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Ces déchets orbitaux qui titillent les ambitions de l'EPFL

Projet CleanSpaceOne

La haute école veut montrer que si la Suisse sait lancer des satellites, elle peut aussi les évacuer de leur orbite pour éviter les risques de collision. D’où sont projet de CleanSpaceOne, présenté mercredi.

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 15.02.2012 2 Commentaires
L'EPFL planche sur un nano-satellite récupérateur de déchets orbitaux.

L'EPFL planche sur un nano-satellite récupérateur de déchets orbitaux.
Image: EPFL 2012

C’était le 4 octobre 1957. Spoutnik, le premier satellite, quittait la Terre. Des milliers ont suivi. Plus de 700 gravitent aujourd’hui autour de notre planète et partagent l’espace avec leurs congénères hors d’usage et abandonnés.

Ces derniers génèrent des débris et provoquent des collisions. En orbite basse, entre 300 et 2000 km, les scientifiques ont identifié 12'000 restes, surtout vers 8-900 km. Et lorsqu’on sait que la vitesse de ces objets atteint 7 km à la seconde…

Les assurances sur le coup

Le danger d’impact mobilise la communauté scientifique. Des directives ont été émises par les principales agences. D’ici 2020, entre cinq et quinze débris orbitaux devraient être retirés de l’espace chaque année. Mais personne à ce jour n’est parvenu à évacuer la moindre vis en rotation autour de la Terre.

Les assurances elles-aussi sont sur le coup. Les satellites actifs sont assurés pour 20 milliards de francs. Et plus le danger d’impact croit, plus les primes augmentent. On imagine le coût de la destruction d’un satellite Astra par exemple en plein mondial de foot!

Progression exponentielle

Muriel Richard, qui participe au projet de l’EPFL, explique que depuis 2006, les scientifiques évoquent un effet d’avalanches. Le nombre de débris est tel qu’ils se télescopent et génèrent de nouveaux restes. Une situation instable, une progression exponentielle.

La Suisse, qui n’est pas une grande nation spatiale, a toute de même lancé son premier satellite en 2009. L’EPFL prévoit donc de ramener Swiss Cube sur sol terrestre avec le nano-satellite (entre un et dix kilos) qui ira le cueillir sur son orbite à plus de 700 km d’altitude.

Laissé à lui-même, Swiss Cube mettrait entre 40 et 120 ans à redescendre et se désagréger dans l’atmosphère. Les directives internationales recommandent que lui et ses congénères débarrassent le plancher dans les 25 ans une fois au chômage.

Démontrer la faisabilité

Mais l’EPFL souligne que son projet de nano-satellite doit surtout permettre de montrer la faisabilité de cette pêche au satellite. Y compris pour les plus gros. «Nous voulons montrer que nous savons mettre des technologies dans l’espace, mais aussi les retirer», lance Volker Gass, directeur du Swiss Space Center.

Et l’EPFL y croit fermement, avec des travaux qui ont commencé dès 2009. Elle cherche actuellement à réunir un financement de 10 millions de francs sur trois à cinq ans. Et veut aussi s’assurer la collaboration d’institutions publiques suisses et internationales (l’Agence spatiale européenne par exemple) ainsi que du secteur privé et des PME.

Système de capture bio-inspiré, système de vision, radars font partie des dossiers déjà avancés. La phase de développement trouvera son rythme de croisière entre 2013 et 2015 et la phase de lancement et les opérations spatiales proprement dites auront lieu vers 2016-2017, avec la participation des étudiants. (Newsnet)

Créé: 15.02.2012, 14h10

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2 Commentaires

Lupo restes

15.02.2012, 16:17 Heures
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Juste pour garder la tête sur les épaules :° 12'000 restes identifiées et en augmentation exponentielle.° contre 5 à 15 restes retirés par an (pas encore fait).La bataille me semble perdue d'avance :-( qu'en pensez-vous ? Répondre


Octave Segami

15.02.2012, 16:44 Heures
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C'est de bonne guerre, mais il s'agit içi uniquement d'un coup publicitaire. Le Space Center a besoin de financement pour fonctionner et doit donc faire des effets d'annonce: On met en avant l'astronaute suisse comme VRP de luxe et on fait une annonce fracassante. La vidéo fournie pour illustrer le propos dit tout: il faut lancer un "satellite" pour récupérer un déchet en orbite! Répondre