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David Ginola: «La ferveur anglaise transcende»

Interview

Avant de régaler les Vernets samedi à l’occasion du Genève Indoors, David Ginola s’est confié au «Matin». Du nouveau PSG à la passion des stades anglais, El Magnifico parle de tout avec la sagesse du retraité épanoui.

Par Mathieu Aeschmann. Mis à jour le 09.01.2013 1 Commentaire

Image: MAXPPP

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David Ginola, quel miracle vous amène à participer samedi soir au Genève Indoors?

J’avais gardé un excellent souvenir de mon premier passage aux Vernets. Une belle fête et un match Suisse - France avec Michael Schumacher comme renfort. Or comme il n’y a plus beaucoup de tournois en salle en Europe, j’ai de suite accepté l’idée de revenir jouer à Genève.

Vous allez y retrouver d’autres grands noms comme Patrick Viera, Jari Litmanen ou Vitor Baía. Est-ce l’assurance de passer un bon moment?

C’est déjà l’occasion de retrouver des vieilles connaissances. J’avais par exemple Alain Boghossian au marquage sur chaque corner des OM - PSG. Et puis nous essaierons de prendre un maximum de plaisir car c’est toujours le meilleur moyen d’en donner au public.

Plus globalement, est-ce qu’un ancien professionnel qui a tout connu peut encore s’émerveiller devant des instants de football?

Bien sûr. Et pour une raison très simple: chaque footballeur a la chance d’avoir transformé sa passion de jeunesse en métier. Dès l’enfance, je ne me voyais pas faire autre chose que jouer au football. J’ai donc conservé en moi une part du gamin de 9 ans qui a dit un jour à son père: «je veux devenir pro». J’ai évidemment vécu et vu certaines choses qui ont fait mûrir l’enfant. Mais elles n’ont pas pu entamer la passion du jeu et l’émerveillement qui en découle. A ce titre, des matches comme celui de samedi représentent une belle occasion de retourner en enfance.

Pour l’occasion, vous évoluerez enfin avec Teddy Sheringham que vous aviez manqué à Tottenham. Est-ce un regret?

J’aurais bien aimé jouer avec lui. Avec son jeu de tête et son sens du placement, je pense même que nous aurions pu concocter pas mal de buts. Mais je n’ai aucun regret.

Qui dit Tottenham, pense de suite à votre extraordinaire saison 1998-99. Quels souvenirs en conservez-vous?

Une très belle année avec une victoire en Coupe de la Ligue. Et puis ce titre de meilleur joueur de la saison qui vient saluer le travail accompli. Le fait d’avoir été élu par mes pairs alors que Manchester venait de réaliser le triplé lui donne encore plus de valeur.

Les ambiances de Newcastle et de Tottenham sont réputées pour leur ferveur. En quoi la passion du public représentait une source d’inspiration?

Lorsqu’un joueur entre pour la première fois dans un stade anglais, il réalise qu’il n’est que de passage. Il prend conscience que cette foule qui économise toute l’année pour s’offrir un abonnement constitue l’âme du club. Le sentiment de respect est alors immense. Puis quand un supporter en larmes vous tombe dans les bras après une défaite et vous dit: «Ce n’est pas grave, on gagnera samedi prochain», il vous confie une responsabilité qui libère des énergies. Cette ferveur a quelque chose de transcendant.

Certaines voix s’élèvent pour dénoncer un football et des footballeurs de plus en plus aseptisés. Partagez-vous cette critique?

Complètement. La majorité des joueurs se contente aujourd’hui de commenter leur match. On ne les connaît pas. J’ai le sentiment que nous étions plus proches du public. Peut-être parce que notre éducation avait insisté sur le fait que, sans public, un footballeur n’est rien. Selon moi, le décalage vient du fait qu’on a oublié d’éduquer des hommes avant de former des footballeurs. Notre formation saute l’étape fondamentale. Comment voulez-vous que les jeunes joueurs saisissent les rouages économiques et médiatiques du monde professionnel si on ne prend pas le temps de les guider dans leur vie d’hommes?

Sur le terrain, vous étiez «El Magnifico». Est-ce que la quête esthétique a joué un rôle important dans votre carrière?

Déjà le football est un spectacle, au même titre qu’une pièce de théâtre ou un match de tennis. Alors si on peut ajouter un peu de raffinement à l’efficacité, je trouve le cocktail intéressant. Maintenant, je n’ai jamais mis l’accent sur cette quête durant ma carrière. Mon style vient de ma formation et d’une forme d’instinct. Le football va d’ailleurs trop vite pour ne pas faire confiance à son instinct. Vous savez, un joueur ne peut pas retenter son contrôle comme un acteur rejoue sa prise.

Un 18 mois, le PSG a radicalement changé de dimension. Comment le glorieux ancien vit cette mutation?

Très bien. J’observe son évolution d’un œil curieux car le phénomène est inédit. Je trouve même incroyable et fabuleux de voir le club qui m’a révélé pouvoir bénéficier de tels investissements. Les Qatariens recrutent intelligemment, ils vont tirer le football français vers le haut ce dont il avait bien besoin.

Le PSG actuel aurait-il une chance contre celui de Ginola, Weah, Valdo ou Raí?

Dix-sept ans séparent ces deux équipes. Les joueurs, les mentalités et les méthodes d’entraînement ont changé. Du coup, je ne pense pas que la comparaison soit pertinente. Quel Brésil est le plus fort, celui de 1970 ou de 1994? Je préfère vous dire qu’on assisterait forcément à un grand match.

Est-ce que le connaisseur du football anglais que vous êtes sait comment Sir Alex Ferguson fait pour durer et continuer à gagner?

Si je connaissais son secret, je l’aurais pris à mon compte pour devenir entraîneur. (Rires.) C’est déjà quelqu’un de très intelligent qui accorde beaucoup d’importance au profil psychologique de ses joueurs pour les mettre dans les meilleures conditions. Ces derniers ont d’ailleurs tous un immense respect pour lui. Ils jouent presque autant pour le club que pour leur manager. Cela explique peut-être son incroyable longévité.

Enfin quel est le joueur avec lequel vous avez préféré jouer et celui avec qui vous auriez rêvé évoluer?

Au PSG, je n’avais besoin que d’un regard pour savoir si George Weah était dans un bon jour. Notre complicité était unique. Il savait que si j’étais pressé, je centrais au premier poteau. Et si j’avais de l’espace, c’était feinte au premier, ballon au second poteau. Sans vraiment se connaître hors du terrain, nous avions construit une magnifique complicité balle au pied. Sinon, j’aurais adoré jouer avec Maradona et Cruyff, l’idole de ma jeunesse, celui à qui j’ai toujours voulu ressembler. (Le Matin)

Créé: 10.01.2013, 07h31

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1 Commentaire

Kuenzi Patrick

10.01.2013, 12:04 Heures
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Ginola We do Love you. Tottenham Hotspurs Swiss fan club Répondre



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