Jeudi 29 septembre 2016 | Dernière mise à jour 10:13

Santé Berne va allouer 100 millions pour former des médecins

Le Conseil fédéral veut ainsi soutenir les hautes écoles universitaires dans leurs efforts pour augmenter le nombre de praticiens indigènes.

Alain Berset et Johann Schneider-Ammann sont venus présenter le programme du Conseil fédéral pour doper la formation des médecins.

Alain Berset et Johann Schneider-Ammann sont venus présenter le programme du Conseil fédéral pour doper la formation des médecins. Image: Keystone

Trois questions à Alain Berset

100 millions sur 4 ans, concrètement, pour faire quoi?

Alain Berset: C’est un signal fort que le Conseil fédéral a voulu donner ce matin. Nous souhaitons soutenir les efforts des cantons pour former plus de médecins. Nous manquons de praticiens en Suisse. Parfois on entend qu’il y en a trop dans certaines spécialités, c’est vrai. Mais globalement, nous en manquons et nous devons importer des médecins étrangers. Nous souhaitons donc renforcer nos propres capacités. Ce sont les universités cantonales qui les forment essentiellement et nous avons, avec ces 100 millions, la possibilité de soutenir leurs efforts.

Pourquoi ne pas supprimer le numerus clausus dans les études de médecine?

De facto, si on crée plus de places de formation pour les médecins, cela va vraiment dans le sens d’une ouverture. Le cœur de la réflexion n’est donc plus le numerus clausus mais comment faire pour avoir plus de médecins? Il faut plus de places de formation, mais celles-ci coûtent relativement cher, notamment dans la 2e partie des études, celle où l’on commence à faire des travaux cliniques. Et là, le soutien de la Confédération permet d’encourager les cantons à le proposer, avec un message clair : si vous le faites, vous aurez du soutien, vous aurez aussi la possibilité d’avoir ces compétences dans vos universités pour former des médecins, et nous souhaitons que vous le fassiez.

Votre but est d’avoir 1300 diplômés d’ici 2025, contre 900 aujourd’hui, cela paraît énorme…

Mais c’est possible et d’ailleurs, nous sommes déjà sur ce chemin. Car il y a 3 ans nous avions, avec Johann Schneider-Ammann, discuté avec les cantons. Ceux-ci avaient compris qu’il y avait une volonté de la Confédération d’avancer. Certains avaient déjà commencé d’ouvrir des places. Mais il vient un moment où il faut tenir parole et effectivement soutenir les cantons comme nous l’avions annoncé. Nous avons donc très bon espoir d’avoir 1300 nouveaux médecins par an à l’horizon 2025.

D’un côté, il faut former davantage, de l’autre, on sait qu’il y a une explosion des cabinets. Comment gérer tout cela? L’équation n’est-elle pas trop difficile à résoudre?

Nous avons certainement besoin de plus de médecins dans la médecine de famille, donc de généralistes ces prochaines années. Il y a ensuite des spécialités où il y a suffisamment de monde, mais pas forcément dans toutes les régions. C’est une équation très complexe: d’une part, il faut réussir à former plus de médecins afin d’être moins dépendant de ceux qui viennent d’autres pays et que nous importons aujourd'hui. D'autre part, il faut réussir à garantir une bonne attractivité de la médecine de famille, montrer que c’est une filière d’avenir, dans laquelle il n’y aura pas de problème pour trouver du travail ces prochaines années. Nous avons renforcé cette attractivité avec un soutien financier, une meilleure formation, une meilleure recherche dans ce domaine-là et je crois que cela porte ses fruits.

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La Suisse n'a pas assez formé de médecins ces dernières années. Corollaire: plus de 30% des praticiens exerçant dans le pays ont des diplômes étrangers. Du coup, Berne a décidé de prendre le taureau par les cornes. Le Conseil fédéral va en effet allouer un crédit de 100 millions de francs supplémentaires aux hautes écoles universitaires pour les soutenir dans leurs efforts pour augmenter le nombre de médecins diplômés.

«Ce que demande le Conseil fédéral est extrêmement important pour le domaine de la santé. Car ce programme spécial doit permettre de créer de nouvelles places de formation en médecine humaine», a expliqué le conseiller fédéral Alain Berset mercredi à Berne.

Former 1300 médecins au lieu de 900 aujourd'hui

L'enveloppe de 100 millions devra financer durant les années 2017 à 2020 un programme spécial conçu avec la Conférence suisse des hautes écoles. Ce financement incitatif, qui devrait être soumis au Parlement en mars dans le cadre du message sur l'encouragement de la formation, de la recherche et de l'innovation, doit permettre de former 1300 médecins à l'horizon 2025. Les recteurs et les universités devront préparer un train de mesures d'ici à la fin de l'année.

La Suisse forme 39% de médecins de plus qu'il y a dix ans, a rappelé le ministre de la formation Johann Schneider-Ammann. Alain Berset a souligné lui que près de 900 praticiens étaient formés chaque année, «soit moins de 30% des besoins de notre pays pour assurer la relève nécessaire». Quelque 1000 praticiens venant d'Allemagne et 1000 autres venant d'ailleurs sont «importés».

La situation est donc difficile, et rendue encore moins simple depuis l'acceptation du 9 février 2014 de l’initiative de l'UDC pour limiter l'immigration de masse qui pourrait rendre plus difficile la venue de médecins étrangers.

En outre, a rappelé le ministre de la santé, la Suisse doit faire face au vieillissement de la population et de l'augmentation des maladies chroniques. «Nous devons donc impérativement augmenter la médecine de premier recours, et la médecine de famille», a insisté Alain Berset en rappelant les mesures prises jusqu'ici pour rendre la filière plus attractive.

Davantage de professionnels du soin

Le Conseil fédéral a par ailleurs approuvé le rapport final relatif au masterplan pour augmenter le nombre de personnes formées aux professions des soins en Suisse. Le nombre de diplômes d'assistants en soins et santé communautaire a plus que doublé entre 2007 et 2015, passant de 1500 à 3700.

On est ainsi assez proche (84%) du besoin de relève estimé à un peu moins de 4500. En ce qui concerne la nouvelle formation d'aide en soins et accompagnement, plus de 880 contrats d'apprentissage ont été conclus en 2014. Les entreprises n'ont pas toujours joué le jeu. Une série de cantons ont dû introduire l'obligation de former, a relevé Johann Schneider-Ammann.

Du côté des soins infirmiers, on constate aussi une hausse des diplômés de degré tertiaire depuis 2012. Faisant suite à une baisse, elle permet de revenir à la situation de 2009 et de couvrir plus de la moitié des besoins estimés à un peu plus de 4500. Les inscriptions dans les filières d'études ont aussi progressé, de 2600 en 2011 à 3000 en 2014.

La perméabilité a pu être améliorée grâce avec l'introduction l'an dernier de l'obtention a posteriori du titre d'une haute école spécialisée en soins infirmiers. Le Conseil fédéral a également transmis à la mi-novembre au Parlement sa loi sur les professions de la santé.

Mais le maintien comme la création de places de formation et de stage restent une tâche de longue haleine. Les efforts ne s'arrêteront pas avec le terme du masterplan, estime le gouvernement. (nxp)

(Créé: 03.02.2016, 14h33)

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