Dimanche 11 décembre 2016 | Dernière mise à jour 08:00

Berne Aung San Suu Kyi éprouvée par sa première journée en Suisse

Désorientée et fatiguée, Aung San Suu Kyi n'a pas pu assister au repas officiel du Conseil fédéral. Didier Burkhalter, qui a accueilli l'opposante à Berne, a annoncé l'ouverture d'une ambassade suisse en Birmanie.

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Une icône de l'opposition birmane en tournée européenne

Une icône de l'opposition birmane en tournée européenne Aung San Suu Kyi débute sa tournée européenne par la Suisse, ce qui représente une grand victoire pour la diplomatie suisse. Après Genève, l'opposante birmane se rend à Berne, où elle est accueillie par le conseiller fédéral Didier Burkhalter.

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Eprouvée par le début de son périple en Europe et par le décalage horaire, l’opposante birmane Aung San Suu Kyi a dû interrompre jeudi soir une conférence de presse à Berne et renoncer au repas officiel, après avoir lancé à Genève un appel aux investisseurs. La Suisse ouvrira son ambassade en Birmanie en novembre.

De manière prémonitoire, la «Dame de Rangoun» a entamé son dialogue avec la presse suisse en expliquant être un peu désorientée par ce premier voyage en Europe, où «tout va très vite» depuis qu’elle est arrivée. Après avoir répondu à cinq questions au centre des médias, elle s’est éloignée du microphone et une accompagnatrice est allée s’enquérir de son état, qui ne semblait pas très inquiétant.

Le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Jean-Marc Crevoisier a évoqué le «jet-lag» pour expliquer le malaise qu’elle a subi. Il a dit à l’ats que le repas prévu en soirée à Berne en compagnie de la présidente de la Confédération Eveline Widmer- Schlumpf et des conseillers fédéraux Simonetta Sommaruga et Didier Burkhalter «a été annulé». Aung San Suu Kyi a tout de même pu assister à l’apéro offert en son honneur.

«C’est un grand honneur pour notre pays» d’accueillir Aung San Suu Kyi», a déclaré plus tôt M. Burkhalter. «Le train des réformes en cours en Birmanie sera long», a-t-il ajouté, citant son interlocutrice avec laquelle le chef de la diplomatie suisse a discuté pendant environ une heure en fin d’après-midi à Berne.

Ambassade suisse

M. Burkhalter a d’autre part annoncé l’ouverture, au début du mois de novembre, d’une ambassade de Suisse en Birmanie. Jusqu’ici, les intérêts helvétiques en Birmanie étaient représentés par l’ambassade de Suisse à Bangkok.

«Nous ne voulons pas seulement observer le processus démocratique en cours», a-t-il déclaré, «mais nous voulons aussi être actifs». Mais il a précisé que si une «détérioration notable» du climat était perceptible, Berne pourrait à nouveau imposer des sanctions.

Dans le cadre des mesures liées au développement, pour lesquelles la Suisse s’est engagée avec une enveloppe de 25 millions par an sur quatre ans, M. Burkhalter a cité «la construction d’écoles» et dans le domaine médical, «des mesures pour contrer la malaria».

Aung San Suu Kyi a elle mis en avant le «chômage des jeunes, qu’il faut combattre à tout prix», dans un pays rongé par un taux avoisinant 70 %. «Nous devons contrôler ce secteur», a-t-elle expliqué, avant de devoir écourter la conférence de presse.

Soutenir le développement

Plus tôt, la cheffe de l’opposition birmane a lancé à Genève un appel aux investisseurs et à tous les gouvernements pour qu’ils soutiennent le développement économique de son pays. Elle a affirmé que des réformes étaient nécessaires.

Elle a été accueillie à l’ONU par une immense ovation des 4000 délégués de 185 pays à la conférence internationale du travail. Ils ont applaudi debout à plusieurs reprises la Prix Nobel de la Paix. Aung San Suu Kyi s’est déclarée «profondément émue» par un tel accueil, elle qui n’était pas venue à Genève depuis trente ans.

Occasions sans précédent

«La levée et la suspension des sanctions sont une occasion sans précédent pour le développement économique de la Birmanie. Je vous appelle tous à joindre vos efforts aux nôtres», a-t-elle déclaré. «Gouvernements, entreprises, travailleurs, vous pouvez tous nous aider à créer la société qui offrira un avenir à notre pays», a-t- elle affirmé.

Dans un véritable discours-programme, Aung San Suu Kyi a insisté sur une série de réformes qui sont encore nécessaires pour instaurer la primauté du droit et renforcer les institutions démocratiques. «Bien des choses restent à faire pour traduire les promesses dans la réalité», a-t-elle affirmé.

Elle a mentionné notamment le droit de la propriété, des infrastructures qui fonctionnent, un meilleur système éducatif, des fonctionnaires honnêtes et le développement des télécommunications.

Règlement dans l’Etat de Rakhine

Sous l’angle politique, elle a insisté sur la nécessité d’un règlement politique pour mettre fin aux combats ethniques dans l’Etat de Rakhine et affirmé que la question de la citoyenneté des Rohingyas doit être réglée par un nouveau cadre juridique.

Mais elle s’est abstenu de critiquer les militaires, affirmant que ce n’est pas à elle «de pardonner ou de ne pas pardonner» et en se déclarant pour «la réconciliation» plutôt que pour «le châtiment». (ats/nxp)

(Créé: 14.06.2012, 20h29)

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