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Razzano: «Je n'ai jamais perdu la foi»

Tennis

La Française (111e joueuse mondiale) est devenu l'héroïne du premier tour des Internationaux de France en s'offrant hier soir , au bout de trois sets (4-6, 7-6, 6-3) et autant d'heures de jeu, le scalpe de Serena Williams.

Par Gaëlle Cajeux. Mis à jour le 30.05.2012


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L'Américaine aux 13 titres du Grand Chelem n'avait encore jamais été éliminée lors du "premier round" d'un tournoi majeur.

Virginie Razzano, cette victoire est sans doute la plus belle de votre carrière...

Oui ! C'est une émotion immense ! Je pense mériter cette victoire, mais ça reste incroyable de battre ainsi Serena Williams... J'avais battu sa sœur à Tokyo en finale, un match difficile, 6-4 ou 7-5 au troisième, là aussi presque 3 heures de jeu. Quand on doit jouer des championnes comme elles, que ce soit Venus ou Serena, forcément pour les battre il faut passer du temps sur le terrain. Vu le tennis que je produis, je ne peux pas les battre en une heure. Il faut vraiment être prête physiquement et tennistiquement à livrer un gros combat. Elles ont gagné des Grands Chelems, elles ont un mental de championnes et un tennis incroyable !

Au tie-break du second set, vous étiez menée 5-1, Serena Williams était à deux doigts de la victoire, mais vous avez réussi à renverser la situation. Comment l'expliquez-vous?

Parce que mentalement je n'ai jamais perdu la foi. D'accord c'était 5-1 contre moi au tie-break, mais au fond de moi, je me suis dit: "Je peux gagner ce set, je peux revenir. Et je dois le faire !" J'étais sûre de pouvoir y arriver. Et je l'ai fait !

Où avez-vous puisez les ressources pour dépasser les crampes, les deux avertissements* que vous a adressé l'arbitre et l'opposition de Serena Williams?

Je repousse mes limites. J'ai toujours appris à me battre depuis toute petite. Comment vous dire, quand j'avais 7 ans, je m'entraînais déjà très dur. Mon père était mon entraîneur et ce n'était pas forcément facile tous les jours, que ce soit physiquement ou tennistiquement. J'ai "morflé", il n'y avait rien de facile. C'est pourquoi je détestais le physique à force. Et puis voilà... Je me suis forgé un physique avec les années, avec mon évolution tennistique. Et je pense avoir de très grandes ressources mentales. Je crois toujours en moi, je crois toujours que tout est possible. Même quand les choses sont difficiles, que je suis opposée à Serena Williams, ex numéro 1 mondiale, qui a remporté énormément de Grands Chelems. Je savais que ce serait un match de boxeuses. Elle aussi. D'ailleurs elle n'a pas pris le match à la légère. Je crois que nous étions deux grandes joueuses sur le terrain, qui se sont données jusqu'au bout, qui sont allées au bout d'elles-mêmes. Et aujourd'hui, j'ai fait la différence. Je ne veux pas avoir l'air de me lancer des fleurs, mais parfois je la voyais hocher la tête, je crois qu'elle se disait, "C'est fou! Mais qui est-elle? Comment ça se fait? Elle crampe, elle ne peut presque plus courir, mais elle est encore là. Elle est incroyable."

Après une lutte de 3 heures et un ultime jeu qui a duré plus de 22 minutes, qu'avez-vous ressenti?

Un soulagement, une grande délivrance. J'ai beaucoup travaillé sur moi, sur mon tennis, sur ma condition physique, tous les jours, tous les mois. Après avoir eu des soucis personnels ou professionnels, je pars du principe qu'avec tout le travail que je fais, il est obligé qu'à un moment donné, la roue doit tourné. J'ai mangé mon pain noir et je pense qu'aujourd'hui, je commence à goûter un peu au pain blanc !

Cette victoire fait forcément écho à la tragédie que vous avez vécu l'année dernière (son coampagnon et entraîneur est décédé d'un cancer 8 jours avant Roland Garros, qu'elle avait tout de même disputé). La vivez-vous comme un signe du destin?

C'est une bonne question... Quoi dire? Joker ! Franchement, le passé c'est le passé. Je pense avoir fait mon deuil aujourd'hui, et même je me sens bien. Il m'a fallu du temps. J'ai travaillé avec une personne qui m'a permis d'avancer. Oui, je suis prête à avancer dans ma vie personnelle, professionnelle. Aujourd'hui, est-ce le destin ou pas, je ne sais pas, en tout cas, ce qui est sûr, c'est que je voulais remporter ce match. Et je suis allée au bout de moi-même, je l'ai gagné en tant que championne.

*Elle a été avertie pour avoir crié de douleurs à cause de ses crampes. "Je n'ai pas trouvé que l'arbitre avait été vraiment fair-play. La première peut se justifier, au moment où je criede douleur, parce que je crampe... Mais la deuxième, non, estime Virginie Razzano. J'ai juste dit "Aïe", j'étais en train de jouer, et je ne pense pas que ça ait perturbé mon adversaire. Alors je l'ai un peu mal pris, c'est pourquoi j'ai regardé l'arbitre en lui disant: "Qu'est-ce que tu fais, là ? Tu te calmes maintenant ! (elle rit) (Le Matin)

Créé: 30.05.2012, 08h41

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