Jeudi 8 décembre 2016 | Dernière mise à jour 20:54

Football Matches truqués en Italie: «Un problème culturel»

Selon l'un des protagonistes, le problème «ne concerne pas seulement les footballeurs mais aussi les arbitres, qui voient tout et ne font rien, les observateurs de la Fédération, les journalistes, les dirigeants...»

Pour Cristiano Doni, ancien joueur de l'équipe d'Italie, qui a fait de la prison en juin 2011 pour son rôle dans le «Calcioscommesse, il s'agit d'«un problème culturel».

Pour Cristiano Doni, ancien joueur de l'équipe d'Italie, qui a fait de la prison en juin 2011 pour son rôle dans le «Calcioscommesse, il s'agit d'«un problème culturel». Image: ARCHIVES/AFP

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Avec le «Calcioscommesse», l'Italie est touchée pour la troisième fois en 30 ans par un gigantesque scandale de corruption dans son football.

«C'est une honte, juge Fabio Capello. Cela paraît impossible que 30 ans après les gens continuent à chercher à truquer le résultat des matches».

Le foot est «infecté»

Grande figure du football italien, qu'il a exporté en Espagne (Real Madrid) ou en Angleterre (ex-sélectionneur), Capello juge qu'«en terme d'image, nous sommes les pires». Car déjà en 2006 le «Calciopoli», où des clubs, la grande Juventus en tête, choisissaient des arbitres bienveillants, et le «Totonero» en 1980 avait sali le «calcio».

Le foot est «infecté», selon la Gazzetta dello sport, quotidien sportif de référence, et ce nouveau scandale est «dévastateur», de l'aveu même du président de la Fédération italienne (FIGC), Giancarlo Abete.

D'autres grands pays de football ont aussi connu leurs affaires de corruption, comme Valenciennes-Marseille en France (1993), le scandale autour d'un match de Liverpool vendu par le gardien Bruce Grobbelaar en Angleterre (1994), ou l'arbitre corrompu Robert Hoyzer en Allemagne (2005), mais l'Italie est une multi-récidiviste.

Au point que le président du Conseil Mario Monti a lancé l'idée, par provocation, d'arrêter le football deux à trois ans le temps de nettoyer les écuries d'Augias.

«En Angleterre cela n'arrive pas, en Italie en revanche si». Ce jugement sur le «Calcioscommesse» est celui d'un des mafieux recherché par la police italienne, Hristiyan Ilievski, chef du groupe de parieurs frauduleux des «Zingari», que le quotidien La Repubblica est allé interviewer en Macédoine en mars 2012.

L'habitude de lever le pied

Pour Cristiano Doni aussi, qui a fait de la prison en juin 2011 pour son rôle dans le «Calcioscommesse, il s'agit d'«un problème culturel», évoquant par exemple cette habitude de lever le pied pour ne pas mettre en difficulté une équipe menacée de relégation.«Chez nous existe l'habitude de ne pas envoyer en (Série) B (2e div.) un collègue en danger, explique l'ex-capitaine de l'Atalanta. Et depuis qu'on a légalisé les paris ces habitudes persistent.

Le problème prend maintenant d'autres proportions, mais le point de départ est un défaut culturel qui ne concerne pas seulement les footballeurs mais aussi les arbitres, qui voient tout et ne font rien, les observateurs de la Fédération, les journalistes, les dirigeants...»

«Il faut faire voler en éclat cette omerta qui est en train de détruire le foot, ajoute Doni. Il faut avoir le courage de raconter la pourriture du foot».

Les magistrats pensent peu ou prou la même chose et pointent l'ombre du crime organisé. Le jeu «favorise le recyclage de l'argent sale, prévient le procureur antimafia Antonio Ingroia, et les mafias tendent à préférer les trafics "gris aux noirs" (la drogue, ndlr)».

Le juge dénonce lui aussi l'omerta. «La situation est tellement grave que le monde du football se sent menacé et choisit une position ultra défensive, explique-t-il. Souvent joueurs, techniciens dirigeants et supporters préfèrent le silence, mais les composantes saines (du foot) ne peuvent pas ne pas voir».

Petite note d'optimisme tout de même, les Italiens sont «les meilleurs pour poursuivre les crimes«, selon Capello.

(Créé: 06.06.2012, 10h48)

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