dans le développement de robots pour personnes à mobilité réduite a donné rendez-vous à Benoît Thévenaz. Après une brève prise de contact avec l’équipe d’encadrement, le Vaudois se retrouve rapidement face à la «bête»: un prototype à forme humaine, muni de quatre moteurs miniatures (deux au niveau des hanches et deux aux genoux), d’un ordinateur et d’une batterie (4 heures d’autonomie) dans le dos, le tout piloté par télécommande. Poids de ce condensé de technologie: 23 kilos.

L’engin fait forte impression. «Il est plus abouti que tout ce que nous avons pu voir jusqu’ici», lance Kim Schaffter, 21 ans, l’un des trois accompagnants du Vaudois. Il y a deux semaines, les deux amis étaient dans la région de Dortmund (D) pour tester en première européenne le prototype d’une firme japonaise. Un modèle qui a déçu, malgré sa technologie prometteuse d’électrostimulation combinée à la robotique.

Equipe d’encadrement bluffée

C’est tout le contraire qui s’est produit avec le robot californien. L’ancien sportif, qui impressionne déjà la galerie en pratiquant depuis cet été de nouveau le cross sur «sa» piste de Bullet (VD), a littéralement bluffé les représentants d’Ekso Bionics. Et pour cause: Benoît Thévenaz n’a pas tardé à troquer le déambulateur contre une paire de béquilles pour soutenir ses pas. «On n’a jamais vu quelqu’un s’approprier si rapidement notre produit», nous confie Markus Nielsen, responsable des relations avec la clientèle, qui se réjouit d’envoyer les vidéos de sa performance à ses collègues américains.

«C’est incroyable de se retrouver debout, je n’ai plus l’habitude d’évoluer en trois dimensions», lance le Vaudois, polymécanicien de formation, qui préfère toutefois attendre avant de craquer pour un tel robot. Ne serait-ce que pour réunir les fonds, le prix avoisinant les 150 000 francs. Prochaine échéance pour cet amoureux de la vie: une greffe de tendon aux triceps à fin janvier, pour raviver ses bras. Un an après son injection de cellules souches en Ukraine. Bienvenue au XXIe siècle. (Le Matin)

Créé: 20.12.2012, 08h03

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1 Commentaire

Yvette Laemmler

20.12.2012, 09:02 Heures
Signaler un abus 18 Recommandation 3

Super contente ppur lui et joyeux Noël monsieur Thevenaz ainsi qu'à toute la famille. Répondre