Profs au bord de la crise de nerf
Ecole
—Par Loïc Delacour. Mis à jour le 05.02.2012 82 Commentaires
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Une gifle d’un professeur à un élève. Ilya quelques années, le cas serait passé inaperçu. Mais les choses ont bien changé. Dorénavant, c’est un geste qui coûte cher. Le maître du Landeron (NE) dont parlait «Le Matin» la semaine dernière en sait quelque chose. Celle qu’il aurait administrée à deux élèves selon eux, mais qu’il conteste avoir don- née, lui a valu une mise à pied immédiate. Si personne ne cautionne un tel geste, beaucoup s’inquiètent de la pression qui est mise sur les enseignants, de la dégradation des rapports avec certains parents ou encore des élèves de plus en plus irrespectueux. Ces éléments pourraient pousser les profs à occasionnellement «péter les plombs». Les différents acteurs du métier de- mandent des changements.
Sentiment de solitude
Pour Georges Pasquier, président du Syndicat des enseignants romands (SER), le fait que certains d’entre eux dérapent n’est pas étonnant à l’heure actuelle. «Les professeurs sont soumis à toutes sortes de contraintes, déclare-t-il. Il y a le nouveau plan d’étude romand qui exige beaucoup d’implication. On leur demande aussi un fort engagement dans une école que l’on veut, à juste titre, inclusive et qui demande de prendre en compte les problèmes de chaque élève. Dans tous les cas, jamais nous ne justifions un acte violent.»
Les parents sont aussi conscients des problèmes. «Le métier d’enseignant est clairement de plus en plus difficile, note Barbara de Kerchove, présidente de l’Association vaudoise des parents d’élèves. Les attentes, que ce soit des parents ou de la société en général, sont en constante augmentation.»
D’autres mettent aussi le doigt sur un changement sociétal. «Nous sommes passés de l’enfant-roi à l’enfant-plaisir, relate Jean-Marc Haller, secrétaire général au SER. Les deux parents doivent travailler, et ils veulent des enfants pour passer du bon temps avec eux. La société doit donc s’occuper d’eux pendant qu’ils travaillent et lorsqu’ils rentrent, l’enfant doit bien aller. S’il y a eu un problème, c’est de la faute de l’école.» Du coup, l’alliance qu’il y avait auparavant entre les parents et les enseignants est de moins en moins fréquente. Les professeurs se sentent alors très seuls pour gérer les problèmes.
Changements en profondeur Afin d’éviter le pire, certains cantons réagissent. C’est le cas dans le Jura. «Nous avons mis en place une structure avec un psychologue pour soutenir les enseignants, explique Rémy Meury du Syndicat des enseignants jurassiens. Il nous a rapporté que les professeurs qu’il rencontre sont préoccupés par le fait de ne pas pouvoir se contrôler quand une situation devient insupportable.» Reste que dans le canton, les cas de violences sur des élèves sont très rares. «Ces sept dernières années, je n’ai eu connaissance que d’un seul cas. Un professeur, pourtant expérimenté, a donné une tape derrière la tête à un élève qui maltraitait du matériel informatique. Son cas a été jusque devant le tribunal, mais il n’a pas été con- damné. L’élève a reconnu devant le juge qu’il avait particulièrement exagéré, ce qu’il n’avait pas dit à ses parents.»
Les syndicats pensent que la profession doit évoluer. «La société change et se complexifie, affirme Jean-Marc Haller. Le métier d’enseignant demande une formation de plus en plus complète. Il faut diversifier ses programmes mais aussi augmenter sa durée.» La SER souhaite que l’on exige un niveau Master pour les enseignants généralistes.
Une autre revendication est un changement en profondeur de la gestion de classe. «Nous pensons qu’il faut sortir de la notion: un professeur, une classe, et introduire la notion de gestion de groupe», explique Georges Pasquier. Ainsi plusieurs professeurs auraient la charge des élèves, ce qui permettrait de partager les responsabilités, mais aussi d’amener une pluralité d’opinion quant à la bonne évolution d’un élève. (Le Matin)
Créé: 05.02.2012, 23h14
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82 Commentaires
Il faut cesser de punir les profs, et donner ainsi et de facto raison aux élèves indisciplinés et aux parents incapables ou refusant d'éduquer leur progéniture comme il se doit.
Inverser pareillement les rôles de coupables et victimes n'est autre que de la malhonnêteté.
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Dans ma famille il y a des enseignants et cet article résume parfaitement la réalité. Sans parler des parents égocentriques qui se permettent de corriger les profs à tout bout de champs sous prétexte qu'ils ont fait l'EPFL, médecine, droit ou HEC...mais alors qu'ils inscrivent leurs enfants en école privé!!! Répondre


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