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Pourquoi les Suisses n'y arrivent-ils pas?

Londres 2012

Les Suisses n’ont pas décroché la moindre breloque en six jours de compétition. Des spécialistes et un sportif cernent des raisons.

Par Patrick Oberli. Mis à jour le 03.08.2012 16 Commentaires
A l'image de Fabian Cancellara, les Suisses ont raté leur rendez-vous olympique.

A l'image de Fabian Cancellara, les Suisses ont raté leur rendez-vous olympique.
Image: AFP

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1er août, journée de défaite nationale

1er août, journée de défaite nationale
Le feu d’artifice espéré pour la fête nationale ne fut qu’une succession de pétards mouillés.

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Six jours de compétition et toujours pas de médaille! En Suisse, l’espoir laisse la place à la frustration. Le public devra-t-il se contenter des images des cérémonies protocolaires pour admirer les médailles?

La délégation helvétique semble empêtrée dans une spirale négative. La défaite se nourrit de la défaite et la vie devient lourde. «Une première semaine sans médaille rend la seconde beaucoup plus difficile», reconnaît Werner Augsburger, directeur de Swiss Volley et ancien chef de délégation olympique.

Au-delà de la déception se profilent les questions de fond. Les athlètes suisses ne sauraient-ils plus gagner? Préparateur mental depuis 25?ans, Romain Ducret avoue un certain blues après la débandade du 1er août. «Peut-être que nos sportifs sont à l’image des citoyens de ce pays. Ils cultivent une mentalité de seconds… Quand j’ai vu les épéistes manquer leur rendez-vous, je me suis aussi demandé si l’on préparait suffisamment les athlètes sur le plan mental. On oublie trop souvent que cet aspect appartient au cercle de la performance. S’il est négligé, le cercle ne se referme pas.» C’est alors l’échec et la spirale infernale.

La pression augmente

Car une fois enclenchée, tout s’enchaîne. La pression du public s’accroît, tout comme celles des médias et des dirigeants, plaçant les sportifs encore en lice dans l’œil du cyclone. Pour supporter cette tension, le compétiteur n’a plus que son caractère et son expérience.

«La réaction dépend de l’individu. C’est là que l’on différencie le champion de l’athlète», estime Werner Augsburger. Qui demande aussi une certaine indulgence, car le sport n’est toujours pas une science exacte. «Par le passé, nous estimions que pour trois athlètes capables de décrocher une médaille, les chances de réussite étaient de 30%. Mais cela peut être moins. De plus, certains sportifs ont besoin d’une édition d’apprentissage. Les JO ne sont pas une compétition comme les autres. Tout un pays regarde. Apparaître largement dans les médias, après des années d’anonymat, n’est pas anodin.»

Jean-Christophe Guinchard confirme, lui qui a participé au triathlon de Sydney en 2000. «La tentation de profiter de cette lumière est grande. Mais après, on s’écarte de l’objectif et obtenir un résultat devient difficile.»

Le manager du Team Bikepark n’a pas vécu la pression des contre-performances olympiques, mais il en connaît très bien les mécanismes: «A Sydney, c’était l’inverse. Les filles avaient réalisé de bons résultats dès le départ (ndlr: or pour Brigitte MacMahon et bronze pour Magali Di Marco-Messmer). Les dirigeants de Swiss Olympic étaient donc moins nerveux.»

Car dans la tension croissante, l’attitude des responsables compte aussi: «Il n’y a que les médailles qui importent. Ce sont elles qui rapportent l’argent. Ce sont elles que l’on vend aux sponsors et qui déterminent le montant que le CIO verse après les compétitions.» Autrement dit: la disette actuelle pourrait déterminer le niveau de vie du sport suisse dans le futur. Heureusement, les Jeux ne sont pas terminés. Et le portrait-robot du médaillé suisse capable de résister à la pression existe. Il ressemble étrangement à… Roger Federer. (Le Matin)

Créé: 03.08.2012, 09h17

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16 Commentaires

Michel Ritzi

03.08.2012, 09:37 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 0

Suisse ou pas suisse, il faut accepter une évidence: on ne peut pas toujours être bon et être au top éternellement, parce que nous sommes tout bêtement humains et que d'autres peuvent aussi nous surpasser, et que ma foi, ce n'est ni une honte, ni un déshonneur, mais tout bêtement la vie! Répondre


Chris Leu

03.08.2012, 10:05 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 0

C'est aussi principalement à cause de notre système catastrophique de sport études. Ou aujourd'hui il est extrèmement difficile de conjuguer les deux pour un jeuen athlète helvétique.La structure suisse olympique est également complètement défaillante, son budget est énorme et bien pue d'argent arrive aux sportifs eux mêmes tellement l'argent est perdu par l'appareil administratif Répondre



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