Mercredi 28 septembre 2016 | Dernière mise à jour 20:04

Étude Violences nocturnes: les videurs ne sont pas en reste

Une statistique réalisée entre 2007 et 2009 par le CHUV montre que 8% des «violences communautaires» à Lausanne ont lieu à la sortie des clubs de la ville et sont perpétrées par des agents de sécurité.

Image: Jean-Christophe Bott/Keystone

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En 2011, la Ville de Lausanne a financé la moitié des 40?000?fr. d’une étude réalisée par le CHUV et intitulée «Quand les agents de sécurité des night-clubs s’en prennent aux clients». Concrètement, les chiffres montrent qu’en 2007, sur 293?patients victimes de «violences communautaires» (par opposition aux violences dites «domestiques»), 18 (soit 6%) déclarent avoir été frappés par un agent de sécurité d’une boîte de nuit. En 2009, cette proportion augmente. Sur 332 patients, 32 rapportent des violences par des agents de sécurité (soit le 10%). La moyenne sur les trois ans de l’étude est de 8% (70?personnes sur les 928?victimes de violences communautaires). Le Centre hospitalier universitaire vaudois a récolté ces statistiques dans le cadre de la consultation médico-légale de l’Unité de médecine des violences.

L’étude a été publiée le 15 mars dernier dans le Journal de médecine forensique et légale. Elle a été dirigée par le Dr Nathalie Romain-Glassey, responsable de la consultation à l’Unité de médecine des violences du Centre universitaire romand de médecine légale. «Nous avons remarqué qu’il s’agit souvent de clients fortement alcoolisés, vraisemblablement fatigués parce que cela se passe en fin de nuit et les blessures qu’ils présentent sont majoritairement à la tête», développe Nathalie Romain-Glassey. Seulement voilà, 8% de moyenne, ça ne semble pas énorme. «Surtout lorsqu’on sait que 800?000 personnes fréquentent les clubs lausannois», relève Thierry Wegmüller, nouveau président du pool «Lausanne la nuit» depuis le 1er juin 2012 et copropriétaire du D! Club notamment. Igor Blaska, codirecteur du Mad, ajoute: «Les agents de sécurité, leur difficile travail et les attaques unilatérales dont ils sont les cibles dans cette étude, représentent de trop simples boucs émissaires.» Alors quoi? Cette étude est-elle trop partiale? Nathalie Romain-Glassey tranche: «Il n’est absolument pas du ressort du CHUV d’apporter des solutions. Par contre, notre étude peut s’inscrire dans un processus de réflexion pour améliorer la sécurité dans les établissements de nuit.»

Mieux former les agents

Responsable de l’Observatoire de la sécurité de la ville, qui a cofinancé l’étude, Morella Frutiger Larqué motive la pertinence de ces recherches: «Nous trouvions très intéressant de connaître les effets collatéraux de la vie nocturne. Et nous militons pour une vraie formation des agents de sécurité, que nous avions déjà mise sur pied à plusieurs reprises sans qu’elle ne soit beaucoup suivie… Nous allons reproposer aux clubs une journée de formation payante, en novembre, avant la haute saison d’hiver.» En clair, cette étude vise à contribuer à améliorer la prise en charge sécuritaire aux abords des établissements de nuit. Elle a d’ailleurs été présentée aux clubs durant le mois d’avril, dans les locaux de la police municipale. Les patrons de boîtes approuvent la finalité mais restent dubitatifs sur les statistiques. «Lors de cette réunion, il nous a été précisé que ces témoignages n’avaient été corroborés par aucune action en justice, ni par aucun dépôt de plainte auprès de la police. Il convient donc de les considérer pour ce qu’ils sont: des versions de faits issues d’une seule source», note ainsi Igor Blaska. Il précise pourtant qu’il a conscience du rôle primordial des agents de sécurité: «Leur mission est d’assurer la tranquillité et la sécurité de l’ensemble des clients qui fréquentent notre établissement. Une nouvelle charte, régissant l’ensemble de leurs droits et devoirs, est d’ailleurs en réflexion au Mad.»

Même sensibilité du côté de Thierry Wegmüller: «Nous travaillons sur une nouvelle charge éthique au niveau de l’ensemble du Pool qui sera proposée à la rentrée à la ville et au canton et qui comprendra un volet formation. Les agents de sécurité sont les premières et les dernières personnes que les clients voient. Ils ne doivent pas être assimilés à des videurs, ce temps-là est complètement révolu. Leur comportement doit être irréprochable. Je suis donc à 100% pour qu’ils reçoivent une formation adéquate, comme cela a été le cas dans le passé dans le cadre de la charte de sécurité signée avec la Ville de Lausanne.» Morella Frutiger Larqué a bien remarqué cet «accueil très positif réservé à la démarche» et espère qu’il «sera suivi d’effets concrets.» En clair, que les clubs «prennent leurs responsabilités». De leur côté, c’est une évidence. Igor Blaska: «Nous savons la période propice aux polémiques et manipulations, à la veille d’une table ronde voulue par le syndic Daniel Brélaz sur les nuits lausannoises. Ayant été les premiers à avancer des propositions concrètes, nous y participerons activement.» (Le Matin)

(Créé: 19.08.2012, 10h53)

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