ACCUEIL 31.10.2014 Mis à jour à 15h41

Federer passe à l'attaque

Tennis

A 31 ans, le maître envisage son avenir dans des orientations tactiques très offensives. Et réclame des surfaces rapides pour les exprimer.

Par Christian Despont. Mis à jour le 14.11.2012 2 Commentaires
Pour défendre ses chances au plus haut niveau, Roger Federer compte sur une technique inégalée, une motivation inébranlée et une orientation tactique radicalement offensive.

Pour défendre ses chances au plus haut niveau, Roger Federer compte sur une technique inégalée, une motivation inébranlée et une orientation tactique radicalement offensive.
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Depuis qu’il est conseillé par Paul Annacone, tout est devenu plus limpide. Roger Federer est revenu à des instincts premiers, une sorte de pulsion libertaire et créatrice. Il porte des attaques en quelques coups de raquette. Son talent lui autorise les plus folles imprudences.

Son jeu, peu à peu, ne cherche plus l’ascendant, mais le k.-o. De toute évidence, cette orientation tactique est autant dictée par une espièglerie naturelle que par la nécessité de l’âge, au moment où Novak Djokovic, Andy Murray et Rafael Nadal ont cette faculté de repousser le seuil de résistance, parfois de prolonger l’échange au-delà des limites humaines.

Fondamentalement, cette «défense active» est devenue la norme, et Roger Federer refuse de la valider comme une fatalité. «Il serait facile d’inverser la tendance. Il suffirait de construire des courts rapides et le jeu de défense deviendrait compliqué. L’attaque, philosophiquement, reste la seule norme possible. Mais les surfaces actuelles peuvent dissuader d’y adhérer. Le danger est de frapper quinze coups superbes, puis de rater le seizième, tandis que l’adversaire n’a cessé de remettre la balle dans le court.»

Des surfaces rapides pour susciter des vocations

Auprès de l’ATP, Roger Federer milite en faveur d’une politique interventionniste, dans la pesée de ses intérêts autant que pour flatter ses goûts d’esthète (qu’attendre d’autre d’un homme qui, pour la beauté d’un revers à une main, a tout accepté, les moqueries de son enfance jusqu’aux sévices de Nadal?).

«Si nous revenions parfois à des surfaces rapides, nous convaincrions certains joueurs d’être plus offensifs. Nous leur prouverions que monter au filet n’est pas un pensum, mais une belle expérience. Les styles seraient plus complets. Mais je ne suis pas naïf: avec des conditions de jeu plus lentes, les directeurs de tournoi protègent les meilleurs. Ils assurent le prestige de leurs demi-finales. Mais est-ce le but? Je n’en suis pas certain.»

La couverture de terrain du trio Djokovic-Nadal-Murray est aujourd’hui d’une amplitude jamais atteinte, dans une parfaite synchronisation des paramètres techniques et athlétiques. A 31 ans, le corps, mais surtout l’esprit, récupère moins vite, et les enchaînements deviennent intenables dans la durée.

«De nombreux joueurs sont capables de bien bouger, observe Federer. Mais à la différence des autres, Djokovic, Nadal, Murray ou encore Ferrer donnent des impulsions à l’échange. Ils ne remettent pas simplement la balle afin d’insinuer le doute, d’installer l’usure, ils cherchent la faille. Les rallyes sont souvent plus longs que la moyenne, mais ils sont aussi intenses.»

Le plaisir avant tout

Pour couper court, Roger Federer emprunte la voie rapide. Mais la dextérité que requiert une telle fulgurance, avec la variété de coups appropriée, n’a d’égal que les risques encourus, comme en témoignent les 42 fautes directes commises en finale. «Je m’en fous, soupire Federer. Les statistiques n’ont souvent aucun sens. Quand je rate un coup droit après avoir réussi trois demi-volées réflexes au fond du court, je ne considère pas avoir failli. Je pratiquerai toujours ce style offensif. Tant pis si je dois commettre 80 fautes directes.»

A 31 ans, le plus grand joueur de tous les temps a passé l’âge des ardeurs gestionnaires. Il aspire également à de nouvelles sources d’inspiration. «Il ne suffit pas de sauter du lit chaque matin pour un nouvel entraînement, un nouveau stretching, un nouveau voyage autour du monde. Il faut avoir une bonne raison de le faire, dont l’une est nécessairement le succès. Pour moi, c’est aussi l’amour du jeu et les témoignages d’estime du public. C’est parfois la chance d’affronter un jeune dont j’étais l’idole. Les grandes rivalités que nous vivons aujourd’hui n’ont aucune influence sur ma volonté de continuer. Depuis toujours, le plaisir est une part indissociable de ma démarche. Je suis incapable de concevoir le tennis autrement que comme un jeu. Donc un jeu d’attaque.» (Le Matin)

Créé: 14.11.2012, 09h43

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2 Commentaires

Cédric Zambrella

14.11.2012, 17:12 Heures
Signaler un abus 13 Recommandation 1

Malheureusement même Wimbledon ne reviendra plus aussi rapide et c'est bien dommage, car le tennis d'attaque c'est vraiment magnifique à voir. Répondre



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