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Société

La consommation collaborative séduit de plus en plus de Romands. Née entre autres avec le covoiturage, elle s’étend aujourd’hui à tous les biens et services.

Par Cléa Favre. Mis à jour le 13.07.2013 13 Commentaires
Eco-Jardins partagés entre les habitanst d'un quartier à Morges.

Eco-Jardins partagés entre les habitanst d'un quartier à Morges.
Image: Jean-Guy Python

Etes-vous tenté par la consommation collaborative?

LA VIE «SHARE» AU JARDIN, À TABLE ET AU LIT

AU JARDIN

Retrouver son voisin

ECOJARDIN Une quinzaine d’habitants de Morges s’évertuent à faire pousser un nouveau projet: un «écojardin». «C’est à la fois le côté écologique – avec des cultures biologiques – et le côté social qui m’ont séduite», explique Claudine Dind, l’une des initiatrices. «Il s’agit de revenir à l’échelle du quartier. Avec les réseaux sociaux, on a tendance à oublier son voisin. Nous entretenons ici des rapports autres que virtuels ou marchands.» Claudine Dind se montre très enthousiaste: «Chacun vient avec un petit quelque chose: on a reçu des plantons, des graines, quelqu’un a installé une barrière, un autre a planté des fleurs, la commune nous prête le terrain…» Pour l’instant, les habitants n’ont rien eu besoin d’acheter. Quand les légumes seront sortis de terre, ils seront partagés en fonction des besoins de chacun.

À TABLE

Mille personnes par soirée

SURFING DINNER «C’est lors d’un échange en Allemagne que j’ai découvert le surfing dinner. Le concept réunissait jusqu’à 1000 personnes par soirée», explique Bernat Palou, organisateur de ce type de soirées à Lausanne et participant. Qu’est-ce que le surfing dinner? «Les participants préparent une entrée, un plat ou un dessert. Ils reçoivent quatre invités chez eux pour manger ce qu’ils ont concocté. Et ils vont manger la suite ailleurs chez d’autres personnes.»
Le surfing dinner permet donc aux amoureux de la gastronomie de partager une passion commune, de rencontrer de nouveaux visages et de naviguer dans la ville. Un concept «original et sympathique» selon Bernat Palou qui permet de rencontrer douze nouvelles personnes en une seule soirée. La première suisse a eu lieu en mai dernier. D’autres rendez-vous suivront.

AU LIT

Vivre comme un local

COUCHSURFING Damien est devenu couchsurfer il y a 3 ans. Une communauté de voyageurs qui partagent hébergements, soirées et conseils gratuitement. «J’ai franchi le pas quand j’étais à Barcelone. Cette expérience m’a permis de connaître énormément de monde.» Ce n’est que dans un deuxième temps que Damien a profité du canapé des autres couchsurfers lors de ses voyages. «C’est génial! On a un contact différent. On n’est pas un touriste lambda qui se retrouve dans une chambre d’hôtel avec son guide. On peut vivre comme un local avec des gens sur place qui nous emmène en dehors des sentiers battus.» Lui-même a accueilli chez lui à Nyon (VD) une cinquante de voyageurs du monde entier. «Bien sûr, le côté gratuit est aussi très attractif. Mais c’est un échange. La moindre des choses est de participer en apportant un petit cadeau. Moi par exemple j’amène toujours du chocolat suisse.»

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Radins, altruistes, gauchistes ou adeptes de la rentabilité maximale… Tout ce petit monde se retrouve autour d’une économie en pleine expansion: la consommation collaborative. Qu’est-ce que c’est? Il s’agit tout simplement de prêter, louer, troquer et donner. Une multitude de sites proposent aujourd’hui de partager sa voiture, les 6 m2 qui restent disponibles dans son garage, ses habits et mêmes ses petits talents. Cette nouvelle philosophie prospère depuis peu en en Suisse romande, où chaque semaine voit naître un projet supplémentaire: écojardins à Morges (VD) et couchsurfing ou encore surfing dinner à Lausanne.

L’essor de la consommation collaborative a en fait déjà commencé au début des années 2000, boostée par le développement des nouvelles technologies, d’après Anne-Sophie Novel, auteure du livre «La vie share» qui vient de paraître aux éditions Alternatives. Et le phénomène s’accélère encore aujourd’hui sous l’effet de la crise en Europe.

«On voit émerger une «culture du nous», recentrée sur le lien social» explique Anne-Sophie Novel. Il s’agit aussi d’«optimiser l’utilisation des objets, des services et des compétences de chacun. Le consommateur se désencombre, achète mieux et fait remonter son pouvoir d’achat.» Comme le relève la docteur en économie, le véhicule personnel par exemple reste en moyenne inutilisé 92% du temps. Une aberration qui coûte cher et que de très nombreuses personnes ne peuvent plus se permettre. Il en est de même avec les appareils à raclette, une partie de notre garde de robe ou encore la tondeuse à gazon.

Nouvel état d’esprit

D’où une question qui s’impose de plus en plus: pourquoi acheter quand on peut partager? Aux yeux d’Anne-Sophie Novel, nous sommes face à un état d’esprit complètement nouveau. «Pour les consommateurs, il est moins important de posséder un produit que de pouvoir l’utiliser.» Une évolution qui s’explique par un désinvestissement affectif vis-à-vis des choses matérielles. Et moins on accorde de valeur affective à un objet, plus on est enclin à le prêter.

Cette économie a cependant des limites à chercher dans ses principes mêmes. A savoir la confiance. Quelle crédibilité accorder à un internaute que l’on n’a jamais rencontré? Peut-on sereinement partager un trajet en voiture avec un étranger? Face à ces réticences, les sites tentent de mettre en place des gardes fous: assurance, présentation détaillée des membres, garantie sur les paiements. Mais ceux-ci ne suffisent pas toujours à convaincre le consommateur. (Le Matin)

Créé: 13.07.2013, 09h26

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13 Commentaires

Guy Borgeat

13.07.2013, 11:48 Heures
Signaler un abus 45 Recommandation 1

Si ce procédé prend de l'importance, je suis prêt à parier que nos autorités vont pondre une loi pour autoriser la TVA à prélever sa dîme. Répondre


JeanPaul Costantini

13.07.2013, 10:55 Heures
Signaler un abus 41 Recommandation 4

Dans mon village d'Espagne, le troc est très courant. Je répare des tracteurs, trouve des solutions d'informatique, donne des cours de français et de maths et en échange, on me donne d'excellents légumes et fruits cultivés sur place ou encore de l'huile d'olive maison ou des pâtisseries. L'échange est spontané sans négociation préalable et bien plus agréable que de l'argent. Répondre