Dimanche 4 décembre 2016 | Dernière mise à jour 18:31

Football/Hockey Boire ou bien se conduire, il faudra peut-être choisir

Boire l’apéro au match était une tradition sacro-sainte. Mais les Départements de justice et police prônent l’abolition dans les enceintes sportives.

Les temps sont durs pour ceux qui supportent les verres.

Les temps sont durs pour ceux qui supportent les verres. Image: Keystone

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On vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Les stades, en ce temps-là, accrochaient leurs fanas… et tout se passait bien. Aller au match pour soutenir son équipe favorite était une chose; mais aller au stade ou dans une patinoire pour voir les copains et boire l’apéro n’en était pas une autre. Pourtant, la bière de la mi-temps, la bibine que l’on partage entre amis, pourrait bien ne devenir qu’une vague réminiscence du passé.

Dimanche dernier, SonntagsBlick annonçait que la Conférence des directrices et directeurs des Départements cantonaux de justice et police (CCDJP) planchait sur une réduction drastique de la vente d’alcools dans les stades et les patinoires de Suisse. Ainsi, seules les bières présentant un taux d’alcool inférieur à 3% seraient autorisées, avec une exception pour les espaces VIP, il ne faut quand même pas exagérer!

Si cette mesure devait être effective – une décision interviendra courant novembre lors de l’assemblée générale des directeurs cantonaux – elle aurait de grosses répercussions. Durant la semaine, les clubs ont déjà réagi: une telle mesure provoquerait par exemple un manque à gagner de huit à dix millions de francs pour les douze clubs de LNA de hockey sur glace, qui ont de surcroît conclu un contrat de sponsoring principal avec une marque de bière!

Mais, quel que soit le liquide, c’est à une tradition forte que l’on s’attaque. Et une nouvelle fois, une grande majorité trinquerait pour une poignée d’imbéciles récalcitrants semant la panique là où ils passent. Bientôt fini, le temps où l’on s’envoyait son petit apéro au match, comme on le faisait aussi le dimanche après être allé voter ou au service religieux. Autres temps, autres mœurs.

Différences de traitement

Pourtant, en juin dernier, et gros partenariat oblige, on apprenait que la vente de bière serait autorisée dans les stades de la prochaine Coupe du monde brésilienne, en 2014. Mais l’alcool était interdit quelques jours plus tôt dans l’Allianz Arena munichoise, à l’occasion de la finale de la Ligue des champions. Différence de traitement entre la FIFA et l’UEFA? Même pas. En octobre 2008, les buvettes du stade d’Olympiakos Pirée, théâtre d’un Grèce - Suisse qui avait permis à l’équipe de Hitzfeld de remporter une victoire décisive dans l’optique de la qualification pour le Mondial 2010, avaient des allures de bars de night-club. Bière, vin, ouzo, brandy, whisky, gin ou rhum: on trouvait de tout, alors même que le match avait été catalogué comme étant «à risques».

«Ne mélangeons pas tout, avertit ainsi le conseiller national PDC fribourgeois Dominique de Buman. Il existe des traditions, comme se tourner une fondue à Saint-Léonard avant un match de hockey sur glace, qu’on ne peut pas balayer sous le seul prétexte de sécurité. Je rappelle aussi que les forces de l’ordre servent à assurer ladite sécurité. Je suis donc très sceptique face à cette éventuelle interdiction. Car à ce rythme-là, on ne fera bientôt plus rien.»

Avis partagé par le chanteur Alain Morisod, ancien président d’UGS: «Qu’on encadre et, le cas échéant, punisse les excessifs. Mais faire une loi pour une minorité qui emmerde le monde, ça non! Aux Etats-Unis, avec ce que les grandes brasseries investissent dans les clubs, ce serait tout simplement impensable.» Ancien international de football reconverti dans le commerce de vin, le Valaisan Christophe Bonvin n’en veut pas davantage: «Je suis membre du comité du mouvement juniors du FC Sion, et on organise souvent des events en marge des matches. Le petit verre de vin fait partie de la tradition. Si on n’a plus le droit de vivre cela, je dis non. Il y a des problèmes? Investissons alors dans l’éducation et la prise de conscience, plutôt que de brandir un nouvel interdit.» (Le Matin)

(Créé: 07.10.2012, 09h12)
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