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Jeunes, beaux, et croque-morts!

Portrait

Joëlle et David accompagnent les familles avec chaleur et sourire. Et privilégient les matériaux biodégradables.

Par Vincent Donzé. Mis à jour le 04.09.2012 1 Commentaire

Image: Sandro Campardo

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 C’est le deuil qui a réuni David et Joëlle dans le mariage, et qui a aussi décidé de leur métier.

Visiter les familles endeuillées en voiture électrique pour leur proposer des cercueils biodégradables, c’est une démarche qui coule de source pour Joëlle et David Comte. Ce jeune couple de croque-morts – 31 et 32 ans – à Bassecourt (JU) proposent des cercueils sans colle et sans laque, des urnes biodégradables, des tissus et des fleurs sans matériaux synthétiques. La voiture électrique sert aux formalités: pour le corbillard plus lourd, un modèle à essence s’est imposé dans sa version la moins polluante. L’écologie n’est pas un credo commercial, mais une évidence pour une génération qui a appris à respecter la planète. David et Joëlle Comte bousculent les traditions. Mais ce qui les rend atypiques, c’est d’abord leur trajectoire de vie.

Comment devient-on croque-mort? En reprenant des pompes funèbres de père en fils? «Pas du tout: mon père était décolleteur», corrige David Comte. C’est le décès de sa maman, quand il avait 2 ans, qui l’a profondément marqué. Devenu ramoneur, David est resté hanté par cette disparition dont il n’avait aucun souvenir.

Signe du destin

«C’est pour faire mon deuil que j’ai effectué un stage dans une entreprise de pompes funèbres», raconte-t-il. Incroyable signe du destin, le premier enterrement dont il s’est occupé était celui de sa grand-mère paternelle, celle qui s’était substituée à sa maman disparue.

Le choix professionnel de David était fait. Mais comment Joëlle l’a-t-elle rejoint? «J’ai rencontré mon épouse au décès de sa maman», confie David, qui n’était alors qu’un employé. C’était en 2006 et Joëlle en garde un souvenir ému: «Il s’est très bien occupé de ma maman. C’était une petite lumière dans un monde qui s’écroule.»

De là à devenir croque-mort, il y avait un pas pour Joëlle: «Si on m’avait dit que je m’occuperais des morts…» murmure l’épouse, maman de deux enfants. Mais restituer à d’autres l’aide qu’elle a reçue, c’était une belle motivation. C’est donc en couple que Joëlle et David Comte ont fondé leur entreprise, avec l’idée de «combattre l’image du croque-mort traditionnel de Lucky Luke». L’intitulé de leur entreprise n’est d’ailleurs pas «pompes funèbres», mais «accompagnement».

Loin d’être l’obstacle attendu, leur jeunesse s’est muée en avantage: «Les familles ont moins de retenue», constate David. «Elles peuvent s’identifier à nous», précise Joëlle. Au sortir d’une cérémonie, le couple de croque-morts s’entend souvent dire: «Mais ce que vous êtes beaux!»

Pour les conseils et autres formalités, monsieur ne noue pas sa cravate et madame n’enfile pas un tailleur: «Un peu de couleur, c’est un peu de chaleur», dit-elle. «Deux croque-morts noirs et tristes, non merci. Il y a du visuel chez nous», complète son mari. (Le Matin)

Créé: 04.09.2012, 07h49

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1 Commentaire

Frédéric Vouillamoz

06.09.2012, 08:17 Heures
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c'est normal quand on est jeune on a envie de bouffer la vie Répondre



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