Jeudi 25 août 2016 | Dernière mise à jour 14:38

Energie nucléaire Beznau I devient le plus vieux réacteur du monde

La centrale nucléaire argovienne détient désormais la palme de la vétusté depuis que l'arrêt de l'une de ses homologues britanniques ce 23 février. Quinze organisations réclament la fermeture du site suisse.

Beznau I est désormais le réacteur le plus vieux du monde, avec 43 ans d'exploitation.

Beznau I est désormais le réacteur le plus vieux du monde, avec 43 ans d'exploitation. Image: Keystone

Pas de limite d’exploitation

En Suisse, la loi ne fixe pas de limite d’exploitation aux centrales. La sécurité doit être garantie à tout moment, a estimé le Conseil fédéral récemment dans une réponse à une interpellation du conseiller national Eric Nussbaumer (PS/BL).

Les exploitants doivent prouver que la sécurité est certifiée et l’IFSN doit s’assurer qu’ils accomplissent leur tâche. Le Conseil fédéral estime la durée de vie des cinq réacteurs suisses à 50 ans.

Beznau I devrait ainsi être mis hors service en 2019. Beznau II et Mühleberg (BE) suivraient en 2022. L’arrêt de Gösgen (SO) surviendrait en 2029 et celui de Leibstadt (AG) en 2034. De l’avis du gouvernement, il n’y a pas de raison de les arrêter avant ces délais.

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Avec le début de la mise hors service de la centrale nucléaire britannique d’Oldsbury, le site de Beznau I, entré en activité le 1er septembre 1969 à Döttingen, en Argovie, devient le plus vieux réacteur en marche dans le monde. Un record qualifié de « discutable » par une quinzaine d’organisations écologistes qui s’inquiètent jeudi de sa vétusté et de sa dangerosité.

Nombreux problèmes de sécurité

De nombreux problèmes de sécurité montrent que Beznau I a fait son temps, estiment-elles en effet. Ainsi, l’installation présente un manque de fiabilité de l’approvisionnement électrique, des fissures dans le manteau du réacteur et dans la coque de confinement en acier. L’alimentation électrique de secours, qui devrait empêcher la fusion du coeur du réacteur après un tremblement de terre, n’est également pas fiable, soulignent-elles encore.

Quinze organisations écologistes, dont le WWF Suisse, demandent son arrêt. «Beznau I présente trop de failles et menace la sécurité de centaines de milliers de personnes. En outre, la Suisse n’est pas à l’abri d’un séisme ou d’une catastrophe qui mettrait en péril ce site», justifie Pierrette Rey, porte-parole de l’ONG. Même la France, pays du nucléaire par excellence, a arrêté depuis longtemps tous les réacteurs de ce type.

Pour les quinze organisations, parmi lesquelles Greenpeace, plusieurs sections régionales des Verts, des Vert’libéraux et du PS ou encore Fokus Anti-Atom, le cas est clair : «l’installation doit obligatoirement être mise hors service».

IFSN critiqué

Les organisations accusent également l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) de «ne pas prendre ses propres exigences en matière de sécurité au sérieux». L’IFSN indique que ces installations, qui sont toutes tombées en panne en même temps lors d’une révision en 2007, doivent être rénovées d’ici 2014, notent-elles. «D’ici là, les exploitants de la centrale jouent la carte de la chance. Si l’IFSN prenait ses propres exigences en matière de sécurité au sérieux, Beznau devrait être arrêtée jusqu’à la fin des travaux», critiquent-elles.

«C’est humain : tant que tout va bien et qu’il ne se passe rien, tout le monde se dit que l’on peut continuer sans problème. Prendre la décision qui s’impose demande de la volonté et personne ne fait preuve pour l’instant cette volonté », note Pierrette Rey.

«Mauvais calcul»

Les organisations critiquent aussi vertement les 500 millions de francs qu’Axpo, l’exploitant de Beznau I, compte investir ces prochaines années pour effectuer les améliorations exigées par l’IFSN. «C’est un montant énorme pour une centrale qui a dépassé ses 25 ans d’exploitation prévue à l’origine», relève la porte-parole du WWF. D’autant qu’ Axpo table sur une durée d’exploitation de 60 ans pour amortir ces coûts.

«C’est un mauvais calcul», argumente Pierrette Rey. «Cet argent pourrait être utilisé de manière plus judicieuse, notamment pour les améliorations énergétiques des bâtiments ou encore l’investissement dans les énergies renouvelables.» (nxp)

(Créé: 23.02.2012, 14h16)

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