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Gripen ou Rafale? «Avoir 18 ou 22 avions n’a aucune signification militaire»

Pour l'historien et ex-pilote de Mirage Hans-Ulrich Jost, la déstabilisation a toujours pourri le processus d’achat des avions. Et il rappelle que le débat sur les missions de l’avion – quel qu’il soit – n’a pas eu lieu.

Que l'on choisisse un Gripen, comme ci-dessus, ou un Rafale, sait-on vraiment ce que l'on veut en faire?

Que l'on choisisse un Gripen, comme ci-dessus, ou un Rafale, sait-on vraiment ce que l'on veut en faire? Image: Keystone

Hans-Ulrich Jost est professeur honoraire à l'Université de Lausanne et ancien pilote de Mirage. (Image: Keystone )

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«C’est dans la grande tradition des achats d’avions. De 1912 à nos jours, il y a toujours eu des histoires de ce type!» Professeur honoraire d'histoire contemporaine à l'Université de Lausanne, mais aussi ex-pilote de Mirage, Hans-Ulrich Jost ne s’étonne pas des derniers rebondissements de l’affaire Gripen.

En effet, Le Matin dimanche a publié deux rapports confidentiels que la Basler Zeitung avait déjà mentionnés en novembre dernier. Selon ces documents, le Gripen de Saab ne répondrait pas aux exigences minimales et serait insuffisant à remplir ses missions de police de l’air. Ueli Maurer, notre ministre de la défense, a affirmé ne pas en avoir eu connaissance.

«Le choix d’un avion a toujours été fortement perturbé. Cela fait partie du jeu», explique Hans-Ulrich Jost. Ce passionné toujours critique d’avion militaire analyse le processus: «Sans parler du problème de la définition de la tâche assignée aux jets de combats, il y a toujours contradiction entre la volonté des pilotes, de l’armée, du monde politique et, par-dessus tout, les intérêts économiques. Et n’oublions pas la notion psychologique: l’aviation fait toujours rêver. Donc il y a un intérêt renforcé pour les forces aériennes.»

Mais Hans-Ulrich Jost pense que le vrai débat n’a pas eu lieu: «Je ne ferai pas comme ces anciens pilotes qui ne cessaient de donner des conseils quand j’étais moi-même pilote en activité. Mais une chose est sûre, 18 ou 22 avions n’ont aucune signification militaire. La seule justification d’un avion sophistiqué serait de s’intégrer dans un système de défense européen.»

D’ailleurs, l’historien et ex-pilote souligne que la Suisse n’a été dotée d’une réelle défense aérienne autonome que dans les années 50: «Nous avions alors 300 Venom et Vampire. C’était considérable. Mais la Confédération les avait achetés pour une somme qui, en ratio du budget de l’époque, représenterait 15 milliards de francs suisse actuels.» (nxp)

(Créé: 13.02.2012, 15h53)

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