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Les Suisses ne veulent pas des six semaines pour tous»

Vacances

Les Suisses ne veulent pas de six semaines de vacances à tous. Ils ont rejeté dimanche par 66,5% des voix l'initiative populaire du syndicat Travail.Suisse. Aucun canton ne l'a soutenue mais les Latins y ont été plus sensibles.

Mis à jour le 11.03.2012 118 Commentaires
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Les Suisses ne veulent pas de 6 semaines de vacances. Les syndicats disent vouloir remettre l'ouvrage sur le métier.


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L'initiative «6 semaines de vacances pour tous» a été refusée par 1,53 million de votants. Seules près de 772'000 personnes l'ont acceptée.

Les efforts des milieux économiques, qui ont tapissé le pays d'affiches électorales appelant à refuser le texte au nom de l'emploi, ont payé. La centrale syndicale Travail.Suisse, soutenue par le camp rose-vert, encaisse une lourde défaite.

Latins plus sensibles

Les Appenzellois des Rhodes-intérieures ont été les champions du «non», avec un taux de refus de 82,2%. Ils sont talonnés par les Obwaldiens (79,1%). La plupart des cantons alémaniques alignent des scores sans appel, entre 70 et 80% de citoyens opposés.

L'idée d'augmenter les vacances a séduit davantage les Romands et les Tessinois, sans pourtant les convaincre. Les Jurassiens ne l'ont refusée que par 50,7% des voix, les Genevois par 52,6% et les Tessinois par 54,1%.

Grosse déception des snydicats

Alors que les patrons saluent le «sens des réalités» des votants, les syndicats sont déçus de l'échec de l'initiative «six semaines de vacances pour tous». Ils attendent désormais que les employeurs intègrent la question des congés dans les conventions de travail, comme ils l'ont promis pendant la campagne.

«Nous sommes un peu déçus, mais fiers d'avoir thématisé la question de la surcharge de travail», a déclaré à l'ats Martin Flügel, président du syndicat Travail.Suisse, qui a lancé l'initiative. Personne n'a nié que ce stress existe, le Conseil fédéral et même les employeurs l'ont reconnu.

Promesses à tenir

Les syndicats estiment que la balle est désormais dans le camp des patrons. «Pendant la campagne, nos adversaires ont dit que c'était le rôle des partenaires sociaux de prévoir plus de temps de récupération», relève Jean Christophe Schwaab, secrétaire central de l'Union syndicale suisse (USS) et conseiller national (PS/VD). «Nous allons donc les prendre au mot et aborder ce point lors des prochaines négociations des conventions collectives de travail (CCT)».

Les opposants à l'initiative ont assuré vouloir améliorer les conditions de travail au moyen des CCT, renchérit Corrado Pardini, conseiller national socialiste bernois et membre de la direction du syndicat Unia. «On verra ces prochains mois si des actes vont suivre les déclarations verbales». Chantal Hayoz, secrétaire centrale du syndicat Syna, se dit pour sa part «un peu sceptique» sur ce point.

Une bataille seulement

«Nos adversaires ont remporté la partie grâce à deux arguments: proposer de fixer la question des vacances dans les CCT plutôt que dans une loi et faire peur en affirmant que l'économie suisse n'a pas la capacité d'absorber six semaines de vacances», analyse M. Pardini. Mme Hayoz va dans le même sens: la droite et les patrons ont «peint le diable sur la muraille» en brandissant la menace du chômage, selon elle.

M. Schwaab souligne de son côté l'inégalité financière dans la campagne et les millions dépensés par les opposants en affiches. Ueli Leuenberger, président des Verts suisses, comme Antonio Hodgers, chef du groupe parlementaire, regrettent aussi le rejet de l'initiative.

Durant la campagne, les politiciens bourgeois et les employeurs ont loué les nouveaux modèles de temps de travail: les entreprises doivent maintenant les prendre au mot, surtout celles qui n'ont pas de CCT ni de commission du personnel. Les Verts disent vouloir continuer de lutter avec les syndicats pour davantage de vacances, a assuré leur président à la télévision alémanique SF.

Suisses «raisonnables»

A droite, la satisfaction est de mise. Le comité bourgeois contre l'initiative, qui rassemble l'UDC, le PLR, le PDC, le PBD et les Verts libéraux, se réjouit du résultat clair. Cette décision permet à la Suisse de rester compétitive et de conserver des emplois. Un «oui» au texte aurait coûté environ six milliards de francs à l'économie suisse, souligne le comité dans un communiqué.

«Les Suisses sont suffisamment raisonnables», a dit à l'ats le conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR). «Ils savent que quelqu'un aurait dû payer les semaines de vacances supplémentaires et la situation est déjà problématique actuellement, avec la force du franc».

Les organisations patronales se réjouissent elles aussi «du sens des réalités» des votants. Les Suisses se sont rendu compte qu'accorder six semaines de vacances à tous les employés serait trop lourd pour les PME, analyse Ursula Fraefel, membre de la direction d'economiesuisse.

«Peuple de travailleurs»

L'Union patronale suisse, l'Union suisse des arts et métiers et la Société suisse des entrepreneurs interprètent de leur côté le rejet de l'initiative comme une confirmation que la question des vacances doit être négociée par les partenaires sociaux.

Pour le conseiller national Aloïs Gmür (PDC/SZ), interrogé par la télévision alémanique SF, le vote montre qu'en Suisse, l'emploi est plus important que les vacances et cimente la réputation d'un peuple de travailleurs. Et de rappeler que chaque entreprise reste libre de donner plus que les quatre semaines inscrites dans la loi. (ATS/Newsnet)

Créé: 11.03.2012, 17h25

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118 Commentaires

gav roche

11.03.2012, 14:02 Heures
Signaler un abus 26 Recommandation 1

C'est logique, 67% des salariés suisses ne sauraient quoi faire de 2 semaines de vacances tant leur vie privée est ennuyeuse. Leur vie sociale à l'intérieur de l'entreprise compense cet ennui. Je parle de ceux qui n'auraient pas les moyens de partir 2 semaines en voyage.Le suisse moyen s'emm... Répondre


Max Roméo

11.03.2012, 16:30 Heures
Signaler un abus 27 Recommandation 2

Bon puisqu'on n'aura pas plus de vacances et que les salaires n'augmentent pas il ne me reste plus qu'à diminuer ma productivité, je commencerai donc mon service par 30 minutes de lecture du journal et après j'envisagerai de travailler. Répondre



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