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Au lit, les seniors prennent des risques

Sexualité

Syphilis, gonorrhée, chlamydia… Depuis dix ans, les maladies sexuellement transmissibles augmentent. Et pas que chez les jeunes!

Mis à jour le 09.06.2012 16 Commentaires
«Il est probable que l’âge donne une fausse impression 
de sécurité» selon le Dr. Matthias Cavassini

«Il est probable que l’âge donne une fausse impression de sécurité» selon le Dr. Matthias Cavassini
Image: Corbis

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Des papys et mamies qui simulent les positions du Kamasutra tout habillés dans la joie et la bonne humeur. C’est la vidéo détonante réalisée par l’association américaine Safer Sex for Seniors pour sa campagne de prévention. Son but: sensibiliser les aînés à l’usage du préservatif. Car s’il n’y a pas d’âge pour faire l’amour, il n’y en a pas non plus pour contracter une maladie sexuellement transmissible . Sida, syphilis, gonorrhée, chlamydia: aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, le nombre de nouveaux cas a doublé parmi les plus de 50?ans ces dix dernières années, selon plusieurs études récentes. Rien qu’en Floride, les IST (infections sexuellement transmissibles, selon la terminologie médicale) auraient progressé de 71% en une décennie. La Suisse n’est pas à l’abri. Un coup d’œil aux cas déclarés, disponibles sur le site de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), suffit pour s’en rendre compte. Parmi les quinquas et les sexagénaires, entre 2002 et 2011, les nouveaux diagnostics de chlamydia sont passés de 71 à 218, ceux de gonorrhée de 31 à 158. Pour la syphilis, on est passé de 127 à 193 cas entre 2006 et 2011. Au-delà de 70?ans, les malades sont plus rares, mais aussi en augmentation.

Du Viagra mais pas de capote Pour expliquer ce phénomène, certains mettent en avant l’évolution des mœurs: le fait que les seniors ont, aujourd’hui, une vie sexuelle plus longue, plus intense et plus libre, qu’ils divorcent plus souvent et auraient, donc, plus d’aventures érotiques. Aidés dans la multiplication de leurs ébats par les pilules de type Viagra. «Grâce aux médicaments contre les troubles de l’érection, les hommes au-delà de la cinquantaine ont une sexualité plus active qu’avant», reconnaît Willy Pasini. Mais pour le sexologue genevois, les seniors «voyagent plus, notamment grâce à des compagnies aériennes low-cost, il n’y a plus de limite, pour eux non plus, au sexe sans sentiments, bref ils diversifient leurs activités sexuelles».

Pour l’heure, toutefois, aucune étude approfondie n’a été réalisée sur le sujet. La sexualité des seniors elle-même demeure un thème très peu étudié. La dernière enquête suisse sur la santé, réalisée en 2007, incluait pour la première fois quelques questions sur les comportements sexuels. «Les résultats ont montré qu’au fil du temps le nombre de partenaires diminue, mais la sexualité continue», note Françoise Dubois-Arber, médecin à l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive, à Lausanne. Là où le bât blesse, relève-t-elle, c’est que les seniors utilisent peu le préservatif. Parmi les hommes de 61 à 74?ans, alors que 5% avaient admis avoir eu un rapport sexuel avec un partenaire occasionnel durant l’année écoulée, seul la moitié s’étaient protégés systématiquement. Comparativement, parmi les 15-30?ans, 30% avaient eu des aventures occasionnelles et 80% d’entre eux avaient utilisé un préservatif.

Danger sous-estimé «Il est probable que l’âge donne une fausse impression de sécurité. Les seniors ne se considèrent sans doute pas comme faisant partie d’un groupe à risque, analyse Matthias Cavassini, médecin adjoint au service des maladies infectieuses du CHUV. Par ailleurs, c’est une génération qui a vécu une sexualité sans préservatif et qui n’a pas forcément intégré les messages préventifs.»

Résultat: au lit, ils prennent des risques et les sous-évaluent. Mais ils ne sont pas les seuls. «Face à une perte de poids ou à des douleurs osseuses, le médecin généraliste qui suit son patient depuis vingt-cinq?ans va plutôt craindre un cancer que le sida ou la syphilis», ajoute Matthias Cavassini. Avec le risque d’identifier la maladie tardivement. La probabilité d’infection est sous-évaluée chez les plus de 45?ans, relevait l’OFSP dans un rapport sur les IST publié à la mi-mai: «Partant, les médecins doivent envisager plus fréquemment la possibilité d’une infection au VIH ou d’une IST chez ces personnes.» Pour autant, la porte-parole de l’OFSP, Eva van Beek, refuse de tirer la sonnette d’alarme. Selon elle, l’augmentation des cas n’est «pas dramatique» et ne justifie pas de mesures ciblées. N’empêche, la campagne Love Life 2012-2013 devrait tout de même, pour une fois, mettre en scène des protagonistes plus âgés et s’immiscer dans les publications destinées aux seniors…

Créé: 09.06.2012, 22h52

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16 Commentaires

Pierre Lombard

10.06.2012, 09:34 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 1

On est toujours le vieux de quelqu'un... et, à généraliser avec ce type d'aphorisme, on est souvent l'abruti de service... Répondre


C. Forget

09.06.2012, 23:43 Heures
Signaler un abus 9 Recommandation 0

On le répète sans cesse : " sortez couverts ". Répondre



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