Vendredi 2 décembre 2016 | Dernière mise à jour 20:33

Italie La greffe de tête, c'est pour demain

Un neurologue italien affirme que d’ici à deux ans, les transplantations de tête, et non pas de cerveau, pourront être effectuées.

La prochaine étape devrait être la constitution d’équipes pour effectuer les opérations.

La prochaine étape devrait être la constitution d’équipes pour effectuer les opérations. Image: Martin Bureau/AFP

Pour le neurologue Sergio Canavero: «Sur le plan médical nous sommes prêts. L’opération est estimée à dix millions d’euros.» (Image: DR)

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«D’ici à deux ans, nous pourrons greffer des têtes.» C’est le neurologue Sergio Canavero qui nous l’affirme lors d’un entretien accordé au «Matin». Ce professeur, mondialement connu pour avoir «réveillé» en 2008 une jeune femme plongée dans un coma végétatif permanent depuis deux ans, a révélé les détails du projet baptisé Heaven (Head anastomosis Venture project with spinal linkage).

Soutien psychologique

«Nous n’avons plus besoin de faire des tests, car nous nous appuyons sur les résultats des opérations effectuées sur des singes par le Pr Robert J. White à partir des années 1970. La partie la plus difficile était de reconstituer la continuité de la moelle épinière», explique Sergio Canavero. Un problème réglé, affirme le médecin, grâce à l’utilisation de matériaux chimiques permettant de rétablir les liens entre les fibres nerveuses.

Mais si l’opération est simple, pourquoi faudra-t-il attendre deux ans avant d’effectuer la première greffe? «Sur le plan médical, nous sommes prêts. Le problème est de monter et coordonner une équipe d’une centaine de personnes pour effectuer l’opération», explique Sergio Canavero. Et côté coûts? «L’opération est estimée à dix millions d’euros, soit moins que le salaire d’un footballeur!» ironise le neurologue turinois qui a également travaillé à Lyon. Un montant qui englobe le support psychologique indispensable du patient avant et après l’intervention. «Le risque d’un rejet au niveau psychologique est important. Rappelons-nous ce qui est arrivé avec le tout premier patient qui s’est fait greffer une main à Lyon en 1998», explique Sergio Canavero (ndlr: Clint Hallam s’était fait retirer sa main quelques mois après).

Mais quel est le profil du donneur et du receveur idéal? «Le donneur est un individu mort suite, par exemple, à un traumatisme crânien ou à un ictus (ndlr: attaque cérébrale) mais avec des organes sains. Le receveur, en revanche, doit être atteint d’une maladie neuromusculaire dégénérative ou être tétraplégique», estime Sergio Canavero. Publiés dans le Surgical Neurology International, les travaux du neurologue qui opère dans l’une des meilleures structures turinoises, l’Hôpital des Molinettes, ont été qualifiés par les réviseurs de cette revue de «projet permettant l’épanouissement d’un nouveau secteur pour la médecine contemporaine».

Soit. Mais les thèses du Piémontais font sursauter plus d’un expert scientifique. A commencer par Alessandro Nanni Costa, président du Centre national de transplantations qui estime que «mieux vaut s’en tenir à la réalité, s’agissant de greffes de structures extrêmement complexes».

La tête d’Einstein

Reste aussi la question éthique qui inquiète les neurologues: «Que se passera-t-il si un vieux milliardaire chinois réclame un nouveau corps? Les médecins se serviront-ils dans les prisons comme c’est le cas pour certains organes?» s’interroge Sergio Canavero. Et puis certaines sociétés pourraient aussi vouloir sauver des personnalités. «Imaginons un nouvel Albert Einstein. On pourrait décider de greffer sa tête sur un corps pour l’empêcher de mourir. Des règles éthiques doivent être établies avant que le procédé ne tombe entre les mains de médecins peu scrupuleux», avertit le neurologue. (Le Matin)

(Créé: 24.06.2013, 13h36)

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