Jeudi 20 juillet 2017 | Dernière mise à jour 20:08

Burnout Tous touchés par le mal du siècle

De plus en plus de personnalités et d’anonymes affirment craquer à cause de leur environnement professionnel. Les médecins sont inquiets.

Interview

Annik Dubied, sociologue de la célébrité et directrice de l’Académie du journalisme et des médias de l’Université
de Neuchâtel.

Pourquoi parler publiquement
de son burnout?


La peopolisation implique de parler de soi sur deux modes:
sa vie publique et sa vie privée, les aspects extraordinaires et ordinaires de son parcours, les événements glamour et les vicissitudes de la vie. Ensuite,
il y a parfois une forme de démarche «militante» qui se greffe là-dessus: je le fais pour expliquer, montrer aux gens ce que c’est. Et les people ont en la matière un privilège: prendre la parole sur un sujet qu’ils jugent important en étant sûrs d’être entendus et relayés.

Pourquoi ce changement?

Globalement, parler de ce genre de «faiblesses» en public est en phase avec le développement de ce que Serge Tisseron (un psychanalyste français) appelle l’«extimité» (par opposition à «intimité»), c’est-à-dire parler de soi. Il y a en effet une tendance au dévoilement de l’intimité qui s’accentue par étapes depuis quelques décennies.

Quels en sont les risques?

Chez les people, ce genre d’information est mis en balance avec d’autres, moins intimes. L’équilibre doit subsister pour que la figure people se maintienne. Faute de quoi sa destinée people ne fera pas long feu. ●
DR

Quelques questions à se poser

1 Est-ce que je me sens émotionnellement vidé par mon travail?

2 Est-ce que je me sens à bout à la fin de ma journée de travail?

3 Est-ce que je me sens fatigué lorsque je me lève le matin et que j’ai à affronter une nouvelle journée de travail?

4 Est-ce que je pense être devenu plus insensible aux gens depuis que j’ai ce travail?

5 Est-ce que je me sens frustré par mon travail?

*(EXTRAITS DU TEST DE MASLACH, BASÉ SUR LA FRÉQUENCE ET QUI COMPORTE AU TOTAL 22 QUESTIONS)

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Thierry Meury a confessé au «Matin Dimanche» être surmené. Le comédien de 47 ans a donc décidé de ralentir le rythme. Un témoignage qui s’ajoute à la liste déjà longue des victimes de burnout. Cette forme d’épuisement physique et mental touche le show-biz (Demi Moore, Mariah Carey, Muriel Robin…) Mais aussi les sportifs comme le sauteur à ski Sven Hannawald. Sans oublier les femmes et les hommes politiques comme Natalie Rickli et Yvan Perrin. En passant par les journalistes (Alessandra Sublet). Tous ont avoué publiquement avoir été consumés, vidés par le travail.

Mais le burnout ne touche pas seulement les personnalités. De nombreux Suisses sont confrontés à ce phénomène qualifié par certains de «mal du siècle». Notre sondage sur lematin.ch montre en effet que 39% des participants l’ont déjà vécu et 35% ont peur de tomber un jour dans cette spirale.

Données inexistantes

Si le phénomène semble prendre une ampleur inquiétante, il reste difficile à mesurer. Comme l’explique Daniel Dauwalder, porte-parole de l’OFSP, le syndrome de l’épuisement professionnel n’est pas scientifiquement reconnu comme une maladie. Il est considéré dans le DSM-5 (dernière bible du diagnostic publiée par la Société américaine de psychiatrie) comme une forme de dépression. C’est donc sous cette appellation que le burnout est comptabilisé. Par conséquent, on sait seulement que 5,2% de la population suisse souffre d’une dépression majeure.

Comment peut-on tomber dans l’engrenage du burnout? Pour Panteleimon Giannakopoulos, chef du département de santé mentale et de psychiatrie aux HUG, les individus ne sont pas tous égaux face à ce risque. «Généralement, ce phénomène va concerner des personnes très compétitives, conquérantes et qui vont tirer au départ beaucoup de satisfaction de leur univers professionnel. Des individus pour qui le travail constitue l’identité première. En même temps, leur ancrage familial sera plutôt faible», explique-t-il. Selon lui, le burnout touche majoritairement les cadres évoluant dans la finance, le monde académique, la médecine et autres cercles où la pression est importante.

Comment le reconnaître? «Une fatigue de fond, différente de celle causée par le sport par exemple doit alerter une personne», explique la psychologue Catherine Vasey, spécialiste du burnout. «On devient aussi irritable, voir agressif. A cela s’ajoutent des problèmes de sommeil. L’activité professionnelle prend de plus en plus de place et envahi la vie privée.» La personne va répondre à ses mails le jour, la nuit et les week-ends, jusqu’à s’isoler. «Le burnout va vraiment se déclarer quand l’objectif imaginé n’est pas atteint. Par exemple, quand un autre collègue obtient la promotion visée. Là, il y a réellement décompensation. Avant d’en arriver là, la phase de stress qui a précédé peut durer plusieurs années», précise Panteleimon Giannakopoulos.

L’idéal selon les spécialistes est évidemment d’agir en amont: savoir comment se défouler, se ressourcer, garder une distance saine avec son travail. «La meilleure protection est d’avoir à ses côtés un individu qui vous rappelle que le travail ne constitue pas toute votre existence», commente Panteleimon Giannakopoulos. Malgré tout, si le burnout s’est installé, un travail de redéfinition des priorités est nécessaire à travers une aide psychologique.

Outre le coût humain, le burnout présente également de lourdes conséquences financières. Selon l’Observatoire suisse de la santé, les coûts induits par les troubles de l’humeur chez les personnes en âge de travailler ont été chiffrés à plus de 11 milliards de francs. (Le Matin)

Créé: 15.10.2013, 07h44


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