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L'union de deux femmes témoigne d'une évolution des moeurs

Taïwan

Le mariage de deux femmes témoigne d'un changement des perceptions sur l'homosexualité en Asie. La religion bouddhiste ne fait pas autant obstacle à l'évolution des moeurs qu'en Occident ou dans le monde musulman.

Mis à jour le 12.08.2012 3 Commentaires

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Elles se marient selon le rite bouddhiste, une première

Elles se marient selon le rite bouddhiste, une première
Deux Taïwanaises ont célébré samedi la première union homosexuelle bouddhiste de Taïwan, espérant qu'elle ouvrira la voie à la légalisation du mariage gay à Taïwan et en Asie.

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Fish Huang et sa partenaire You Ya-ting, toutes deux âgées de 30 ans, ont été unies samedi par Shih Chao-hui dans un monastère de la capitale, Taipei, sans que cela n'émeuve personne.

«Le bouddhisme ne rejette pas l'homosexualité d'un point de vue idéologique. Et dans le confucianisme, c'est une zone grise, c'est pourquoi les sociétés orientales ont tendance à être plus tolérantes vis-à-vis de l'homosexualité», explique Shih Chao-hui.

Taïwan est certes une des sociétés les plus avancées d'Asie. En 2003, un projet de loi légalisant le mariage homosexuel avait été mis à l'étude, sans être jamais présenté au Parlement. Le président taïwanais Ma Ying-jeou estime que l'opinion publique n'est pas prête.

Et l'homosexualité reste un tabou dans une partie du continent, en particulier dans les pays musulmans comme la Malaisie, où la sodomie est passible de 20 ans de prison.

En Indonésie, pays à 80% musulman, l'homosexualité est autorisée entre adultes consentants et les homosexuels bénéficient d'une certaine tolérance, mais rares sont ceux qui osent afficher publiquement leurs préférences sexuelles.

La situation bouge dans les paxs bouddhistes

Les lignes commencent en revanche à bouger dans les sociétés à majorité bouddhiste.

Le Vietnam communiste doit amender l'an prochain la loi sur le mariage et la famille. L'Assemblée nationale ne devrait pas aller jusqu'à légaliser le mariage entre personnes du même sexe, mais elle pourrait autoriser une forme d'union civile.

Au Népal, des manifestations réclament régulièrement la légalisation du mariage homosexuel et à Tokyo, Disneyland a donné le feu vert aux gays et lesbiennes pour qu'ils se marient, informellement, dans le parc.

En Thaïlande, la communauté des GLBT (gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres) est depuis longtemps largement acceptée comme partie intégrante de la société.

La tolérance affichée dans ces pays tient au fait que les conservatismes ne sont pas ancrés dans la pratique religieuse, ou moins qu'ailleurs, soulignent les spécialistes.

«Il ne s'agit pas de croyance religieuse», indique ainsi le sociologue viêtnamien Le Quang Binh, directeur de l'Institut d'études sur la société, l'économie et l'environnement (ISSE) de Hanoï.

Le bouddhisme encourage le début

«Les gens qui s'opposent au mariage entre personnes de même sexe craignent tout simplement que les nouvelles structures familiales ne détruisent le modèle de famille traditionnelle», selon lui.

Le bouddhisme encourage, sinon facilite, le débat entre ses adeptes sur ces questions, sans les trancher a priori, en fonction d'un dogme.

«L'Ancien testament dit: +Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination+. Il n'y a rien de tel dans les écritures bouddhistes», note André Laliberté, chercheur à la Faculté des sciences sociales d'Ottawa.

«L'idée qu'il n'y a pas une vérité unique est vraiment fondamentale dans le bouddhisme, et l'idée qu'il y a une vérité unique est fondamentale dans le christianisme», abonde Hillary Crane, anthropologue au Linfield College dans l'Oregon (Etats-Unis).

Absence d'autorité sur la communauté

En outre, l'absence d'autorité absolue sur la communauté constitue la principale différence entre le bouddhisme d'un côté, l'islam et le christianisme de l'autre, souligne-t-elle.

«En général, le haut clergé bouddhiste est conservateur sur le plan sociétal, mais les adeptes bouddhistes peuvent défendre des vues très différentes», note André Laliberté, chercheur à la Faculté des sciences sociales d'Ottawa.

«Dans le catholicisme, ajoute Hillary Crane, vous êtes censé obéir au Vatican et à ses édits. Or il n'existe nulle autorité centrale de cette nature dans le bouddhisme». (afp/Newsnet)

Créé: 12.08.2012, 09h09

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3 Commentaires

Paul Martin

12.08.2012, 16:32 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Ce n'est pas une "évolution" des moeurs, mais le constat d'une culture "plus évoluée" que la notre sur ce sujet. la tolérance est une réalité pour les boudhistes. la culture du "livre", sous toutes ses déclinaisons, est beaucoup plus coincée de ce côté-là. nous sommes des arriérés. Répondre


Christelle Chen

13.08.2012, 15:01 Heures
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j'ai des voisins dont la fille de 25 ans organise toutes les 2 semaines des parties avec des filles de son âge, pas d'homme. J'ai repéré sa copine, voilà des gens parvenus qui ont un mode de vie avant-gardiste, quoiqu'en Chine, les homos, il y'en a depuis 10 ans à la télé. Répondre



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