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Education École, le retour de bâton

La Suisse ne devrait pas s’inspirer du nouveau modèle finlandais, estime un rapport qui milite pour un système d’éducation traditionnel basé sur l’autorité.

Une forme d'autorité va-t-elle faire son retour dans les classes suisses?

Une forme d'autorité va-t-elle faire son retour dans les classes suisses? Image: Fotolia

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La Finlande a suscité la curiosité de plus d’un pédagogue, accourant de toute l’Europe pour voir de ses yeux ce petit paradis de l’éducation. Depuis la première enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis) en 2000, son système est en effet apparu dans le peloton de tête des pays les plus performants de l’OCDE. Evaluation tardive des élèves, importance de l’égalité, rythme adapté à l’enfant, peu de devoirs, autonomie…

Et si, finalement, les causes habituellement attribuées au «miracle» finlandais n’avaient rien à voir avec les bons résultats du pays scandinave? C’est la thèse de Gabriel Heller Sahlgren, auteur d’un rapport publié en avril dernier pour le compte du think tank britannique de droite Centre for Policy Studies. Le chercheur estime, au contraire, que les performances du début des années 2000 sont imputables à un système qui faisait historiquement la part belle à l’autorité et à la hiérarchie dans les rapports enseignants-élèves, ainsi qu’à des changements socio-économiques. Pour lui, les réformes libérales qui ont suivi, avec une approche plus collaborative, déploieraient leurs effets depuis quelques années seulement et expliqueraient le déclin actuel de l’école finlandaise (perceptible d’après lui dans les enquêtes de 2009 et de 2012). «Cette baisse dans les résultats n’est pas un hasard: elle reflète vraisemblablement les changements culturels et pédagogiques opérés», explique-t-il. S’en inspirer et jeter aux oubliettes les méthodes traditionnelles constitueraient donc une grave erreur à ses yeux.

Autorité et résultats sont liés Christian Berdoz, président de la Conférence latine des chefs d’établissement de la scolarité obligatoire (CLACESO), n’a pas connaissance d’études scientifiques à ce sujet. Cependant, il observe que les cantons qui montrent le plus de respect pour l’institution scolaire – le Valais et Fribourg selon lui – sont également ceux qui présentent les meilleurs résultats aux enquêtes PISA. «On peut donc effectivement se poser la question d’une corrélation entre autorité et performances», estime-t-il. Christian Nidegger, coordinateur du consortium PISA.ch, fait aussi remarquer qu’en Finlande l’enseignant est très respecté. «Avec ce statut, le travail est peut-être plus facile», réagit-il, tout en précisant que le pays scandinave est toujours très bien classé et qu’il est peut-être prématuré de le considérer comme déclinant.

Un discours «populiste»

Des réserves sont en revanche émises par Georges Pasquier, président du Syndicat des enseignants romands (SER). «Tout d’abord, les réformes finlandaises ont été mises en place il y a très longtemps. Ensuite, le pays n’a jamais pris le virage du laisser-faire absolu, au contraire, il a consenti à des efforts très importants en matière de formation des enseignants. Enfin, la Finlande a été dépassée dans les dernières enquêtes PISA par des pays comme la Chine ou la Corée du Nord envers qui on peut émettre des doutes quant aux conditions dans lesquelles sont passés les tests.»

Georges Pasquier reconnaît tout de même que l’école finlandaise a été sacralisée à l’excès et que beaucoup ont tenté de l’imiter, sans forcément prendre en compte l’environnement local. Ces critiques constituent donc un retour de bâton prévisible. Cependant, pour lui, la plupart des gens qui réclament le retour de l’autorité confondent cette dernière avec l’autoritarisme. «C’est un discours populiste que l’on entendait déjà du temps des Romains. Il est faux de dire que l’autorité a disparu de l’école. Mais contrairement à l’autoritarisme, elle permet d’amener le jeune vers l’autonomie et le développement personnel.» En revanche, à ses yeux, le manque de cohérence entre le discours de l’enseignant et celui de certains parents qui remettent en cause systématiquement l’école constituent un vrai problème en Suisse. (Le Matin)

Créé: 11.07.2015, 08h55

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