Vendredi 30 septembre 2016 | Dernière mise à jour 20:27

Tennis «Bon sang, contrôlez-moi!»

Roger Federer ne comprend pas pourquoi il échappe à certains contrôles antidopage. Comme Andy Murray, il exige une sévérité absolue.

Roger Federer a profité d’une conférence de presse au Masters
de Londres, hier, pour évoquer le problème du dopage dans le tennis.

Roger Federer a profité d’une conférence de presse au Masters de Londres, hier, pour évoquer le problème du dopage dans le tennis. Image: Justin Tallis/AFP

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Des contrôles antidopage plus serrés: une urgence pour le tennis?

Au programme

Londres. Masters ATP (8,3 millions de francs/indoor)

Aujourd’hui. Groupe A.
14.45 Murray - Berdych
20.45 Djokovic - Tsonga.

Demain. Groupe B.
14.45 Federer - Tipsarevic
20.45 Ferrer - Del Potro

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Roger Federer a attendu longtemps le contrôle antidopage qui, au terme de sa victoire à Indian Wells, devait en évaluer la limpidité. Trop longtemps à son goût: les inspecteurs du sang ne sont jamais venus.

«Je ne comprends pas», a protesté le Bâlois, hier, dans une conférence du Masters. «Je jouais bien, j’étais en forme, et personne n’a jugé utile de vérifier que c’était normal. Idem à Dubaï et à Rotterdam: j’ai tout gagné et je n’ai subi aucun contrôle. Je ne dis pas que mes performances étaient suspectes, mais un sport qui aspire à une réputation irréprochable devrait au moins contrôler ses vainqueurs, tous ses vainqueurs, sans exception. Je ne connais pas d’autres moyens de dissiper le doute.»

Pour plus de contrôles inopinés

Roger Federer exige une sévérité absolue pour tous, à commencer pour lui-même – charité bien ordonnée. En cela, il partage les craintes d’Andy Murray qui, sur ces questions, a le sang chaud. Inquiet des avancées de la performance assistée, l’Ecossais exhorte l’ATP à adopter une ligne plus dure: «Nous subissons de nombreux tests pendant les tournois. Je pense qu’à l’inverse, nous pourrions intensifier les contrôles inopinés, notamment en décembre, lorsque les joueurs sont évanouis dans la nature.»

A l’instar du cyclisme, le tennis localise ses athlètes en tout temps, douze mois sur douze. «J’indique où je suis, dans quel pays, à quel endroit précis. Je donne ce signalement chaque jour», confirme Roger Federer. Mais l’affaire Armstrong préoccupe la communauté, et éveille Murray au «danger des réseaux d’accointances», dont certains introduisent leurs filières dans le tennis. Cas récent: Luis Garcia Del Morfal, suspendu à vie pour ses activités interlopes à l’US Postal, était étroitement lié à une grande académie de tennis à Valence, et aussi le médecin personnel de Sara Errani (WTA 6).

Andy Murray, comme Roger Federer, rejette toute forme de mansuétude: «Je suis outré par les remises de peine que nous accordons à certains joueurs. Quand Wayne Odesnik est arrêté pour une importation illégale d’hormones de croissance, nous ne pouvons pas le laisser filer après six mois. Le tennis ne souffre pas d’un mal endémique lié au dopage, car aucun médicament ne peut inoculer ou développer la technique. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que nous n’avons rien à craindre.»

L’ATP estime procéder à quelque 2000 tests par an. Roger Federer confirme encore: «Depuis cet automne, maintenant que je gagne moins, je suis contrôlé tous les trois jours!»   (Le Matin)

(Créé: 05.11.2012, 07h29)
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