ACCUEIL 19.9.2014 Mis à jour à 01h10

La belle trajectoire de Thabo Sefolosha

Basketball

La star de NBA est aujourd’hui à la place de la Navigation à Lausanne. Le Vaudois, qui a aussi des origines sud-africaines, rend banal l’exceptionnel. Rencontre avec un grand bonhomme.

Par Christian Maillard. Mis à jour le 21.07.2012

Image: Laurent de Senarclens

Les dates-clés

1984

Un père qui vient d’Afrique du Sud et une maman suisse: Thabo leur a amené de la joie 2 mai à Vevey.

2001

A 17?ans, il joue en LNA avec Vevey, en compagnie de son frère Kgomotso. Il crève l’écran.

2003

Repéré par Grégoire Beugnot, il rebondit à Chalon-sur-Saône dans le championnat de France.

2006

Après une saison en Italie (Angelico Biella), il est drafté en NBA par Philadelphia avant d’être prêté aux Chicago Bulls.

2008

Après trois ans à Chicago, il rejoint Oklahoma, où il est élu dans la NBA All-Defensive Second Team en 2010.

2012

Après une saison magnifique, il devient le premier Suisse à disputer, contre Miami Heats, une finale de NBA.

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Dis, papa, c’est encore loin l’Amérique? Tais-toi et inspire-toi de Thabo Sefolosha! Le Vaudois, qui a suivi sa bonne étoile, est aujourd’hui (dès 8?h?15) sur la place de la Navigation à Lausanne, à l’initiative des Thabo Rivella Games. Il est le premier Suisse à jouer dans la plus grande ligue du monde, récent finaliste avec Oklahoma. Thabo Sefolosha veut «rester quelqu’un de sympa et d’accessible».

«Je gère assez bien la pression»

«Il y a eu, forcément, une amertume après notre défaite en finale de NBA contre les Miami Heat de Lebron James. C’est décevant de perdre si près du but. Comme un goût d’inachevé. Je réalise, malgré tout, que notre saison avec le Thunder d’Oklahoma a été magnifique. Depuis mon retour en Suisse, je n’ai reçu que des échos positifs. On a aussi écrit que j’étais «un joueur intelligent, un coéquipier modèle, qui savait se sacrifier» et que j’étais «peu soucieux de mon ego». C’est sympa. Je suis la personne que je suis. Qu’il y ait 500?ou 22?000 spectateurs comme dans notre salle d’Oklahoma, je me concentre de la même manière. Avec l’expérience, je gère assez bien la pression. Ce que pensent les autres, peu importe. Je suis bien dans ma peau. J’ai surtout envie de continuer à progresser et prendre du plaisir sur le parquet. Là, ma mission est accomplie. Cela dit, quand on a goûté à la finale et qu’on la perd, la défaite reste en travers de la gorge. Elle va nous motiver aussi à franchir un palier supérieur. Si cela peut être un mal pour un bien, tant mieux.»

«Je suis entré dans mon dessin»

«Mes parents sont artistes, mon frère jouait du piano et moi à la batterie. J’ai eu, c’est sûr, une vie quelque peu rock’n’roll. Gamin, on se lançait des défis avec mon frangin, Kgomotso (ndlr: il joue aussi au basket, à Vevey). Il a vu les sacrifices que j’ai consentis pour arriver à ce niveau. Nous étions très complices, mais, lorsqu’on s’affrontait en un contre un, cela se terminait une fois sur deux en bagarre. C’est cela qui m’a aidé à réussir. C’était la période où ma mère m’emmenait aux entraînements et aux matches avec sa petite Panda. Cette voiture fumait et avait des trous dans le plancher. Je me souviens, j’avais promis à ma mère de lui racheter une voiture dès que j’aurais signé un contrat en NBA. J’ai tenu ma promesse. Ce n’était pas un luxe. Un jour, c’est vrai, alors que j’étais tout petit, j’ai dessiné un joueur de NBA sur une feuille. A l’époque, Scott Pippen et Michael Jordan étaient mes idoles. Aujourd’hui, je suis entré dans le dessin et j’y ai ajouté de la couleur. J’ai vécu un rêve d’enfant à la sueur de mon front. Comme si j’étais monté dans une montgolfière. La NBA, c’est bien plus que je ne l’avais imaginé. Il y a toutefois moins l’aspect glamour et de superstars que je ne le pensais. Dans ce monde d’argent et de pression, cela peut se révéler dangereux. Mais je dois avouer qu’on s’y habitue. En ce qui me concerne, je ne crois pas que cela m’ait tourné la tête. Je vis normalement avec tout ce qu’il y a autour. Je n’ai pas fait de folie, j’ai seulement acheté une île et je me balade avec mon jet. (Il rit.) Je plaisante, bien sûr. Non, je fais naturellement attention à l’argent que je gagne, que ce soit avec le basket ou autrement.»

«Je suis qui je suis, loin d'être parfait»

«Je suis un défenseur et fier de l’être. Parce que c’est ainsi que l’on gagne un match. Je pourrai être impliqué davantage offensivement, mais c’est la NBA, du business, et j’apprécie mon rôle. Grâce à moi, la Suisse s’est un peu rapprochée des Etats-Unis et c’est une bonne chose. Je suis devenu un ambassadeur de ce sport. Mais je ne pense pas avoir plus de responsabilités par rapport aux enfants depuis que je suis une star en NBA. Je veux volontiers devenir un exemple si on prend mon parcours réalisé, que l’on mette en avant le travail effectué pour y arriver. C’est probablement hypocrite, mais je n’ai pas envie d’être un modèle. Je suis qui je suis, loin d’être parfait. Si tu aimes le personnage tant mieux, sinon je ne vais pas changer sous prétexte que des gens me regardent. J’essaie déjà d’être à la hauteur avec mes deux filles, Lesedi et Naleda. Je veux le meilleur pour elles. Je suis parfois un papa poule avec des règles qui sont un peu élastiques. Actuellement, elles shootent dans un ballon et font beaucoup de danse. Je profite de les voir grandir. Si on me dit, comme vous, que ma trajectoire ressemble beaucoup à celle d’un Bâlois installé de nouveau sur le Toit du Monde, qu’il y a du Federer en moi, je le prends comme un compliment. D’avoir en soi le meilleur tennisman de tous les temps, un compétiteur-né, je dis merci. C’est une personne incroyable. J’admire son parcours et sa simplicité. Vous avez raison: je suis resté le même, comme Rodger. Je suis un gars sympa, disponible et toujours soucieux de redonner ce que j’ai reçu. On a aussi écrit dans L’Equipe que, derrière mon visage lisse, j’étais aussi discret dans la vie qu’envahissant sur le terrain, où je déborde d’énergie. Ce n’est pas si faux, mais j’ai envie de répondre: «Méfiez-vous de l’eau qui dort!» Je suis assez calme, c’est vrai, je l’ai toujours été, c’est dans ma nature. Mais sur le terrain je suis un peu différent.»

«En Suisse, on a du talent»

«Si notre équipe nationale n’est pas comme la France et mon ami Tony Parker aux Jeux à Londres cet été, je pense qu’elle aura les moyens de bientôt se qualifier pour une compétition majeure comme l’Euro. On a le talent, l’envie et la mentalité. Cela ne signifie pas que cela arrivera cette année, que c’est si facile, mais à moyen terme cet objectif est atteignable. J’en suis persuadé. Malheureusement, une microdéchirure à une cheville m’empêche de disputer cet été les qualifications pour 2013. J’ai dû écouter mon corps. Entre ma période à Fenerbahçe durant le lock-out salarial de la NBA et notre belle aventure jusqu’en finale, j’ai joué malgré des douleurs. Si j’ai évité l’opération, j’ai besoin désormais de repos. Cela m’a permis de passer du temps avec les 300 jeunes qui ont participé à mon camp à Blonay. Il s’agissait de la 6e?édition. J’ai eu envie de leur transmettre des valeurs humaines, autres que la compétition. Après un match de gala vendredi à Vevey, nous terminerons ces deux semaines de stage par un tournoi de streetball, les Thabo Rivella Games, ce dimanche à la place de la Navigation à Lausanne. De nombreuses animations et des surprises sont prévues.» (Le Matin)

Créé: 22.07.2012, 09h07

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