Gros malaise dans la déroute
Tennis
—Par Gaëlle Cajeux. Mis à jour le 12.02.2012 135 Commentaires
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Encore sonné par le coup d’assommoir tombé samedi, avec la défaite en double de Roger Federer et Stanislas Wawrinka, un public fourni a néanmoins fait le déplacement au Forum Fribourg pour encourager Michael Lammer et Marco Chiudinelli. Mais leurs deux simples comptent «pour beurre», l’équipe de Suisse, menée 3 à 0 par les Etats-Unis, est déjà éliminée de la Coupe Davis. Balayée au premier tour alors que tout le pays rêvait de Saladier d’argent en fin de saison.
Un sentiment d’occasion unique manquée. «Oui, clairement, confirme René Stambach, le président de Swiss Tennis. Ce scénario n’était évidemment pas prévu dans le carnet de route du capitaine, ni dans celui du président. C’est ma 28e délégation en Coupe Davis et la seconde plus mauvaise après la République tchèque, où l’on avait joué avec Federer et Wawrinka et perdu contre Berdych et Stepanek.»
Comment expliquer cette déroute de l’équipe de Suisse pourtant représentée par son duo Roger Federer - Stanislas Wawrinka qui en faisait la logique favorite, à domicile, face à l’équipe américaine privée d’Andy Roddick et Bob Bryan? «Peut-être que tout le monde a vu cette équipe trop belle, peut-être que l’on était trop sûrs qu’ils allaient gagner la Coupe Davis en 2012. Peut-être que ci, peut-être que ça…, glisse l’ancien champion Marc Rosset. C’est à l’équipe de donner des réponses.» Mais le clan helvétique, justement, se veut plutôt avare de justifications. Voilà donc ce qui est apparu évident au Forum Fribourg.
Une terre promise qui se transforme en enfer
Etant l’hôte de ce premier tour de Coupe Davis, l’équipe nationale a eu le choix de la surface. Roger Federer et ses coéquipiers ont opté pour la terre battue. Mais celle proposée au Forum Fribourg était trop dure, trop rapide pour réellement gêner les Américains qui ont apprécié que l’altitude (environ 650 m) fasse encore plus voler leurs balles. Les nombreux faux rebonds n’ont rien arrangé, énervant visiblement Federer lors de son simple. Au moment du bilan, le Bâlois assure néanmoins que «ce n’est pas le problème». «Si l’on explique la défaite de la Suisse par le fait d’avoir joué à la maison, sur terre battue, c’est que l’on ne va pas bien, ajoute Marc Rosset. On joue Fish, Isner, Bryan, sur terre, qui est leur surface la plus faible, avec Roger qui a quand même fait pas mal de finale à Roland-Garros, qui a gagné des titres sur cette surface et Stan qui est aussi un bon joueur de terre battue, donc je crois que la surface est un faux problème.»
La défaillance de l’alliance Federer-Wawrinka
Une lutte en 5 sets, avec trop de «ups and downs» pour Stanislas Wawrinka face à Mardy Fish, une attitude résignée de Federer au quatrième set contre un John Isner étincelant – au point que même son père Robert pestait contre son attitude en tribunes – et 2 à 0 au terme d’un vendredi noir. L’alliance en double des champions olympiques laissait espérer un souffle nouveau pour l’équipe de Suisse. Mais l’alchimie a disparu. «On ne joue pas souvent ensemble», a expliqué Wawrinka. «Ce sont dans les moments de crise que tu vois qui est ami avec qui, quels sont les liens tissés, souligne Marc Rosset. Avec Jakob (Hlasek), on a joué beaucoup de rencontres ensemble et même si on était très différents, on avait ce respect et cette envie de faire les choses ensemble. Peut-être que Roger et Stan doivent passer plus de temps ensemble, jouer plus de rencontres pour tisser des liens encore plus forts. Mais mon jugement est celui de quelqu’un qui ne vit pas cette équipe de l’intérieur.» De l’extérieur, justement, un sentiment de malaise. Lorsque Federer insiste sur «le mauvais match» de Wawrinka, sans effectuer la moindre autocritique. Et hier, lorsque toute l’équipe est encore présente à Fribourg, sauf le Vaudois. Impossible de ne pas envisager une tension interne. «Il était totalement vidé, rétorque le capitaine suisse Severin Lüthi. Il s’engage toujours à fond pour la Coupe Davis alors sa déception est extrême. Tout le monde a compris qu’il préfère se reposer à l’hôtel.»
Des Américains sans peur et sans reproche
Dernière évidence, mais non des moindres: la qualité du jeu proposé par les Américains, sans complexe sur la terre ni face à Federer. «Nous sommes clairement les outsiders», affirmait pourtant Jim Courier à l’Open d’Australie. «Ne croyez pas un mot de ce que je dis», a-t-il malicieusement glissé samedi soir, le 3 à 0 en poche. Le charisme du capitaine américain, ancien No 1 mondial, l’assurance qui se dégage de lui semble décupler l’envie et le talent de ses joueurs. «Mardy a fait preuve d’une grande force mentale vendredi, se réjouit Courier. Et John a prouvé, lorsqu’il joue à ce niveau, qu’il peut battre n’importe qui, n’importe où.» (Le Matin)
Créé: 12.02.2012, 22h17
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135 Commentaires
Oui aussi l'équipe suisse a probablement sous-estimé la difficulté de la tâche et oui encore le calendrier de la Coupe Davis est très mal fagoté et Roger n'était pas à son meilleur. Mais le problème est ailleurs et les commentaires haineux que je lis depuis 3 jours me confortent dans ma conviction: Roger et Stan ont mieux à faire que disputer la Coupe pour des supporters qui ne les méritent pas. Répondre
Un Roger méconnaissable ce week-end qui ose en plus mettre la faute sur Stan... Déçu, déçu de son attitude. Répondre


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