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La chasse au trésor par GPS fait des émules

Loisir

Se munir d'un GPS et partir à la recherche de cachettes disposées dans le monde entier. Inventé dans les années 2000, le «géocaching» ou chasse au trésor high-tech, connaît une forte expansion et fait toujours plus d'adeptes.

Par Laureline Duvillard. Mis à jour le 14.08.2012

1/8 Les caches sont parfois difficiles à trouver.
Image: DR

   

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Confectionner une cache

Chacun peut constituer une cache. Il suffit de choisir une location, d'y placer un contenant étanche avec au moins un logbook et un stylo qui permettront à la personne qui a trouvé la cache d'inscrire son nom, la date et l'heure à laquelle elle l'a trouvée.

Une petite note accueillant le chercheur devra également être placée à l'intérieur. Des objets peuvent également être placés dans la cache, mais rien de périssable. Il convient ensuite de calculer précisément les coordonnées GPS de la cache puis de remplir le formulaire d'inscription online pour répertorier sa cachette.

Le concepteur de la cache est ensuite responsable de son entretien.

L'origine du géocaching

Le 1er mai 2000 le gouvernement américain annonçait qu'à partir de minuit, il abandonnerait la dégradation intentionnelle du Global Positioning System (système de géolocalisation par satellite). Ce décret a permis aux civils utilisateurs d'un GPS de se positionner ou de positionner des éléments dix fois plus précisément qu’auparavant.

Le 3 mai, Dave Ulmer un consultant informatique désireux de tester la nouvelle précision du GPS cachait une boîte (avec un calepin, un stylo et divers objets dont des livres et des vidéos) dans les bois, près de Beavercreek en Orégon, et postait les coordonnées de la cache sur Internet.

Le géocaching était né. Le préfixe géo a été utilisé pour décrire la nature globale de l'activité mais aussi en tant qu’abréviation courante de geography. Le mot caching a ensuite était accolé. Il découle du mot cache, utilisé aujourd'hui en anglais pour décrire des endroits où sont cachées des armes.

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Le GPS a remplacé la carte géographique usée par le temps et le trésor n'a plus la forme d'un coffre-fort, mais d'une boîte constituée de stickers, de porte-clés, de babioles sans valeur voir uniquement d'un bout de papier. Peu importe, les «géocacheurs» n'enfilent pas leurs chaussures de randonnées pour un amas de pièces d'or, mais pour le plaisir de la découverte.

«Un peu fatigué de la foule du festival de Locarno, j'ai décidé de m'évader un moment hors de la ville et de partir à la recherche d'une cache. Celle-ci m'a conduit à un magnifique point de vue, avec un panorama sur la Piazza Grande, je n'aurai jamais découvert cet endroit si je n'avais pas cherché cette cache», explique Jan Boesch qui a commencé à pratiquer le géocaching en 2006. Cet habitant de la Neuveville a déjà dégotté une septantaine de caches, dans une dizaine de pays. «Cela représente un nombre dérisoire face aux 13'110 caches dénichées par le meilleur géocacheur suisse» rigole-t-il.

Des milliers de caches

Contenants de différentes tailles et formes, allant du tupperware à un aimant de la grosseur d'une tête de vis, environ 1,9 million de caches, conçues par les adeptes de cette chasse au trésor géante, se dissimulent dans quasiment tous les pays du globe. Et ce nombre est en constante augmentation. La Suisse, pour sa part, en compte plus de 17'500. Sous l'eau, sur un sommet, derrière un caillou ou dans une grotte, ces boîtes se trouvent parfois dans des endroits insolites ou difficiles d'accès. Et trouver une cache peut nécessiter de très longues minutes de recherche.

«Je me souviens d'une cache dans une cabine téléphonique sur les Ramblas à Barcelone, c'était une nano-cache aimantée et nous avons dû dévisser des boulons de la cabine, nous avons mis presque une heure à la trouver. Plusieurs personnes nous regardaient bizarrement. Mais nous n'étions pas les seuls, nous avons rencontré sur place un couple d'américains également venus pour la cache», se souvient avec amusement Jan Boesch.

La pratique de la chasse au trésor avec GPS

Entrer dans cette communauté de chasseurs de trésors est simple. Il suffit de s'inscrire sur le site de référence www.geocaching.com (en anglais) ou sur www.opencaching.com (en français), de choisir l'endroit où l'on souhaite se lancer à la poursuite d'une cache, de télécharger les coordonnées GPS de celle-ci et de partir à l'aventure. Il convient également de ne pas surestimer son niveau et de commencer par une cache pour débutant, qui ne laissera pas le néophyte sur les genoux après avoir tourné trois heures en rond.

Pour découvrir certaines caches, les adeptes de ce loisir au grand air doivent parfois faire attention à plusieurs indices didactiques parsemés sur le chemin ou activer leurs méninges pour résoudre une série d'énigmes ou de calculs. «On trouve de tout, parfois les gens donnent les coordonnées d'un point de départ et il faut calculer les coordonnées suivantes à l'aide d'éléments rencontrés sur le parcours, parfois il faut résoudre une question avant de partir pour obtenir les coordonnées de la cache», remarque Jan Boesch.

Une fois la cache trouvée, il suffit de laisser une trace de son passage dans le logbook (livre de bord) ou le papier que contient le récipient. Le géocacheur, de retour dans ses pénates, devra également indiquer, via le site web, sa trouvaille (ou non) au concepteur de la balade.

Hors des sentiers battus

Généralement dissimulées par des fins connaisseurs de la région, les caches sont souvent placées de manière à emmener le traqueur hors des sentiers battus ou à lui faire partager des endroits symboliques. Elles offrent ainsi une belle randonnée, mais avec un but. «Les enfants apprécient particulièrement le géocaching, car cela donne un objectif à la balade, ils veulent être les premiers à découvrir la cache», relève Jan Boesch. Mais cette réminiscence des chasses au trésor de l'enfance enchante aussi les adultes.

«Depuis une année, la pratique du geocaching a explosé. De plus en plus de gens achètent des GPS pour la randonnée et le géocaching» relève Romain Walt, Product Manager pour Garmin Suisse. D'ailleurs, la marque a lancé l'automne passé un modèle de GPS bon marché (149 francs) dédié au géocaching (il est accompagné d'un kit spécial débutant), dont les ventes ont décollé depuis ce printemps. Car les géocacheurs sortent avec les beaux jours. «Nous avons une cache près de notre entreprise à St-Blaise et nous voyons tous les jours des gens s'y arrêter», remarque Romain Walt.

Munis d'un GPS ou d'un smartphone, ils sont plus de cinq millions dans le monde à partir occasionnellement ou plus ardemment traquer les caches. «J'en ai entendu parler par une personne qui désirait chercher des caches dans la région lausannoise. C'est une manière sympa de se balader, même si le côté technique peut être un peu rebutant, car il faut être très précis avec les coordonnées, sous peine de perdre beaucoup de temps», note Romain Bach qui a découvert le géocaching cet été.

Le boom des smartphones a fortement encouragé la pratique du géocaching, qui nécessitait auparavant l'achat d'un GPS. Car même si ce dernier reste plus précis, au niveau amateur, les applications pour smartphones dédiées au géocaching sont désormais assez sophistiquées pour pratiquer ce loisir sans grand investissement. L'application de Geocaching.com (10 francs) fournit même plusieurs détails, indices et images des caches.

Code de conduite

Autant d'informations précieuses pour s'immerger dans ce jeu de piste mondial, qui s'accompagne d'une philosophie dédiée au respect de la nature. Ainsi, des opérations «cache in trash out» sont régulièrement organisées. Les géocacheurs sont appelés à se balader avec un sac poubelle et à éliminer les déchets croisés sur leur chemin.

Le géocaching inclut également un code de conduite. Pas question de s'approprier un trésor sans en remettre un de même valeur dans la cachette, ou de s'emparer d'un «trackable» sans essayer de réaliser sa mission. Un «trackable»? Un objet destiné à quitter sa cachette pour voyager dans son pays ou à travers le monde.

Autre règle, faire attention à ne pas dévoiler la cachette aux «mugglers», ces personnes qui ignorent tout du jeu et peuvent déplacer ou détruire les caches. Voilà le badaud interloqué devant un groupe de personnes scrutant attentivement le dessous d'un banc averti. Les géocaches sont parmi nous et il ne faut pas les déranger. (Newsnet)

Créé: 14.08.2012, 17h00

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