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L'EPFL rend hommage au génie d'Alan Turing

Sciences

Le mathématicien britannique a posé les fondements de la science informatique. A l'occasion de son centenaire, l'EPFL lui rend hommage vendredi et samedi.

Par Laureline Duvillard. Mis à jour le 16.11.2012

1/10 Une sculpture d'Alan Turing (et son portrait en arrière plan) à Bletchley Park.
Image: Wikimedia

   

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Alan Turing: a portrait in sound and visuals (blinc digital arts festival building projection) from Alex May on Vimeo.

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L’ École Polytechnique Fédérale de Lausanne rend durant deux jours hommage- via des ateliers, des conférences et un exposition - à un génie de l'informatique, né le 23 juin 1912 à Londres. Alan Turing n'est rien de moins que le fondateur de la science informatique, comme le souligne une des organisatrices de l'événement, Anastasia Ailamaki, professeure à la faculté informatique et communication. Le mathématicien prodige, qui, a 22 ans enseignait déjà à l'Université de Cambridge a établi «les concepts d'algorithme et de calculabilité».

Deux concepts qui sont à la base des calculateurs programmables, les ancêtres des ordinateurs d'aujourd'hui, comme le remarque Anastasia Ailamaki. Le mathématicien a développé l'idée de «Turing machine», qui a inspiré la construction des ordinateurs, à Cambridge puis à l'Université de Princeton où il a poursuivi ses études dès 1936.

Un génie persécuté

Une époque où personne n'imaginait que ce jeune anglais solitaire entrerait dans l'histoire. «Il avait la réputation d'être solitaire et plutôt bizarre», juge Alonzo Church, professeur à Princeton à l'époque d'Alan Turing sur le site de l'université. Après une présentation devant le club de math en décembre 1936, le scientifique s'était plaint d'un public épars. «Il faut avoir une réputation si on désire être écouté», avait-il écrit à sa mère après la présentation. Il ne pensait sans doute pas devenir un des scientifiques les plus influents.

«Turing est sans doute la seule personne à avoir apporté des contributions qui ont changé la face du monde dans les trois types d'intelligence les plus fines: humaine, artificielle et militaire», remarquait récemment la revue Nature. Si Alan Turing était un génie, à l'époque, il n'était pas vraiment reconnu par ses pairs. Et il a vécu jusqu'à 41 ans, une vie de persécution, en raison de son homosexualité, alors illégale en Grande-Bretagne.

En 1952, le scientifique est condamné pour outrage aux bonnes mœurs. Il a le choix entre la castration chimique et la prison. Il choisit la première option qui consiste en une série d'injections d'hormones d’œstrogène. Mais le mathématicien ne survivra pas à cette terrible condamnation. Il se suicide deux ans plus tard.

«Son traitement était bien sûr totalement injuste, et je suis ravi d'avoir la chance de dire à quel point je suis désolé, comme nous tous, pour ce qui lui est arrivé. Alan, comme les milliers d'autres homosexuels qui, comme lui, ont été condamnés sous des lois homophobes, ont été traités de manière terrible», s'est excusé Gordon Brown en 2009, dans une tribune accordée par le Telegraph.

Casser le code

Si Alan Turing a dû surmonter nombre de difficultés de son vivant, il obtiendra pourtant sa revanche, avec une reconnaissance sans faille après sa mort. Car l'homme restera dans l'histoire, et pas uniquement en tant que père fondateur de l'informatique. Alan Turing est même plus connu dans l'opinion publique pour un autre coup de génie, dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale.

Alors qu'il termine ses études à Princeton, il écrit à un ami: «J'espère qu'Hitler n'aura pas envahi l'Angleterre avant que je rentre.» C'est qu'Alan Turing surveille de près la guerre, et plus précisément les codes militaires utilisés par les Allemands. En 1938, les services secrets britanniques l'appellent à Bletchley Park. Et de là, il va réussir grâce à une machine nommée al Bombe, à casser le code de la machine Enigma. Les militaires du troisième Reich sont alors en mauvaise posture. Et plusieurs historiens rapportent qu'Alan Turing a permis de mettre fin plus rapidement à la guerre.

Par contre, Alan Turing, «geek» majeur de son époque, n'aurait pas inspiré le célèbre logo d'Apple, comme le raconte un article de CNN. Rob Janoff, le designer du logo qui a donné une interview en 2009 au site CreativeBits, déclare qu'il n'a reçu aucune consigne précise de Steve Jobs. Le designer affirme avoir choisi une pomme pour des questions d'échelle, un logo de cette forme étant toujours reconnaissable.

Il reste pourtant vague sur la manière dont le logo lui est venu à l'esprit. Et alors qu'il se raconte qu'Alan Turing s'est suicidé en croquant dans une pomme empoisonnée, la coïncidence reste curieuse. (Newsnet)

Créé: 16.11.2012, 10h14

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