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Le piercing pour bébés fait débat

Ethique

Des parents berlinois pourraient être condamnés pour avoir fait percer les oreilles de leur fillette, victime de stress post-traumatique après l’intervention. La question d’un âge minimal sera bientôt discutée au Bundestag.

Par Renaud Malik. Mis à jour le 27.08.2012 38 Commentaires

Image: iStockPhoto

Feriez-vous percer les oreilles de bébé?

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?Faire percer les lobes d’oreilles d’un bébé par un pharmacien ou un tatoueur doit-il être considéré comme une atteinte à l’intégrité corporelle? La question sera au cœur d’un procès qui doit s’ouvrir vendredi à Berlin. Elle pourrait aussi bientôt être examinée au Parlement allemand. Et ce, alors que la polémique sur l’interdiction de la circoncision rituelle des garçons fait toujours rage outre-Rhin.

Tout est parti d’une plainte visant un salon de tatouage du quartier de Lichtenberg, dans l’est de la capitale. Des parents y avaient conduit leur fillette à l’occasion de ses 3?ans, pour un perçage d’oreilles. L’enfant, à en croire le couple, aurait pleuré de douleur tout au long de l’intervention. Trois jours après, un examen médical a révélé un stress post-traumatique. Les parents, furieux, ont alors saisi la justice. Un choix qu’ils pourraient bientôt regretter: le juge en charge du dossier envisage aujourd’hui de les punir pour avoir imposé une telle épreuve à leur enfant. Quant au tatoueur, il pourrait être condamné, lui, pour n’avoir pas refusé l’intervention. Le verdict est attendu le 31 août.

Véritable rite de passage pour les petites filles, le perçage des oreilles «pourrait être considéré théoriquement comme une blessure corporelle», avance Sylvia Lunau, avocate spécialisée dans le droit de la famille. Le problème est pourtant bien plus complexe, au point de diviser les autorités berlinoises elles-mêmes. «En aucun cas, les enfants de moins de 6?ans ne devraient avoir les oreilles percées», a tranché le délégué à la Protection de l’enfance de la capitale, Detlef Kolbow. Une position que ne partage pas la secrétaire à la Santé, Emine Dermibüken-Wegner, qui estime que «l’Etat ne doit pas se mêler de cela» et que le choix du piercing relève du libre arbitre des parents. Elle se dit opposée à l’idée d’instaurer un âge minimal, sur laquelle se penchera bientôt la Commission des affaires juridiques du Bundestag.

Bijoutier ou pharmacien

En Suisse, rien n’empêche des parents de conduire leur bébé chez le pédiatre, le bijoutier ou le pharmacien pour un piercing. «Nous perçons les oreilles ou posons des boucles d’oreilles à n’importe quel âge, des bébés aux adultes», proclame le site d’une pharmacie genevoise. Celui d’un salon de tatouage biennois indique que le piercing des bébés et enfants est pratiqué «aux oreilles uniquement» et que l’intervention s’effectue au moyen d’un «pistolet complètement stérile et à usage unique».

«A ma connaissance, en Suisse, le perçage des oreilles est pratiqué dans d’excellentes conditions», observe la pédiatre genevoise Nicole Pellaud. Sans exclure le risque d’infection ou de stress post-traumatique chez l’enfant, elle souligne que le problème est surtout d’ordre éthique: «Comme pour la circoncision, la question est celle de l’atteinte à l’intégrité corporelle. Idéalement, pour une telle intervention dénuée de toute raison médicale, il faudrait que l’enfant puisse dire s’il est d’accord ou pas.»

Si la Société suisse de pédiatrie n’a pas adopté à ce jour de position à ce sujet, la question du perçage est l’objet d’interminables débats sur la Toile. «Ma puce a les oreilles percées depuis ses 8?mois», annonce fièrement une maman, sur le site Bebe.ch. «Perso, je trouve que c’est beaucoup trop tôt», rétorque une internaute. Une autre encore fait part de son appréhension: «Je ne veux pas décider de prendre ma puce sous le bras, l’amener à la bijouterie et lui faire maaal ( sic ) avec cette horrible agrafeuse.» (Le Matin)

Créé: 28.08.2012, 07h24

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38 Commentaires

Paul Martin

28.08.2012, 08:25 Heures
Signaler un abus 33 Recommandation 0

il est intéressant qu'un tel sujet nous paraissent si anodin, puisque c'est culturellement admis, et que pourtant il soulève des interrogations plus fondamentales sur l'intégrité corporelle de l'enfant. faut-il tout admettre sous prétexte "qu'on le fait depuis toujours", ou bien faut-il respecter le droit de l'enfant de décider pour lui-même, lorsqu'il aura l'âge de raison ?! Répondre


Maria Campo Santoro

28.08.2012, 07:53 Heures
Signaler un abus 29 Recommandation 1

les italiens mettent des boucles d'oreilles à leurs fillettes dès la naissance et ce depuis TOUJOURS ! Répondre



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